Samedi 26 janvier 2008

Avant d’acheter une bouteille d’hydromel, vérifiez les indications sur l’étiquette. Veillez notamment à ce que votre choix porte sur un produit millésimé.

Kirikino : Au même titre que la production de raisin, la production de miel se trouve confrontée aux aléas climatiques. Printemps froids, pluies abondantes, sécheresse, sont autant d’éléments qui vont influer sur la floraison des végétaux mellifères, et par voie de conséquence, sur la qualité et les quantités de miels récoltés.

Jean : Le producteur d’hydromel devra s’adapter à ces situations.
Il sera amené à un choix rigoureux lors de la préparation du moût. Il pratiquera éventuellement, l’assemblage de différents miels, ou bien réalisera des choix sélectifs à l’heure de l’assemblage de ses cuvées d’hydromel.

Kirikino : Ainsi le millésime devrait pouvoir informer le consommateur sur les caractéristiques des miels mis en solution.

Jean : En effet, l’indication du millésime permet pour le moins de renseigner :
- L’année de récolte du miel et donc, les conditions météorologiques de chaque région,
- L’année de vinification de l’hydromel : ce dernier élément revêt un caractère primordial. Il permet d’apprécier : la qualité des matières premières (miel de l’année ou non), l’importance et la nature des soins apportés lors de la maturation, et la durée de l’élevage du produit avant sa commercialisation.

Kirikino : Malheureusement, cette indication figure très rarement sur l’étiquette.

Jean : En effet, car ce n’est pas une mention législative obligatoire, et c’est bien dommage, même si l’indication du millésime sur la bouteille suppose bien des contraintes pour le producteur (gestion du stock, approvisionnement en étiquettes…)

Kirikino : Pour une fois que les impératifs administratifs simplifient les choses, tu ne devrais pas t’en plaindre…

Jean : Je ne m’en plains pas. C’est seulement une question de choix.
A mon avis, l’indication du millésime participe d’une « volonté de transparence » sur les pratiques de transformation, mais également sur le sérieux du producteur, voilà tout. Consommer un vin millésimé, élevé avec soin durant une longue période ne procure pas le même plaisir qu’un hydromel tout juste embouteillé une fois la fermentation terminée…

Kirikino : La précision du millésime devrait donc constituer un des éléments qui dicteront le choix du consommateur lors de l’achat du produit.

Jean : Exactement !




 
par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Samedi 19 janvier 2008
 
Au même titre qu’un vin, la couleur de l’hydromel, véritable vin de miel, va évoluer dans le temps, en fonction du vieillissement et des conditions de stockage.

Kirikino : La couleur naturelle de l’hydromel (jaune pâle plus ou moins accentué) dépend en premier lieu de la couleur des miels utilisés pour sa fabrication.

Jean : En effet.
L’évolution de la couleur résulte par la suite essentiellement des phénomènes d’oxydation des flavonoïdes (provenant du pollen récolté par l’abeille), au cours de la phase de maturation et vieillissement.

Kirikino : Elle dépend également des conditions d’élevage : cuve ou barrique.

Jean : Oui, bien sûr !
L’évolution de la couleur en fonction de l’intensité de ces phénomènes et de l’âge de l’hydromel passe par la succession des colorations suivantes : jaune pâle ; or ; doré (au bout de 3 à 4 ans d’âge) ; puis cuivre ; brun (ce qui traduit un début de dégradation du produit) et enfin gris.

Kirikino : Des conditions défavorables de stockage peuvent accélérer le vieillissement et influencer la rapidité de cette évolution.

Jean : Pour déguster un bon hydromel, il faut savoir être patient. L’hydromel, comme le vin de qualité, se bonifie avec l’âge. Les arômes de miel sont moins prégnants, il gagne en finesse et expression aromatique. Ce n’est pas pour rien que les rois d’Angleterre exigeaient au Moyen Age que fussent servis des hydromels vieux de plusieurs ans.
Malgré l’évolution des techniques et pratiques œnologiques, l’élevage dans le sens d’élever le produit, lui permettre de grandir, conserve toutes ses lettres de noblesse.
Mais l’élevage requiert beaucoup de soins, notamment afin d’éviter que le produit ne s’oxyde. L’hydromel stocké dans de mauvaises conditions (élévations soudaines de la température du chai, baisse de l’hygrométrie ambiante…) pourra évoluer de façon défavorable et perdre une grande partie de ses charmes, dont l’intensité visuelle, au moment de la dégustation.

Kirikino : La couleur peut-elle être artificielle ?

