Dimanche 1 juin 2008

  • Petit détour par l’Afrique de l’Est avec des séquences vidéo de chasseurs de miel en Tanzanie.

  • Kirikino : Afin d’illustrer nos propos sur la récolte du miel sauvage, à l’image des récoltes de miel pratiquées par les pygmées Aka, ou les Indiens Tupi que nous venons d’évoquer dans nos derniers billets, nous vous proposons de visualiser quelques vidéos amateurs tournées chez les Hadzabe de Tanzanie.

  • Jean : Les techniques utilisées ressemblent en effet en tout point. J’aimerais néanmoins ne pas limiter cette présentation à la seule récolte du miel, et aborder brièvement les problèmes que rencontrent ces chasseurs-cueilleurs Hadzabe.

  • Kirikino : Tu fais sans doute référence à une concession de 3975 Km2 obtenue par une société de chasse des Emirats Arabes Unis en 2006 dans la basse vallée de Yaida (la vallée du Rift à l’est de la Tanzanie).

  • Jean : Exact ! Cette concession en plein pays Hadzabe, signifiait pour ces derniers, non seulement la perte de leur territoire, mais également celle de leurs moyens traditionnels de subsistance et risquait de faire d’eux des indigents…

  • Kirikino : Que représente l’avenir de 2000 personnes « sans ressources apparentes » face au pouvoir de l’argent.

  • Jean : Pas grand-chose, sinon quelques trophées de chasse…Mais la résistance opposée par les Hadzabe avec le soutien de l’organisation Survival ont eu raison du projet car en Novembre 2007 la compagnie de safaris annonçait abandonner les droits acquis en 2006…
    Il est à savoir que les Hadzabe sont considérés comme l’un des plus anciens peuples d’Afrique. Ils parlent une langue à click, ces langues dont une trentaine seulement subsistent, principalement localisées dans l’Afrique australe, (les groupes Hadzabe et Sandawe habitant l’Afrique de l’Est, constituent de ce fait des exceptions sur le plan de la localisation géographique). Certains linguistes évoquent ces langues comme les possibles « langues maternelles ancestrales de l’humanité ».

  • Kirikino : Nous refermons la parenthèse et vous invitons à visionner apparemment deux séries de vidéo signées « fenotte » avec :
Bibliographie :
In Click Languages, an Echo of the Tongues of the Ancients By NICHOLAS WADE / Published: March 18, 2003
par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Dimanche 18 mai 2008
  • Au-delà des mythes, la réalité des conditions de vie actuelles des Tupi-Guarani de Bolivie

  • Nous venons d’aborder les mythes du miel du Chaco, notamment chez les Indiens Tupi.
  • Je vous propose un petit arrêt sur image sur les conditions actuelles de vie des Indiens Tupi-Guarani en Bolivie.

  • Qui sont les Indiens Tupi-Guarani :

  • Les Indiens Guaranis font partie de la grande famille linguistique Tupi en Amérique du Sud.
  • Ils sont constitués de différents groupes ethniques répartis sur leurs territoires ancestraux du Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et Bolivie (les estimations de population remontent à l’année 2003) :
    • - Les Guarani Kaiowa (18000 à 20000 personnes)
    • - Les Guarani Ñandeva ( 8000 à 10000 personnes)
    • - Les Guarani Mbya (6000 personnes).

  • Profondément spiritualistes, ils ont en commun une religion qui place la terre au-dessus de tout. Les Guaranis sont connus pour leurs grandes migrations sur le continent Sud Américain, sous l’égide du « Karai » (chef religieux) à la recherche de « la terre sans mal », terre ou seront bannis tous les maux de la vie, ou reposent les âmes après la mort.
  • Ils comptent parmi les premiers peuples Indiens a être entré en contact avec les occidentaux, il y a plus de 500 ans.

    • Un peuple spolié :

    • Les Guarani se sont vus déposséder de leurs terres ancestrales au profit des « hacendados » propriétaires terriens pratiquant l’élevage extensif. Une spoliation que les Guarani considèrent comme une offense à leur religion, mais plus encore comme un anéantissement de leur mode de vie ; la privation de leurs moyens d’existence conduisant à une précarisation ainsi qu’à leur exploitation par les grands propriétaires terriens.
    • Ils vivent pour la plupart entassés sur de petites parcelles cernées par les fermes d’élevage et les plantations.
    • L’étroitesse du territoire qui leur est désormais alloué les prive des ressources tirées de leurs activités traditionnelles : chasse, pêche, cueillette et horticulture.
    • Ils constituent par conséquent une réserve d’emploi bon marché pour les grands propriétaires terriens.

