Kirikino : Dans notre dernier billet, tu nous recommandais d'apporter un soin attentif au montage du dossier financier avant d'envisager d'exposer ton projet à un partenaire bancaire ou autre. Pourrais-tu préciser ?Jean : Nous avons déjà évoqué le taux de mortalité important des « jeunes pousses » comme on les dénomme désormais. Essayons un moment d'endosser le rôle du banquier. À ce propos, tu auras remarqué comme moi que les banques en général recrutent et forment à tour de bras du personnel jeune en raison d'un phénomène pyramide des ages inversée , mais également une révolution sur le plan des services bancaires : banque numérique, développement de la gamme des offres de services : assurance, voyage…
Kirikino : Quel rapport avec le sujet que nous traitons ?
Jean : Attends, j'y viens. Essayons d'inverser la situation : je suis un jeune banquier rompu à la lecture et à l'analyse des rapports financiers. Par contre j'ai peu d'expérience des différents métiers et secteurs d'activités. Se présente alors un client potentiel pour lequel les statistiques nationales m'annoncent que la prise de risque n'est pas anodine puisqu'il a 50% de mettre la clé sous la porte dans les cinq ans.
Kirikino : Hum, Hum, intéressant, je n'avais pas envisagé les choses sous cet angle. Peux-tu développer ?
Jean : Soit, mais je dois confesser que je n'ai aucune idée de leurs méthodes et encore moins de leurs techniques de sélection des dossiers.
Par contre, de façon empirique voici la façon dont je procéderai : je commencerai en premier lieu par m'assurer que le futur créateur est client chez moi ou non. Une lecture rapide de son historique client me renseignera sur son sérieux, sur son patrimoine car j'ai dû sûrement participer au financement de son logement, de sa voiture… Ensuite je vérifierai le potentiel offert par son secteur d'activité : comme je finance sur l'ensemble du territoire des projets équivalents, j'ai en main des ratios qui me permettent de vérifier la cohérence et la viabilité du projet. Puis j'épluche ses comptes prévisionnels, car là, pas de soucis, voilà un domaine dans lequel j'excelle. Enfin, au cours de l'entretien, j'essaie de vérifier les objectifs et les compétences du porteur de projet, assis face à moi.
Kirikino : N'ergotons pas sur la méthode. Ton banquier doit à mon avis disposer d'outils autrement plus performants.
Jean : Bien sûr, mais j'envisage ce rendez-vous sous l'angle du bon sens. Et j'essaie de mettre toutes les chances de mon côté.
Donc, premier réflexe, je demande rendez-vous au banquier chez qui je possède un compte, car il me connaît. Ensuite, comme je désire lancer une activité disons nouvelle, car les entreprises possédant une activité proche de la mienne se comptent sur les doigts d'une main, j'apporte le plus grand soin à la rédaction de mon dossier pour faciliter sa grille de lecture. Enfin avant de prendre rendez-vous, je me rends sur son site et j'étudie attentivement les dispositions et produits proposés, ainsi que l'objet de sa campagne publicitaire afin de rebondir sur les arguments avancés.
Kirikino : Et la traduction dans les faits ?
Jean : Je me suis contenté de présenter mon dossier à deux banques : le Crédit Agricole, mon partenaire privé, et la BNP mon ancien partenaire professionnel. Et ces entretiens se sont fort bien déroulés : les deux organismes financiers se déclarant disposés à me suivre. Enfin pour l'instant ! La création et l'immatriculation de l'entreprise n'étant pas encore d'actualité, il conviendra de reprendre le dossier et d'étudier minutieusement les propositions afin de vérifier les bonnes intentions de mes futurs partenaires.
Kirikino : Dans ce cas, nous reviendrons sur ce sujet.
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