Jean : Il existe cette « mauvaise possibilité ». En effet, la législation autorise la coloration au moyen de cochenille ou d’orseille. Si cette possibilité de coloration, bien que naturelle, semble quelque peu aberrante et désuète de nos jours, il faut resituer (sans l’excuser) la législation dans le contexte de l’époque (1905). En effet, la crise viticole due au phylloxera bat son plein, et certains négociants envisagent la fabrication de produits de substitution pour satisfaire la demande, d’où la nécessité de colorer l’hydromel en rouge.

Kirikino : Pourtant tu travailles à des essais d’hydromels de différentes couleurs…

Jean : Il est encore un peu tôt pour parler de ces nouveaux produits, mais certaines techniques le permettent dans le respect de la qualité du produit.

Kirikino : Comme ?

Jean : Comme l’addition de fruits dans le moût ou par macération. Toutefois, ces futures boissons sortent du cadre législatif de l’hydromel, et ne peuvent donc être dénommées hydromel. Il nous faudra leur créer un nom…



par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Samedi 12 janvier 2008

L’expression « lune de miel » remonterait à une vielle tradition de l’époque Babylonienne, et désignait à cette période la fête suivant les noces durant laquelle on buvait de l’hydromel.

Kirikino : La tradition semble naître il y a plus de 4000 ans, à Babylone. A l’occasion de l’union des deux jeunes épousés, on fête la " lune de miel " en buvant de l'hydromel.
Dès le lendemain du mariage, le père de la mariée se présente chaque jour pour offrir du vin de miel à son gendre.
Le fait de boire de l'hydromel doit rendre ce dernier fort et vigoureux, pendant une lune !

Jean : Tu as bien fait de préciser « semble », car nous n’avons retrouvé aucune source fiable qui permette de confirmer cette pratique.
Néanmoins, on retrouve dans le substrat de nombreuses sociétés humaines cette conviction que la consommation d’hydromel apparaît comme responsable de la fertilité du couple.
Cette tradition se perpétue jusqu’au Moyen Age chez la noblesse scandinave et anglo-saxonne. Les jeunes mariés après leurs noces consommaient de l’hydromel durant 28 jours (cycle lunaire mais également cycle menstruel de la femme), la boisson devant leur assurer un descendant mâle.

Kirikino : Pablo Bertello avance l’explication scientifique suivante : « une série d’expérimentations chez les animaux démontre que l’on peut augmenter le pourcentage de naissances de sexe masculin grâce à une modification du pH du corps. Il est reconnu que l’alcalinité ou l’acidité du corps féminin au cours de la conception peut influer sur le sexe du nouvel être, le niveau de sucre dans le corps altérant le pH ».

Jean : Cela me rappelle les travaux du biologiste Joseph Stolkowski dans les années 1960, repris par le docteur François Papa, gynécologue obstétricien à l'hôpital Cochin qui expliquait que «l’alimentation de la maman influence dans les voies génitales le tri des spermatozoïdes, porteurs soit du chromosome X ou du chromosome Y»
Or le contraignant « régime Stolkowski » basé sur une alimentation riche en sodium et potassium pour donner naissance à un garçon et, à l’opposé, riche en calcium et magnésium pour la naissance d’une fille, recommande le miel pour s’assurer une descendance féminine.

Kirikino :  Donc tout le contraire de l’hypothèse avancée par Bertello ! Chou blanc !

Jean : Personnellement, j’y vois bien plus ce miel associé depuis la nuit des temps à l’image de l’aliment séducteur par excellence ainsi que l’évoque Claude Lévi-Strauss dans son ouvrage du « Miel aux cendres ».
Mais nous y reviendrons…

Bibliographie :
De aquí entonces la costumbre actual de la luna de miel / Pablo Bertello  http://www.revistainterforum.com/espanol/articulos/051402Naturalmente.html




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Dimanche 30 décembre 2007

 
La découverte du Nouveau Monde et le développement de la production de la canne à sucre vont porter un préjudice considérable à la production d’hydromel en Europe. Le miel ne constitue plus la matière «sucrante » par excellence.

Au XVI° siècle, de nouveaux éléments surgissent, dont les conséquences marginalisent la production d’hydromel :
En premier lieu la consommation d’alcool ayant pour origine la distillation,

En second lieu, une conséquence un peu inattendue dans les pays du Nord, gros producteurs d’hydromel. L’austérité du culte protestant prive de débouché la cire destinée à la fabrication des cierges. Les revenus des apiculteurs baissent et la production s’en ressent,.d’autant plus que la production du sucre de canne dans le Nouveau Monde s’intensifie, et concurrence le miel.

Un siècle plus tard, l’apparition de nouvelles boissons comme le chocolat, le café vont également participer au déclin de cette merveilleuse boisson.