    • Peuple Guarani : témoignages d’esclavage en Bolivie

    • Je vous propose de cliquer sur le lien suivant : « Testimonios de esclavitud de pueblos Guaranies en Bolivie » une vidéo de 5mn22 en espagnol, pour appréhender la réalité de leurs conditions de vie.

    • Pour ceux qui ne comprendraient pas l’Espagnol, sachez que selon les « hacendados » :

    • « Un Guarani ne doit pas être libre, laissé à son libre-arbitre (…) mais guidé, aiguillonné pour travailler. (…) C’est un homme adapté à la région qui travaille quand il en a la volonté (…) ». Un discours d’éleveur en somme pour des gens habitués à diriger du bétail…

    • Quant aux Guarani, ils doivent se contenter de l’aumône que leur offre généreusement l’hacendado  pour salaire d’une journée de travail : 15 pesos boliviens (= 1,3 Euro/jour) pour un homme, la moitié pour une femme (une évidence pour l’hacendado « la femme travaille moins… »).
    • Et pour beaucoup d’entre eux, enfermés dans un système de dette entretenu par l’hacendado, ils ne voient même pas la couleur de l’argent…

    • Un pays merveilleux vous diront les éleveurs ou chaque tête de bétail jouit de 5 hectares de parcours, disposant ainsi de plus de ressources qu’un être humain…

    • Mais que souhaitent donc les Guarani ?

    • « Nous ne recherchons pas de terres. Nous recherchons un territoire pour pouvoir survivre. Car la coutume du peuple Guarani veut que nous ayons une relation mutuelle avec la nature. Le peuple Guarani vit non seulement du produit de la terre, mais également de la production naturelle de son environnement… »

  • Un jour peut-être, vous et moi,   nous nous poserons la question de savoir dans  quel monde nous désirons évoluer …
par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Samedi 29 mars 2008


Les abeilles ont la faculté d’apprendre qu’une odeur donnée peut-être à l’origine d’une « punition », ou d’une « récompense ».

Kirikino : Nous avons déjà pu observer les étonnantes capacités d’apprentissage des abeilles, tant sur le plan olfactif, que sur le plan de reconnaissance de configurations simplifiées. Mais ces capacités étonnantes chez l’abeille, vont même au-delà. Odeurs, couleurs, les abeilles possèdent également la faculté de mémoriser des signaux répulsifs.

Jean : Au centre de recherches sur la cognition animale de Toulouse, l’équipe de Martin Giurfa, chercheur au CNRS, a pu observer que les abeilles apprennent à associer une odeur spécifique à un choc électrique. Une fois cette odeur répulsive mémorisée, confrontée à cette même odeur, elles étirent leur dard.
Par contre, dans le cas d’une odeur associée à une récompense sucrée, elles étirent leur trompe.

Kirikino :Comment cette capacité de mémorisation est-elle possible dans un aussi petit cerveau.

Jean : Les chercheurs ont mis en évidence l’action de deux amines différentes : l’octopamine dans le cas de l’appétence, et la dopamine dans le cas de la répulsion.

Kirikino : Cela ouvre des applications qui ne me plaisent guère. Imagine des abeilles qui seraient dressées pour l’attaque en fonction de certains stimuli.

Jean : Ecoute, je n’ai rien lu de tel dans les recherches en cours. Mais, connaissant l’homme, on peut tout imaginer…

Source:
CNRS Toulouse – Centre de recherches sur la cognition animale

par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Samedi 22 mars 2008

Saviez-vous que les capacités cognitives de reconnaissance des formes visuelles des abeilles domestiques sont  étonnamment similaires à celles des nôtres, les hommes ?

Kirikino : En 2004, Martin Giurfa, chercheur au CNRS Toulouse démontrait les extraordinaires capacités de reconnaissance d’une image complexe par les abeilles.

Jean : Pour mémoriser les objets, l’homme a recours à une stratégie de reconnaissance des images complexes à partir de configuration simplifiée.

