Samedi 3 novembre 2007

Cueva-arana.jpegOn retrouve des éléments qui témoignent de l’attrait de l’homme pour cette denrée précieuse qu’est le miel dès le néolithique. Mais, sans doute existait-il des chasseurs-cueilleurs de miel bien avant !

Kirikino : Les récentes découvertes de ruches vielles de 3000 ans en Israël, témoignent d’une apiculture organisée fort ancienne.
Mais l’attrait de l’homme pour le miel sauvage est bien antérieur.

Jean : Des chercheurs ont mis en évidence sur des sites archéologiques remontant au néolithique des restes de cire (le miel ne se conservant pas) dans des récipients en céramique qui attesteraient de l’utilisation de ces ingrédients cire et miel : le miel en tant qu’aliment, la cire pour les besoins de la pharmacopée, de l’éclairage, ou encore les activités artistiques…

Kirikino : Ces archéologues envisagent donc dés le néolithique, la récolte du miel comme étant une activité spécialisée, réalisée par  de véritables « chasseurs de miel ».

Photo : Cueva de la araña      source photo

Jean : En Europe et notamment en Espagne (Cueva de la araña), une peinture rupestre, vielle de quelque 8000 ans témoigne de cette activité. Cette peinture représente une silhouette humaine (vraisemblablement féminine) aux abords d’un trou dans lequel se trouve le nid d’abeilles.
Une triple liane a dû lui permettre d’y accéder. Le personnage représenté tient à la main un panier ou un quelconque récipient et de l’autre main, il semble se saisir des rayons de miel.
Mais des témoignages archéologiques ont été également trouvés dans d’autres régions du monde, notamment dans la chaîne montagneuse de Drakensberg (Afrique du Sud).

Kirikino : Et ces témoignages seraient antérieurs à ceux découverts en Espagne.

Jean : Les recherches sont toujours en cours.
Dans son ouvrage «, ‘ l’homme et l’abeille », Philippe Marchenay nous précise que :
« Un chercheur autrichien, Harald Pager a récemment découvert une série d’abris ornés en Afrique du Sud, où sont représentées des abeilles, des rayons de miel, et même des sortes d’échelles, comme les lianes de la peinture de la grotte de l’Araignée. L’un de ces dessins, découvert dans les collines de Matopo, en Rhodésie, montre un chasseur de miel au travail, qui à l’aide d’une torche allumée, fait sortir les abeilles de leur nid.
D’après les dernières recherches en cours, il semble bien que la récolte du miel par les chasseurs-cueilleurs ait pris une part assez importante dans les activités humaines dés la fin de la période des glaciations, c’est-à-dire bien avant l’époque des peintures rupestres découvertes en Espagne. »

Kirikino : Une activité fort ancienne qui continue à être pratiquée dans de nombreuses régions du globe, nous y reviendrons

Jean : Oui, la chasse-cueillette du miel dans certains pays demeure toujours d’actualité

Sources et bibliographie :
 Des « chasseurs de miel » au Néolithique / Article de Stéphanie Belaud / CNRS
« L’homme et l’abeille » Philippe Marchenay  / Espace des Hommes / Berger-Levrault /1979
Pager : Rock painting in southern Africa showing bees and honey hunting in Bee World, vol. 54, N° 2 London, 1973



par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Samedi 27 octobre 2007

Ce miel précieux que nous transformons en hydromel, nous le devons au travail de l’abeille. Abeille qui es-tu donc ?

Kirikino : Nous évoquons souvent le miel, parlons d’hydromel, mais pour l’instant, nous avons omis de mettre sur le devant de la scène, le principal protagoniste de l’aventure : l’abeille.

Jean : Tu as raison ! Proposons-nous d’y remédier aujourd’hui même.
Les abeilles appartiennent à l'ordre des Hyménoptères (20000 espèces d'abeilles dans le monde, dont moins de 15% sont sociales).
L’ensemble de ces différentes espèces collectent nectar et pollen, s'en nourrissent et de ce fait, jouent, un rôle indispensable pour la pollinisation croisée des plantes et le maintien des équilibres naturels.

Kirikino : 20000 espèces différentes ? Quelle famille !
Les propos alarmistes, concernant la disparition de nombreuses colonies d’abeilles de par le monde, et l’incidence de leurs disparitions sur le maintien de la biodiversité sont peut-être exagérés, ne penses-tu pas ?

