Dimanche 27 juillet 2008

  • Et si vous nous proposiez un morceau de musique qui conviendrait à la dégustation de nos hydromels.

  • Kirikino : Puisque la musique affecte notre perception lors de la dégustation d’un vin, quels morceaux de musique pourrions-nous envisager sur les vins de miel Kirikino Ilargian ?

  • Jean : L’hydromel sec pour lequel l’approche est un peu délicate, est un vin fougueux, vif et sauvage...
  • Je verrais bien l’énergie et la sensualité de Janis Joplin avec sa chanson : Try (Just A Little Bit Harder), notamment, ce passage du second couplet :

    • « Yeah, Im gonna try yeah, just a little bit harder
    • So I can show, show, show him love with no control.
    • Hey! Ive waited so long for someone so fine
    • I aint gonna lose my chance, no I dont wanna lose it,
    • Aint gonna lose my chance to make you mine, all mine (...) »

  • Kirikino : Voyons voir pour le demi-sec.
  • Le vin est plus complexe, plus harmonieux, des notes de fruits exotiques… Il appelle à l'amour...
  • Essayons voir un peu de merengue.
  • Chez Kirikino Ilargian, nous essayons de « décrocher la lune » mais Juan Luis Guerra fait encore plus fort en chantant a « Pedir su mano »:

    1. « Voy a pedir su mano
    2. al amor hay que dar de beber
    3. voy a cortar un ramo de nubes
    4. para mojar su querer
    5. Voy a bajar por los yayales
    6. en una yagua de tul
    7. voy a pintar los manantiales
    8. con óleos de cielo azul (...)»



  • Jean : Il nous reste le doux. Que dirais-tu de « Let it grow » d’Eric Clapton" ?

  • Kirikino : Hum, hum !

    • « Standing at the crossroads, trying to read the signs
    • To tell me which way I should go to find the answer,
    • And all the time I know,
    • Plant your love and let it grow. (...)»

  • Cela te ressemble assez …
  • De plus, la musique met en relief l’élégance, la subtilité du vin.

  • Jean : Il ne vous reste plus qu’à essayer et à nous proposer vos sélections musicales…

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Samedi 31 mai 2008

  • Si la boisson en elle-même constitue un breuvage sacré et partagé, la transformation du miel en hydromel demeure fort sommaire, mais réservée aux personnes de rang social élevé.

  • Kirikino : Bien que la préparation de la fête du miel fasse l’objet de soins attentifs, la recette de l’hydromel des Tupi Septentrionaux reste des plus sommaires, pour ne pas dire rustique…Dans ce cas, il n’est même pas question de jarres pour diluer le miel. Non, on a recours à des procédés encore plus rudimentaires. Il est très possible que l’on retrouve ici des techniques utilisées dès le néolithiques par les chasseurs de miel.

  • Jean : Levi-Strauss nous en donne la description suivante :

  • « (…) Pour préparer l’hydromel, on se contentait de maintenir par des coins un cuir séché de jaguar ou de cervidé, et de déverser pêle-mêle dans cette poche le miel avec la cire, auxquels on ajoutait de l’eau. En trois ou quatre jours, le mélange fermentait spontanément à la chaleur du soleil. (…) »

  • Kirikino : Pas très engageant, tu l’avoueras.

  • Jean : Il est évident que les Tupi ne possèdent pas l’appareillage et l’équipement dont nous disposons pour obtenir un vin de miel clair et limpide, ni même pour l’élever convenablement. N’oublions pas que sous ces latitudes, la chaleur et l’humidité ne se prêtent guère à une bonne conservation. Ceci explique également que la boisson soit consommée alors que la fermentation se trouve toujours  en cours, ou tout juste terminée…

  • Kirikino : Lorsque tu consommes un tel breuvage, mieux vaut serrer les dents…

  • Jean : Il est possible qu’ils aient recours à un système de filtration rudimentaire qui ne nous est pas exposé ici. La consommation d’une boisson où surnagerait des impuretés et de la cire ne doit pas être des plus agréables, ni très engageante…