Kirikino : Tu permets, cette présentation n’est pas très claire.

Jean : L’hypothèse, en neuroscience, repose sur le fait que notre cerveau, par souci d’économie cognitive, lorsqu’il veut mémoriser un objet, va s’épargner des détails. Il va résumer l’objet en question à des lignes ou encore des figures géométriques.
Dans cette représentation simplifiée, une maison par exemple devient ainsi un rectangle surmonté d’un triangle. Jusqu’à présent, on attribuait de telles capacités cognitives, aux hommes et aux primates.

Kirikino : Tu sous-entends par là, que les abeilles seraient capables de telles prouesses ?

Jean : Moi non ! Mais l’équipe du CNRS démontre bel et bien que les abeilles sont capables, une fois entraînées, de retenir une configuration simplifiée, et de la reconnaître dans des stimuli qu’elles n’ont jamais vus.

Kirikino : Capacité impressionnante pour un insecte qui possède 100 milliards de fois moins de neurones qu’un homme.

Jean : Attends. Selon les chercheurs : « Le fait qu’elles puissent intégrer différents éléments visuels pour construire une représentation simplifiée d’un objet pourrait impliquer qu’elles possèdent des concepts génériques tels que fleur, arbre, ou encore montagne… »

Bibliographie :
La lettre CNRS Midi-Pyrénées / Juillet –Août 2004 – N°90

 
par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Mercredi 5 mars 2008


De par le passé, l’homme eut recours à l’abeille, comme moyen de défense.
De nos jours, les chercheurs s’intéressent aux capacités olfactives de cet hyménoptère, pour des interventions dans un cadre militaire : déminage, détection d’explosifs..


Kirikino : Savais-tu que ces malheureuses abeilles étaient utilisées pour la défense des cités jusqu’au Moyen Age !

Jean : Hélas oui ! On retrouve de nombreux témoignages de villes assiégées, ayant dressé une barrière de colonies d’abeilles aux entrées des forteresses, pour en interdire l’accès.
Un moyen « piquant » en quelque sorte, pour dissuader l’envahisseur de pénétrer dans les lieux. L’agitation et l’odeur de sueur des chevaux, constitue un remède imparable si l’on désire rendre une colonie de « mouches à miel » agressives.

Kirikino : Moyen de défense sans doute, mais moyen d’attaque également : n’oublions pas les ruches catapultées par-delà les enceintes de la ville assiégée pour démoraliser les défenseurs…

Jean ; L’inventivité humaine en matière de conflit est malheureusement d’une infinie richesse et subtilité.
Sans doute aucun, notre espèce occupe la première place en matière d’agressivité…

Kirikino :Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’utiliser leurs dards et leurs venins, mais plutôt leur odorat exceptionnel.

Jean : En effet, les abeilles possèdent des capacités olfactives merveilleuses.
Chez l’abeille, les antennes font office de nez et de doigts....

Kirikino : D’où la fameuse expression : « réussir les doigts dans le nez »…

Jean : C’est cela ouiii…
Tu n’aurais pas besoin d’un peu de  repos, d’une petite période d’hivernation.
Revenons à nos abeilles. Donc, leurs antennes remplissent un rôle tactile mais également olfactif, et lui permettent de se renseigner sur la nature, la forme, la rugosité, la température…

Kirikino : Tu parles d’une prouesse quand tu disposes de 60000 récepteurs sensoriels répartis sur la surface de chacune des deux antennes.

Jean : Envieux, va !
En plus de cela, les abeilles bénéficient d’un odorat exceptionnel, plus sensible encore que celui des chiens par exemple, et d’une capacité à mémoriser les odeurs sans précédent.

Kirikino : Un « nez » de parfumeur en quelque sorte !

Jean : Oui et même au-delà, bien que l’analogie soit intéressante, car la capacité olfactive de l’abeille comme le « nez » du parfumeur demande un apprentissage.
Dans le cas de l’abeille, l’apprentissage envisagé par les chercheurs est mené sur la base du « réflexe de Pavlov »  par une méthode « action/récompense ».
On propose donc à l’abeille une odeur, suivie aussitôt après, d’une mise à disposition d’eau sucrée.
On lui présente à nouveau la même odeur, et, on constate que celle-ci tire la langue.
Le conditionnement du réflexe ne prend pas plus de 10 secondes.