Jean : Je suis mal placé pour répondre à ta question.
Il faudrait pour cela consulter des entomologistes.
Il est certain que de nombreux insectes participent à la pollinisation des plantes (papillons, bourdons…).
Mais la communauté scientifique reconnaît une certaine suprématie à l’abeille en ce domaine.
Infatigable pollinisatrice, l’abeille assure un rôle écologique déterminant. Mais contribue également à la diversité de notre alimentation : nous devons indirectement aux abeilles, la présence dans nos assiettes de plus de 1000 fruits, légumes et autres plantes composant notre régime alimentaire quotidien.
Malheureusement, la pratique d’une agriculture intensive et industrielle a pour corollaire une fragilité accrue des colonies, voire dans certains cas un taux de mortalité très élevé
Mais là n’est pas notre sujet du jour.

Kirikino : Tu as raison recentrons nous sur cette dernière : l’abeille et sur son rôle en matière de production de miel.

Jean : De nos jours, en raison de son introduction par l’homme sur la quasi-totalité du globe, j’allais dire, seule l'abeille Européenne (Apis Mellifera) intéresse l’apiculteur. Elle est en effet garante de rendements en miel intéressants.
Mais nous verrons dans des articles ultérieurs, que cela n’est pas tout à fait le cas, et heureusement !

Kirikino : Tu fais allusion aux abeilles sans dard de l’espèce Mélipone.

Jean : Oui !
Décidément, tu as convenu aujourd’hui de me compliquer la tâche.
Nous aurons, bien entendu, l’occasion d’aborder la question des Mélipones chères à ton cœur.
Dans l’immédiat, si tu le veux bien, restons concentrés sur l’abeille mellifère.

La ruche constitue le creuset d’une société animale organisée, ou la survie de la colonie passe par une spécialisation de l’activité de l’individu en fonction de son âge. L’abeille est successivement nettoyeuse, nourrice, bâtisseuse, magasinière, gardienne et enfin butineuse.

La butineuse effectue entre 20 et 50 voyages par jour, d’une durée moyenne de 15 minutes. Le rayon d'action moyen se situe entre 500 mètres et 3 kilomètres autour de la ruche. Elle prélève sur les fleurs le nectar, ou le miellat, deux liquides sucrés à la base de la production de miel.

Kirikino : Et, avec la collecte de ces liquides sucrés démarre la production de miel

Jean : En effet.
Le changement de la solution sucrée en miel commence alors lors du voyage retour à la ruche.
Dans le tube digestif de la butineuse s’initie une longue transformation. Les enzymes agissent sur le nectar transformant le saccharose, sous l'action de l'invertase en glucose, fructose, maltose et autres sucres.
Parvenue à la ruche, la butineuse régurgite sa charge, la passe aux ouvrières, qui elles-mêmes, la communiquent à d'autres et ainsi de suite.
D'individu en individu, la teneur en eau s'abaisse en même temps que le liquide s'enrichit de sucs gastriques et de substances salivaires : invertase, diastase, et gluco-oxydase.
Apparaissent alors des sucres qui n’existaient pas au départ, dans une solution stockée bien à l’abri, entreposés dans une alvéole, qui sous l’action des nombreuses ouvrières (ventilation) et des conditions thermiques de la ruche ne cessera de se transformer par concentration et évaporation.

Kirikino : Ce fameux miel…

Jean : Les abeilles emmagasinent en effet, dans la ruche, une quantité de miel bien supérieure à leurs besoins, autorisant de ce fait une récolte généreuse pour l’homme, sans pour autant mettre en danger la survie de la colonie.

Kirikino : un prélèvement raisonné en quelque sorte…

Jean : Tout à fait.


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Dimanche 21 octobre 2007


Une équipe de chercheurs * Grecs et Français vient de mettre en évidence une stratégie de défense propre à l’abeille de Chypre. Une technique différente qui vise à étouffer le prédateur.

Kirikino : Nous avons commenté la veille la stratégie du « thermo-balling » développé par les abeilles Japonaises. Il se trouve que certaines abeilles Européennes ont également développé un système de défense différent contre le frelon.

Jean : L’abeille locale Chypriote (Apis mellifera cypria) recours à un autre moyen de défense pour faire face également à un frelon mais différent du frelon géant.
Le frelon oriental (Vespa Orientalis)  constitue à Chypre l’espèce prédatrice de l’abeille.
Pour ce frelon, pas question d’utiliser l’augmentation de la température pour en venir à bout. Ce frelon résiste parfaitement à la canicule et son seuil de tolérance à la chaleur est supérieur à celui de l’abeille. Il supporterait allègrement les 50°C

Kirikino : Les abeilles Chypriotes auraient donc découvert un autre moyen de défense.

