Dimanche 4 novembre 2007

Aujourd’hui encore des hommes pratiquent la chasse-cueillette du miel. Les techniques héritées du Néolithique, n’ont à ce jour guère évoluées.

Kirikino : Nous avons vu que dés le néolithique, certains chasseurs-cueilleurs se sont spécialisés dans la récolte du miel sauvage. Or il semble bien que cette activité perdure dans de nombreuses régions du monde.

Jean : Le « miel sauvage » constitue toujours une manne pour de nombreux peuples de notre planète. Selon les régions, les techniques sont différentes.
Voilà ce que rapporte Claude Lévi-Strauss (citant Spegazzini ) dans son ouvrage « Du miel aux cendres » pour l’Amérique Latine :

 (…). En Argentine aussi, « la plus grande distraction » et le plus vif plaisir que connaisse le péon des campagnes consiste dans la collecte du miel. Pour avoir une quantité de miel qui tiendrait dans une cuiller, il est toujours prêt à travailler sur un arbre pendant une journée entière, souvent au risque de sa vie. Car on imagine pas les périls auxquels il s’expose dans les montagnes à cause du miel. Remarque-t’il sur un tronc un petit porche de cire ou une crevasse, il court chercher une hache pour abattre ou endommager un arbre superbe et d’essence précieuse »

Kirikino : Compte tenu du prix du miel et du salaire d’un péon, on n’a guère de mal à se représenter l’attrait d’une bonne récolte de miel pour celui-ci.

Jean : Mais la récolte passe par la localisation préalable du nid.
Et là encore, il existe de nombreuses techniques et de nombreuses variantes.
Citons à nouveau Lévi-Strauss :
Avant de partir pour la collecte du miel , les ashulay du Chaco se font saigner au-dessus des yeux afin d’accroître leur chance. Les anciens Abipones, (…) expliquaient jadis à Dobrizhoffer qu’ils s’épilaient soigneusement les cils afin que leur regard ne fût pas gêné pour suivre jusqu’à son nid le vol d’une abeille isolée (technique de repérage à vue)

Philippe Marchenay rapporte également les techniques suivantes chez les chasseurs de miel américains :

 (…) des chasseurs de miel américains, qui exposaient un rayon « provocateur » sur une tuile surélevée en ayant soin de l’entourer d’un cercle de peinture blanche. L’abeille traversait obligatoirement le cercle et la direction de son vol pouvait être suivie facilement ; en estimant le temps qu’elle mettait à revenir, on appréciait la distance de son nid.

Ou encore celle des aborigènes d’Australie :
En Australie, les indigènes, après avoir aspergé d’eau et capturé plusieurs abeilles, leur attachaient un fil de laine à la patte.

Enfin, rapportons toujours du même auteur, cette fantastique association homme et animal, motivés par cette même quête du miel :

En Afrique encore existe un témoignage extraordinaire d’association entre l’homme et le monde animal. Un oiseau friand de miel, qu’on appelle « l’oiseau indicateur » (Indicator Indicator S.), guide le chasseur jusqu’à un nid d’abeilles en voletant d’arbre en arbre et en l’attirant par des cris. Lorsque la récolte a été faite, l’oiseau profite des restes. Les chasseurs ont coutume de lui abandonner un rayon de miel ou de couvain en remerciement de son aide. Seul il ne pourrait pénétrer dans le tronc d’arbre ou s’est réfugiée la colonie.

Kirikino : N’allons pas imaginer avec ces différents témoignages que ces pratiques rudimentaires sont révolues.

Jean : Non du tout ! La chasse-cueillette du miel demeure toujours une activité fort prisée et source de revenus en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie essentiellement.
Une fois la colonie localisée, l’homme enfume le nid, se hisse jusqu’à l’entrée de vol, ou abat l’arbre pour en extraire les rayons chargés de miel et de couvains (Eh oui pour certains, les larves d'abeilles riches en acides aminés élémentaires représentent un véritable délice…)
C’est d’ailleurs une activité en Afrique, responsable parfois, d’un départ de feu de brousse.

