Par-dessus les haies.
Photo : J. Irubetagoyena
Haïku : Kirikino
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Vanté et célébré par de nombreuses civilisations, l’hydromel constitue dès l’Antiquité un « trésor de bienfaits »
Kirikino : Connu depuis la nuit des temps, l’hydromel est reconnu dés l’Antiquité pour ses vertus bienfaisantes.Jean : En effet, les ouvrages des auteurs de l’époque abondent de mentions relatives à cette boisson.
On lui attribue des vertus de boissons fortifiantes et de « longue vie ».
« Pythagore lui prêtait la vertu d’allonger la durée de la vie humaine.(…) ? Le médon et mélikraton étaient des boissons roboratives à base de miel fermenté. *»Pline l’Ancien, dans son ouvrage « Historiae Naturalis », y fait de nombreuses allusions et recommande sa consommation.
Enfin, citons Hypocrate qui considère que l’hydromel possède des vertus détersives et diurétiques
« L’hydromel, quand, dans une maladie aigue, on le fait boire tant qu’elle dure ; est en général, moins convenable aux affections bilieuses où à celles dont les viscères sont le siège d’engorgements inflammatoires, qu’aux affections qui ne présentent rien de pareil. Il altère moins que le vin doux, par cela même qu’il adoucit les voies respiratoires, qu’il active modérement l’expectoration, et qu’il calme la toux, possédant une vertu détersive (…)
Il jouit aussi de propriétés diurétiques suffisantes, à moins, qu’il n’y ait dans les viscères, quelque obstacle à l’administration du miel (…) **»Kirikino : Il n’est guère étonnant auquel cas que la pharmacopée traditionnelle y fasse souvent allusion.
Jean : Oui. Nous aborderons dans un autre billet, l’usage de l’hydromel en pharmacie, notamment pour la confection de sirops.
* Source : « Les animaux dans l’Antiquité grecque » page 258 par Jacques Dumont / Editions L’Harmattan /2001
** Source : Œuvres complètes - de Hippocrate (Page 339), Emile Littré – 1840
Kirikino : La dernière fois tu nous indiquais rechercher des cuves de faibles capacités pour des raisons liées à la fermentation de l’hydromel. Pourrais-tu préciser ?
Jean : Pour faire simple, les levures pour connaître un minimum d’activité dans les vinifications demandent une température de 18° C au moins. À 20°C, la fermentation devient bien active, mais elle s’emballe très vite si la température s’élève.
Ainsi, si tu travailles avec des cuves de 30 hectolitres au maximum, l’élévation de température en provenance de l’action fermentaire est plus facilement évacuée car le rapport volume/superficie d’échange est plus favorable, à condition bien entendu de contrôler la température au démarrage de la fermentation du moût.
Dans le cas de cuves plus importantes, en raison de l’importance des volumes, il faut au moins 20°C pour que la fermentation se lance dans de bonnes conditions. Mais à cette température, la réaction s’emballe rapidement, et des équipements de refroidissement onéreux sont indispensables. De plus les manipulations nécessaires ne sont pas forcément bénéfiques à la qualité de ton produit.
Kirikino : Ces conditions n’empêchent pas en viticulture d’obtenir de bons produits.
Jean : Certes. Mais je ne partage pas les mêmes conditions de réception des produits. Dans le cas d’une vendange, la chaleur, les conditions atmosphériques, l’abondance ou non de la récolte, bref de nombreux paramètres influent sur le déroulement et l’organisation des vinifications.
La production d’hydromel diffère en ce sens, que la matière fermentescible : le miel, une fois récolté, reste très stable, ne serait-ce qu’en raison de la forte pression osmotique, à condition, bien entendu, d’être stocké à l’abri de l’humidité. Puisque le produit le permet, autant travailler dans des conditions optimales du respect de la qualité.
Kirikino : Cette digression technique fort intéressante nous écarte de notre sujet. Finalement ou trouves-tu tes cuves ?
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