Jean : La technique de contrôle va être sensiblement la même avec des effets différents, nous allons le voir.
Une fois le frelon éclaireur identifié, un groupe d’abeille se jette sur le prédateur en une grosse boule qui l’englobe complètement.
Le frelon respire au travers d’orifices (les spiracles) situés sur l’abdomen et le thorax qui communiquent avec une ramification de trachées. Les contractions de l’abdomen vont donc permettre l’exhalaison et l’aspiration de l’air des trachées.
Par contre si, l’abdomen est contracté, la fonction n’est plus assurée.

Kirikino : Donc en se jetant sur le frelon, les abeilles vont exercer une forte pression qui contractera l’abdomen et empêchera la respiration.

Jean :Tout juste ! L’abdomen se contracte, les spiracles ne sont plus à l’air libre, et l’agresseur agressé trépasse étouffé au bout de quelques minutes.

Kirikino : Bel exemple d’adaptation. Pour ceux qui le souhaitent, on peut visionner une vidéo très courte (16 secondes), mais édifiante, de la boule dense d'abeilles autour du frelon.

* Source : Article « Smothered to death: Hornets asphyxiated by honeybees »

  

par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Samedi 20 octobre 2007


Que les abeilles estiment leur colonie en danger, elles piqueront l’agresseur à l’aide de leurs dards : stratégie de défense classique de l’abeille européenne. Mais certaines abeilles ont développé, face à leurs prédateurs, des stratégies de défenses autres.
 

Kirikino : S’approcher d’une ruche sans les précautions élémentaires, peut s’avérer dangereux.

 

Jean : Exact. La réaction des abeilles, si elles estiment leurs colonies en danger, correspondra à une attaque massive : de nombreuses abeilles piqueront alors « l’agresseur » de leurs dards.
Or l’intrus n’est pas seulement l’humain ou bien l’ours intéressé par le butin de miel que renferme la ruche.
Il peut s’agir également d’autres hyménoptères comme le frelon.
À la différence que les frelons s’intéressent bien davantage au couvain des abeilles qu’au miel pour la simple raison qu’ils doivent trouver une source de protéines pour nourrir leurs propres larves.

 

Kirikino : Pour des raisons de productivité, l’abeille européenne fut introduite dans de nombreux pays, mais cette dernière n’est pas forcément adaptée aux prédateurs autochtones.

 

Jean : En effet, nos abeilles Européennes (Apis Mellifera) furent introduites, entre autres pays, au Japon, tout simplement car ellee étaient susceptibles de produire deux fois plus de miel que l’abeille locale Japonaise.
Cependant au Japon sévit un prédateur redoutable : le frelon géant (Vespa Mandarinia Japonica), cinq fois plus grand et trente fois plus lourd que l’abeille.

 

Kirikino : Une attaque d’un petit nombre de ses individus réduit une ruche entière à un cimetière d’abeilles en quelques heures.

 

Jean : Il suffit d’une trentaine de frelons pour massacrer en trois heures une colonie de 30000 abeilles européennes.
Le scénario se déroule de la façon suivante : un frelon éclaireur repère la ruche ou la colonie « cible ». À l’aide de ses phéromones, une substance chimique odorante émise à dose infime, il va marquer le territoire. Ce qui permettra à la petite troupe de frelons envahisseurs de revenir sans hésiter sur lieux.
Pendant ce temps, les abeilles Européennes vaquent à leurs activités. Après tout, ce n’est qu’un simple frelon.

 

Kirikino : Mais de retour au nid, le frelon communique l’information à ses congénères.

 

Jean : Et aussitôt, une petite troupe monte une expédition vers la proie identifiée.
Les abeilles Européennes constatent l’arrivée des attaquants, tentent d’interdire l’accès aux frelons, mais, la cuticule des frelons est bien trop épaisse pour permettre un quelconque effet de leurs dards.

 

Kirikino : Et les frelons entament alors leur travail de destruction.

 

Jean : De leurs mandibules puissantes, ils sectionnent l’abdomen de milliers d’abeilles, et peu à peu, s’emparent des lieux.
Ils font alors une razzia sur les larves d’abeilles qui nourriront leurs propres larves.
En moins de trois heures, la colonie entière d’abeilles est décimée, pillée.