  • Kirikino : La consommation de cet hydromel de forêt demeure néanmoins réservé à une certaine élite, ainsi que le rapporte Lévi-Strauss :

  • « (…) A moins qu’ils ne fussent nobles, les hommes jeunes et les célibataires étaient exclus du nombre des buveurs, et devaient se contenter du rôle d’échanson »

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  • Bibliographie :
  • Claude Lévi-Strauss - Mythologiques  - « Du miel aux cendres » -Editions Plon /1966
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Samedi 26 avril 2008

La cire d’abeille malgré des qualités exceptionnelles sur lesquelles nous reviendrons, n’est pas forcément l’alliée du producteur d'hydromel, tout au moins sur le plan de la vinification et du vieillissement.

Kirikino : Sécrétée par les glandes cirières ventrales des abeilles qui la façonnent ensuite avec leurs pattes et leurs mandibules, la cire est un corps chimiquement très stable dont les propriétés ne varient guère dans le temps.

Jean : Ses principales qualités : résistance à l’hydrolyse, à l’oxydation naturelle, insolubilité dans l’eau, expliquent son usage depuis l’Antiquité pour la conservation des vins (le vin était protégé de l’oxydation par une fine couche de cire à l’intérieur des amphores).

Kirikino : La cire d'abeille, de nature lipidique renferme des hydrocarbures saturés, des acides ou hydroxy-acides, des alcools, des pigments provenant surtout du pollen, et de la propolis, ainsi que d’autres substances provenant du couvain.

Jean : Lors de l’extraction du miel, des fines particules de cires provenant des opercules, des brèches, vont se retrouver en suspension dans le miel lors de l’extraction. Un des objectifs de la phase de maturation du miel suite à l’extraction, consiste à séparer le miel des ces impuretés (la cire plus légère remonte à la surface du miel).

Kirikino : Cependant les miels artisanaux, (enfin disons non filtrés industriellement) malgré le processus de maturation que tu viens de décrire, comportent toujours des fines brisures de cire. Ces impuretés sont-elles gênantes pour la production d’hydromel.

Jean : Les traces de cire ne comportent aucun danger pour la consommation humaine. La preuve est donnée par la consommation en l’état du miel, qui nous l’avons vu précédemment peut contenir un pourcentage infime de cire d’opercule.
En ce qui concerne la production d’hydromel, cette même cire en raison de sa composition, si elle n’est pas éliminée, peut engendrer des mauvais goûts voire être à l’origine de levures indésirables. Donc en termes de vinification, d’élevage et de vieillissement des vins de miel, la cire malgré ses nombreuses qualités en tant que matériau, ne constitue pas un ingrédient de la recette très souhaitable.
Je m’attache donc lors de la préparation du moût à éliminer cette présence de cire.
Pour cela il existe plusieurs techniques : soit par filtration du moût, soit par l’action du froid, les particules en suspensions étant par la suite « écrémées ».


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Mercredi 23 avril 2008

« Prendre de la bouteille », soit ! Mais le passage de l'amphore à la bouteille ne s’est pas fait en un jour. Notre bonne bouteille de verre demeure une invention somme toute récente.

Jean : On doit le développement de la bouteille aux Anglais au XVII° siècle, avec l’apparition des premiers fours à charbon.

Kirikino : La suprématie de Venise dans ce secteur, et ce depuis plus de 6 siècles, commence alors à s’étioler.

Jean : Les Anglais important les vins en tonneaux et les embouteillant sur place, il résultait, d’un mauvais contrôle des fermentations, une effervescence naturelle, responsable d’une casse importante.

Kirikino : Ceci explique le choix des Anglais, dès le départ, pour des bouteilles lourdes, solides et stables.

Jean : La France adopte la technique au XVIII° siècle. Les champenois créent leurs propres moules en 1735. Puis chaque région développera sa forme de bouteille (Bourgogne, Alsace, Provence…).