En Malaisie, vit la plus grosse des abeilles (Apis dorsata) qui présente la particularité de bâtir un énorme rayon à même la branche des arbres « Koompassia excelsa » que les Malaisiens dénomment plus simplement du nom de Tualang, nom donné à l’abeille sauvage. Un seul de ces arbres peut abriter jusqu’à 100 colonies de cette abeille migratrice.
La récolte du miel, dans cette contrée, s’effectue la nuit, et Janet Durno dans son article « Le miel des sommets » raconte comment les chasseurs de miel se hissent jusqu’au sommet de l’arbre à plus de 30 mètres de haut munis d’une simple torche, pour recueillir le précieux nectar.
Ces cueilleurs de miel « croient en l’existence d’un contrat spirituel entre les abeilles et les hommes : les abeilles cèdent leur miel, mais les hommes doivent en laisser suffisamment pour la survie de l’essaim », une pratique écologique, oh combien louable…

Kirikino : Et que nous pourrions mettre en pratique sur bien des points.
Néanmoins, ces techniques, on le voit bien, restent fort rudimentaires.

Jean : En effet, ces techniques n’ont guère évolué.
J’ai assisté à de telles pratiques lors mes séjours en Afrique, avec des chasseurs Fang de Guinée-Équatoriale, ainsi  qu’avec des populations Pygmées au Cameroun.

Le lien vers ce petit extrait vidéo : « chasseur d’éternel »  que je vous propose ressemble en tous points, bien que tourné en Asie, aux scènes que j’ai vécues.

Source et bibliographie :
Claude Lévi-Strauss /Mythologiques ** /« Du miel aux cendres » /Editions Plon /1966
« L’homme et l’abeille » Philippe Marchenay  / Espace des Hommes / Berger-Levrault /1979
Le miel des forêts : une ressource Malaisienne / Janet Durno / Publication  : Le CRDI explore / Avril 1989

  
par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Dimanche 4 novembre 2007

Dès potron-minet
Finissent les chants nocturnes
Formes sombres floues

Le gazouillis des moineaux
Lève le voile de nuit. 
par Kirikino publié dans : Tanka du hérisson
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 3 novembre 2007

Cueva-arana.jpegOn retrouve des éléments qui témoignent de l’attrait de l’homme pour cette denrée précieuse qu’est le miel dès le néolithique. Mais, sans doute existait-il des chasseurs-cueilleurs de miel bien avant !

Kirikino : Les récentes découvertes de ruches vielles de 3000 ans en Israël, témoignent d’une apiculture organisée fort ancienne.
Mais l’attrait de l’homme pour le miel sauvage est bien antérieur.

Jean : Des chercheurs ont mis en évidence sur des sites archéologiques remontant au néolithique des restes de cire (le miel ne se conservant pas) dans des récipients en céramique qui attesteraient de l’utilisation de ces ingrédients cire et miel : le miel en tant qu’aliment, la cire pour les besoins de la pharmacopée, de l’éclairage, ou encore les activités artistiques…

Kirikino : Ces archéologues envisagent donc dés le néolithique, la récolte du miel comme étant une activité spécialisée, réalisée par  de véritables « chasseurs de miel ».

Photo : Cueva de la araña      source photo

Jean : En Europe et notamment en Espagne (Cueva de la araña), une peinture rupestre, vielle de quelque 8000 ans témoigne de cette activité. Cette peinture représente une silhouette humaine (vraisemblablement féminine) aux abords d’un trou dans lequel se trouve le nid d’abeilles.
Une triple liane a dû lui permettre d’y accéder. Le personnage représenté tient à la main un panier ou un quelconque récipient et de l’autre main, il semble se saisir des rayons de miel.
Mais des témoignages archéologiques ont été également trouvés dans d’autres régions du monde, notamment dans la chaîne montagneuse de Drakensberg (Afrique du Sud).

Kirikino : Et ces témoignages seraient antérieurs à ceux découverts en Espagne.