L’hydromel reste toujours fabriqué, mais sa consommation demeure confidentielle après des siècles de gloire.
La crise viticole liée au phylloxéra lui donne un nouveau souffle quoique dans des conditions souvent désastreuses, la qualité n’est pas l’objectif affiché. Il retombe bien vite dans l’oubli ; Viala (et nous l’en remercions) trouve la solution en greffant la vigne Française sur des ceps de vigne Américain résistant à cet insecte.

De nos jours, des producteurs disséminés sur l’ensemble de l’Europe, perpétuent la tradition millénaire. Et c’est heureux, car, l’hydromel exclusivement élaboré avec du miel et de l’eau, constitue sans aucun doute, à l’heure actuelle, la boisson alcoolisée la plus originale et la plus naturelle au monde.
L’histoire de l’hydromel comprend 5 volets :
Néolithique ;
des Grecs au Romains ;
Moyen Age ;
Cas des pays slaves ;
du XI° siècle à nos jours.

 
 


    
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Samedi 29 décembre 2007

Malgrè le développement important des vignobles, la production d’hydromel occupe une place significative jusqu’au XV° siècle, et notamment dans les pays Slaves

Le vignoble connaît un développement important au cours du Moyen Age.
La production d’hydromel se trouve alors confrontée à un dilemme économique. Le prix des matières premières nécessaires à sa fabrication, supporte difficilement la concurrence face à la vinification des raisins. Toutefois, le contrôle de la densité des moûts permet l’obtention de vins de miel liquoreux forts prisés des gens fortunés, le consommateur recherchant des saveurs sucrées. Les produits concurrents correspondent à des produits importés d’Espagne ou d’Italie, et l’incidence du coût du transport pénalise ces produits.

Par contre, dans  les pays ou la culture de la vigne est impossible voire délicate, l’hydromel continue à jouir d’une grande réputation. En 946, la slave Sainte Olga, invite ses ennemis aux funérailles de son fils et offre à ceux-ci des quantités prodigieuses d’hydromels. L’ébriété gagne les convives et les alliés de Sainte Olga massacrent alors 5000 ennemis

A la même période au Pays de Galles, quand une ville veut s’affranchir de son suzerain, elle doit remplir un cuveau d’hydromel dans lequel peut prendre place le monarque et deux hommes de sa suite.
En 978, le roi d’Angleterre Edouard est assassiné par un sbire de sa belle-mère Elfrida dans le château de Corfe tandis que celle-ci lui offre une coupe d’hydromel.

Dans l’ensemble de l’Europe médiévale, la production d’hydromel demeure une activité florissante.

En Russie, la production s’élève à des niveaux records, les marchands Baltes se livrent à un commerce florissant. En 1358, une « place à faire de l’hydromel » est mentionnée dans le testament d’Yvan II.
Les Russes ont également recours à l’hydromel pour se débarrasser de 10000 Tatares en 1489. Poursuivis par ces derniers, ils abandonnent derrière eux de l’hydromel, pour revenir quelque temps plus tard, les surprendre, étourdis par l’alcool.

L’histoire de l’hydromel comprend 5 volets :



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Vendredi 28 décembre 2007

En Europe, le développement rapide de la culture de la vigne, la christianisation, vont être responsable du déclin relatif de la consommation d’hydromel à la fin du Moyen Age.

Peu à peu le vin, va asseoir sa suprématie, en supplantant les autres boissons (bière et hydromel) pour les raisons suivantes :
Le développement du christianisme : l’eucharistie est célébrée avec du vin. A la fin de l’empire Romain, l’église hérite des meilleurs vignobles et les exploite pour la production du vin de messe. Au moyen Age, le vin devient indispensable au culte. De nombreux monastères sont édifiés dans des lieux favorables à la culture de la vigne (Clugny, Citeaux…) et lorsque ceux-ci s’avèrent inhospitaliers pour cette plante, ils développent des vignobles dans les vallées voisines ; les moines du monastère de Roncevaux créent ainsi le vignoble d’Iroulegui.

Les bénéfices tirés du vin sont supérieurs aux bénéfices issus de ceux provenant des céréales . La bière est la boisson du petit peuple, le vin celle des seigneurs et des gens fortunés.

La culture de la vigne participe à l’image de son propriétaire. Un homme de haute condition se doit de la cultiver. Certaines villes plantent également des vignobles…

Le développement du commerce encourage la consommation du vin dans les régions peu propices à la culture de la vigne. La viticulture se développe dans un contexte privilégiant davantage la quantité que la qualité.

                            L’histoire de l’hydromel comprend 5 volets :
Néolithique ;
des Grecs au Romains ;
Moyen Age ;
Cas des pays Slaves ;
du XI° siècle à nos jours.






 
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