Kirikino : L’apparition de moules, à la base de bouteilles plus régulières, marque la fin du XVIII° siècle.

Jean : Il faut attendre 1918, pour que le soufflage pneumatique du verre soit découvert et adopté.
Notons que la taille de la bouteille influe sur l’évolution du vin. Il semble que le magnum (1,5 litres) soit la contenance la mieux adaptée.
En effet plus la contenance est importante et plus la maturation est longue. Mais la manutention est délicate.
.
Kirikino : Si le choix de la forme et du matériau reste libre en France, la législation contrôle et limite la capacité des flacons susceptibles d’être mis en marché.


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Samedi 19 avril 2008

Entre la bouteille d’hydromel et l’amphore de l’antiquité, une transition qui a demandé beaucoup du temps, l’acquisition et la maîtrise de nouvelles techniques.

Kirikino : De nos jours, l’achat d’un hydromel, d’un vin, conditionné en bouteilles, constitue un acte des plus banals. Mais cela n’a pas toujours été le cas !

Jean : Auparavant, l’amphore assurait la conservation et le vieillissement des boissons alcoolisées. Cette invention Cananéenne, indroduite en Egypte vers –1500 av J.C fait l’objet de soins attentifs.
La terre cuite est imperméabilisée par une couche intérieure de cire (ou de poix ; n’oublions pas que l’argile cuite est un matériau poreux, d’où un risque d’altération du vin). Elle est ensuite bouchée au plâtre, ou au liége, et cachetée à la poix ou à la cire.

Kirikino : Ainsi, une telle protection garantissait au vin ou à l’hydromel, un long séjour à l’abri de l’air, sans dommages.

Jean :  L’apparition du tonneau révolutionne l’art fermentaire.et le transport des boissons fermentées.  Au départ, il est principalement conçu pour la bière.

Kirikino : N’oublions pas que nous devons son invention aux Gaulois.
Comment en arrive t’on à la bouteille de verre ?

Jean : La technique du verre soufflé  est originaire de Syrie au 1° siècle av J.C. Cette technique se répand rapidement à la même période, mais concerne essentiellement la fabrication de gobelets et de carafes pour l’élite de l’époque.

Kirikino : il faudra attendre de nombreux siècles pour que l’usage de la bouteille se généralise.


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Mercredi 16 avril 2008

L’invention de l’hydromel autorise le passage de la nature à la culture

Kirikino : Dans le mythe du Chaco rapporté par Claude Lévi-Strauss, nous constatons que cet un oiseau qui creusa le premier tambour.

Jean : Et ce tambour, nous devons l’envisager comme un instrument au double usage : un récipient pour la préparation de l’hydromel, et, un tambour pour la célébration des rituels et des festivités.

Kirikino : Ainsi , l’invention de l’auge-tambour entraîne la transformation d’un animal en humain…

Jean : Exact, si nous en croyons les propos de Lévi-Strauss : « (…) l’invention de l’hydromel opère un passage de la nature à la culture, comme cela ressortait déjà de notre analyse des mythes sur l’origine (de la fête) du miel  … »

Kirikino :Auquel cas être détenteur de miel sans eau, donc dans l’impossibilité de le transformer en hydromel, implique la transformation inverse.

Jean : Tout à fait. Lévi-Strauss s’appuie sur un mythe Botocudo qui « (…) impute à l’Irara, maître du miel sans eau (anhydromel par conséquent), la responsabilité de la transformation inverse : des humains en animaux ».
Elément que vient confirmer un autre mythe Matako  « (…)qui mange trop de miel sans boire s’étouffe et risque de périr ».
Enfin poursuit Lévi-Strauss « (…) le miel et l’eau s’impliquent mutuellement, on donne l’un en échange de l’autre ».


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Bibliographie :
Claude Lévi-Strauss - Mythologiques  - « Du miel aux cendres » -Editions Plon /1966

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