Jean : Les recherches sont toujours en cours.
Dans son ouvrage «, ‘ l’homme et l’abeille », Philippe Marchenay nous précise que :
« Un chercheur autrichien, Harald Pager a récemment découvert une série d’abris ornés en Afrique du Sud, où sont représentées des abeilles, des rayons de miel, et même des sortes d’échelles, comme les lianes de la peinture de la grotte de l’Araignée. L’un de ces dessins, découvert dans les collines de Matopo, en Rhodésie, montre un chasseur de miel au travail, qui à l’aide d’une torche allumée, fait sortir les abeilles de leur nid.
D’après les dernières recherches en cours, il semble bien que la récolte du miel par les chasseurs-cueilleurs ait pris une part assez importante dans les activités humaines dés la fin de la période des glaciations, c’est-à-dire bien avant l’époque des peintures rupestres découvertes en Espagne. »

Kirikino : Une activité fort ancienne qui continue à être pratiquée dans de nombreuses régions du globe, nous y reviendrons

Jean : Oui, la chasse-cueillette du miel dans certains pays demeure toujours d’actualité

Sources et bibliographie :
 Des « chasseurs de miel » au Néolithique / Article de Stéphanie Belaud / CNRS
« L’homme et l’abeille » Philippe Marchenay  / Espace des Hommes / Berger-Levrault /1979
Pager : Rock painting in southern Africa showing bees and honey hunting in Bee World, vol. 54, N° 2 London, 1973



par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 3 novembre 2007
Un milan, royal,
Et sa cohorte de gueux
Composée de freux

par Kirikino publié dans : Haiku du hérisson
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Vendredi 2 novembre 2007

Kirikino : Tu nous as présenté les impératifs d’un logo et d’une identité visuelle. Comment t’y prends-tu pour arriver au résultat actuel.

Jean : J‘avais de longue date rédigé une espèce de cahier des charges, que j’enrichissais au fur et à mesure de ma progression.
Je savais donc exactement ce…que je ne voulais pas, quant à ce que je désirais vraiment, cela demeurait encore flou, d’autant plus que l’aspect graphique n’est pas exactement mon fort.

Kirikino : Donc, tu t’es adressé à des professionnels !

Jean : Exact, à de « grands professionnels en puissance ».
Vu les ressources de l’entreprise et sa taille modeste (pour ne pas dire minuscule), le recours à des professionnels du secteur s’avérait au-dessus de mes moyens, tout au moins dans le présent immédiat.
Le fils aîné d’amis très proches, étudiant en « arts appliqués » m’apporte alors la solution au problème. Il se trouve de son côté confronté à un enseignement riche sur le plan théorique, mais avec peu de passerelles avec la réalité de l’entreprise, celle du terrain. Avec deux autres amis aux compétences voisines mais complémentaires, ils décident de monter l’association GNK, et de prendre en charge des petits projets.
Et le mien les intéresse particulièrement car tout est à faire.
Ils établissent un budget et je leur confie la conduite du projet.

Kirikino : Ils t’apportent alors ce regard neuf de la jeunesse…

Jean : Oui et plus que cela. Car, très vite les idées fusent…
Et je dois avouer que je ne suis pas un client facile : pointilleux, tatillon…
Assez rapidement, ils définissent un graphisme pour le nom, puis le logo s’ensuit, la définition des couleurs ; le tout dans une grande sobriété (tout au moins à mon avis…)
Une fois ces premiers éléments définis, le reste, j’allais dire, découle de source, même si nous y avons passé des heures : étiquette et habillage des bouteilles, carte de visite, papeterie, leaflet ainsi que la définition d’une superbe plaquette.

Merci Barth, Nabil et Nicolas pour vos contributions et votre investissement personnel dans ce projet : Kirikino vous doit beaucoup sur ce plan là…

par Kirikino publié dans : Création entreprise Kirikino Ilargian
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 1 novembre 2007

Des pierres dressées
Dans un décor minéral
Peuplé de lichens.
DSC00394.JPG


Titre de la photo : Pierres dressées au sommet d’Autza / Pays Basque
Photo : J. Irubetagoyena                    
Haïku : Kirikino


par Kirikino publié dans : Haiku solidaire
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander

Présentation

Derniers Commentaire

  • 22/11/2008 15:35:09
    Laetirature
  • 22/11/2008 15:33:57
    Laetirature
  • 20/11/2008 22:02:44
    Laetirature
  • 17/11/2008 21:05:24
    johal
  • 17/11/2008 17:54:55
    Laetirature

Calendrier

Novembre 2007
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30    
<< < > >>

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Signaler un abus