 

Kirikino : Par contre les abeilles locales Japonaises ont développé une autre stratégie

 

Jean : L’abeille Japonaise (Apis Cerana Japonica) par contre développe une méthode dé défense adaptée à ce prédateur.
Dès que le frelon éclaireur se présente, des abeilles vigiles identifient l’intrus. Une partie de la colonie se mobilise alors pour inciter le frelon géant à pénétrer dans la ruche.
Occupé à déposer ses phéromones, le frelon ne se doute point des manœuvres dont il fait l’objet. Une fois le frelon introduit dans la place forte, une masse d’abeilles se jette sur le visiteur et l’enveloppe.
La grappe d’abeilles autour du frelon géant ne le pique pas, elle se contente de produire par vibrations une élévation de chaleur (« thermo-balling ») qui sera fatale au frelon. En effet, la température létale du frelon géant est de 45°C alors que celle de l’abeille Japonaise est de 48°C.
La survie de l’essaim d’abeilles se joue donc sur une différence de température de 3°C.
Au bout de quelques minutes, le frelon éclaireur meurt. La colonie d’abeilles n’est donc pas identifiée comme proie potentielle par les autres frelons et l’essaim peut donc continuer à vivre tranquillement jusqu’à la visite d’un nouveau frelon éclaireur.

 

Kirikino : Pour illustrer cela, tu nous as sélectionné une petite vidéo sur You Tube.

Jean : Il existe de nombreuses vidéos sur le sujet. La vidéo « Japanese Bees Swarm Tactic » n’est pas la meilleure, mais en six minutes vous aurez une présentation globale du sujet.

par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Samedi 15 septembre 2007


Une découverte archéologique relance les interrogations sur les rapports hommes-abeilles. Israël : un rucher de l’époque du roi Salomon témoigne d’une apiculture organisée.

Kirikino : Je constate avec plaisir que tu as décidé d’ouvrir une rubrique apicole au sein de ce blog.

Jean : A vrai dire, je ne suis pas encore prêt. Il me faudra davantage de temps.
Mais comme tu le sais, avec certains amis apiculteurs, ici en Pays Basque, nous avons monté l’association « Nature et Abeilles ». Et je pense que nous traiterons davantage le dossier apicole, par le biais de l’association, avec des liens directs vers le site ou le blog qui sera envisagé.

Kirikino : Je suis quelque peu déçu, mais nous allons attendre patiemment le site de « Nature et Abeilles ».
Pourtant à lire le sujet du jour !

Jean : Oui, en effet. Je tenais à faire écho à une découverte archéologique d’importance.
Le 2 septembre 2007, le professeur Mazar de l’université Hébraïque de Jérusalem, annonçait une découverte d’importance : la présence d’un rucher vieux de plus de 3000 ans sur le site archéologique de Rehov, dans la vallée de Beth-Shean, en Israël.
Ce rucher comprenait une centaine de ruches cylindriques réalisées en torchis, pour une production annuelle d’une demi-tonne de miel selon les experts consultés.

Kirikino : En quoi cette nouvelle est-elle d’importance ? Des ruches peintes sur des céramiques datant des périodes Héllénistique ou Romaine révèlent d’ores et déjà l’existence d’une apiculture organisée, n’est-ce pas ?

Jean : En effet, les archéologues rapportent également les descriptions picturales datant de l’époque pharaonique égyptienne, mais c’est la première fois que des ruches sont mises à jour « in situ ».

Kirikino : Rappelons que les produits de la ruche durant ces périodes sont fort estimés, et réservés à de nombreux usages : le miel en tant qu’aliment, bien entendu, mais également pour la célébration du culte, pour l’usage médicinal…

Jean : N’oublions pas non plus, l’usage de la cire pour la métallurgie, la mégisserie, ou bien encore les tablettes des scribes …

Kirikino : Ces ruches remonterait donc au X° siécle avant J.C

Jean : C’est bien ce que les datations confirment.

Kirikino : Hum, je sens des souvenirs remonter à la surface. Tu connais la région pour y avoir séjourné quelque temps, n’est-ce pas ?

Jean : Tu me ramènes à de nombreuses années en arrière : je connais en effet la région de Beth Shean, mais pas le site de Rehov.
Quant à la région dans laquelle j’ai quelque temps séjourné, elle se situe plus au nord, en Galilée supérieure…

par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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