Kirikino : Sacrément rapide l’abeille pour l’acquisition des connaissances…

Jean : Oui, en effet ! Et, tiens-toi bien, en plus de se souvenir des effluves, elle est capable de transmettre ce « nouveau savoir » à l’ensemble de la colonie.

Kirikino : God ! Une capacité à faire se pâmer d’envie l’éducation nationale…

Jean : Décidément, ce n’est guère facile en ta présence aujourd’hui…
Ces fameuses capacités constituent donc la base des chercheurs des laboratoires américains et anglais, qui dressent les abeilles à la reconnaissance du T.N.T.
Et cela marche ! Les abeilles seraient même capables de déceler des mines au T.N.T, enterrées, les vapeurs des explosifs se diffusant dans la flore mellifère.

Kirikino : Le hic, c’est que le champ de bataille, bien dévasté, n’est pas forcément très mellifère.

Jean : Tu as sans doute raison !
Mais le champ d’investigation s’élargit : certains chercheurs travaillent également sur la prévention d’attaques biochimiques avec d’autres hyménoptères comme les guêpes par exemple…

Kirikino : Je me pose des questions sur l’utilité de ces recherches, mais, si dans un premier temps, les résultats permettaient d’en finir avec les mines antipersonnel, ce serait vraiment une bonne chose…

Jean : En effet selon le site : droitdesenfants.com,  500 personnes sont chaque jour victimes de ces mines, les plus exposés étant les enfants…

Sources :
« Le scandale des mines antipersonnel »: http://www.droitsenfant.com/mines.htm
« Quand des abeilles dressées détecteront les explosifs » / LE MONDE / Article publié le 17 Décembre 2006
« Des chercheurs entraînent des abeilles à renifler des explosifs » : http://www.armees.com/Des-chercheurs-entrainent-des-abeilles-a-renifler-des-explosifs,11606.html
« En Croatie, l’abeille va butiner le TNT »: http://www.liberation.fr/actualite/monde/281302.FR.php?rss=true
« Les abeilles policières »: http://www.algerie-dz.com/article958.html


 
par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Samedi 1 mars 2008

Le miel pour les pygmées Aka constitue un produit d’échange bien plus valorisé que la viande de chasse.

Kirikino  : Les pygmées entretiennent avec les « grands noirs » de nombreux échanges : gibier, plantes… Mais le miel occupe une place privilégiée.

Jean : Oui car le plus souvent, les populations Bantous qui vivent également en forêt rechignent à collecter du miel en hauteur. Il faut dire que pour ces populations, contrairement aux pygmées, la forêt constitue un monde hostile.

Kirikino : Avec la sédentarisation partielle des populations pygmées le long des pistes forestières, ces échanges revêtent de plus en plus d’importance pour ces derniers. Les ressources en gibier s’amenuisent, et le miel constitue de plus en plus la principale monnaie d’échange valorisée avec les populations voisines.

Jean : Ainsi la communauté peut appliquer des sanctions contre les vols de miel, dans le cas ou les colonies d’abeilles repérées auraient été marquées.

Kirikino : Par contre, si la quantité collectée est suffisante, le miel est l’une des rares ressources forestières obligatoirement redistribuée entre tous les foyers et les visiteurs présents au campement. Cette fonction revient à l’épouse du récolteur. Lorsque la boîte à miel est vide, elle la remplit d’eau pour confectionner un sirop, qu’elle distribue à l’ensemble des personnes présentes.

Jean : C’est dire l’importance du miel dans la cohésion sociale du groupe.
Le miel en tant qu’activité de collecte, constitue le seul cas pour lequel la récolte du premier miel se traduit par des rituels collectifs.

Source et bibliographie :
Encyclopédie des pygmées Aka / Volume II, Dictionnaire Ethnographique AKA-Français -De Simha Arom, Jacqueline M C Thomas, Serge Bahuchet, Alain Epelboin et Susanne Furnis -Collection Etudes africaines, 206 pages. Editions l'Harmattan (Octobre 2004) - -Publié 2005  -Peeters Publishers

Les chasseurs-cueilleurs de RCA et du Cameroun - Serge BAHUCHET avec la collaboration de Daou JOIRIS – Rapport APFT -1995

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