La pluie baptise
D’une ondée, la rose
Qui vient d’éclore.
Titre de la photo : Rosa Rugosa à l’automne
Photo : J. Irubetagoyena
Haïku : Kirikino
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Kirikino : Nous avons dernièrement abordé le choix du statut juridique de l’entreprise, pourrais-tu nous donner la composition du capital social ?
Jean : Le capital social s’élève à 70000 euros, soit 700 parts de cent euros chacune réparties de la façon suivante :
- Le gérant (moi-même) 280 parts
- Mon épouse 175 parts
- Mes enfants 15 parts chacun
- Herrikoa : 200 parts
Kirikino : 70000 euros, c’est assez conséquent pour une SARL !
Et de quand date l’immatriculation au registre du commerce ou des métiers .
Jean : L’immatriculation est effective depuis le 15/06/07 (sous le N° 2007A2139)
Kirikino : Il ne nous reste plus qu’à te souhaiter bon vent Kirikino Ilargian SARL
L’automne venu
La montagne oublie, un temps,
Le son des cloches.
Une équipe de chercheurs * Grecs et Français vient de mettre en évidence une stratégie de défense propre à l’abeille de Chypre. Une technique différente qui vise à étouffer le prédateur.Kirikino : Nous avons commenté la veille la stratégie du « thermo-balling » développé par les abeilles Japonaises. Il se trouve que certaines abeilles Européennes ont également développé un système de défense différent contre le frelon.
Jean : L’abeille locale Chypriote (Apis mellifera cypria) recours à un autre moyen de défense pour faire face également à un frelon mais différent du frelon géant.
Le frelon oriental (Vespa Orientalis) constitue à Chypre l’espèce prédatrice de l’abeille.
Pour ce frelon, pas question d’utiliser l’augmentation de la température pour en venir à bout. Ce frelon résiste parfaitement à la canicule et son seuil de tolérance à la chaleur est supérieur à celui de l’abeille. Il supporterait allègrement les 50°CKirikino : Les abeilles Chypriotes auraient donc découvert un autre moyen de défense.
Jean : La technique de contrôle va être sensiblement la même avec des effets différents, nous allons le voir.
Une fois le frelon éclaireur identifié, un groupe d’abeille se jette sur le prédateur en une grosse boule qui l’englobe complètement.
Le frelon respire au travers d’orifices (les spiracles) situés sur l’abdomen et le thorax qui communiquent avec une ramification de trachées. Les contractions de l’abdomen vont donc permettre l’exhalaison et l’aspiration de l’air des trachées.
Par contre si, l’abdomen est contracté, la fonction n’est plus assurée.Kirikino : Donc en se jetant sur le frelon, les abeilles vont exercer une forte pression qui contractera l’abdomen et empêchera la respiration.
Jean :Tout juste ! L’abdomen se contracte, les spiracles ne sont plus à l’air libre, et l’agresseur agressé trépasse étouffé au bout de quelques minutes.
Kirikino : Bel exemple d’adaptation. Pour ceux qui le souhaitent, on peut visionner une vidéo très courte (16 secondes), mais édifiante, de la boule dense d'abeilles autour du frelon.
* Source : Article « Smothered to death: Hornets asphyxiated by honeybees »
Jean : Tu nous offres aujourd’hui un Haïku d’un nouveau genre.
Kirikino : Il s’agit d’un tanka, et plus exactement d’un renku.
Jean : Si tu le permets, nous ne nous attarderons pas sur la définition de ce vocabulaire ; les lecteurs curieux auront tout loisir de suivre le lien proposé concernant la présentation des tanka.
Kirikino : D’autant plus que nous sommes ni l’autre des spécialistes du genre.
Jean : Une inspiration soudaine est-elle à l’origine de cette nouvelle forme poétique ?
Kirikino : Seulement un ressenti ce matin à la première heure, tandis que de nombreux vols de grues se succédaient…
De leurs cris stridents
Chantent leurs exils lointains
Oiseaux migrateurs
Un fugace rituel
Cent points noirs à l’horizon
L’émerveillement
De l’enfant à mes côtés
Regard extasié
Les bras écartés, il court
Il crie, imite leurs vols
Nourrit l'illusion
De cet homme sédentaire
Là, cloué au sol.
Que les abeilles estiment leur colonie en danger, elles piqueront l’agresseur à l’aide de leurs dards : stratégie de défense classique de l’abeille européenne. Mais certaines abeilles ont développé, face à leurs prédateurs, des stratégies de défenses autres.Kirikino : S’approcher d’une ruche sans les précautions élémentaires, peut s’avérer dangereux.
Jean : Exact. La réaction des abeilles, si elles estiment leurs colonies en danger, correspondra à une attaque massive : de nombreuses abeilles piqueront alors « l’agresseur » de leurs dards.
Or l’intrus n’est pas seulement l’humain ou bien l’ours intéressé par le butin de miel que renferme la ruche.
Il peut s’agir également d’autres hyménoptères comme le frelon.
À la différence que les frelons s’intéressent bien davantage au couvain des abeilles qu’au miel pour la simple raison qu’ils doivent trouver une source de protéines pour nourrir leurs propres larves.Kirikino : Pour des raisons de productivité, l’abeille européenne fut introduite dans de nombreux pays, mais cette dernière n’est pas forcément adaptée aux prédateurs autochtones.
Jean : En effet, nos abeilles Européennes (Apis Mellifera) furent introduites, entre autres pays, au Japon, tout simplement car ellee étaient susceptibles de produire deux fois plus de miel que l’abeille locale Japonaise.
Cependant au Japon sévit un prédateur redoutable : le frelon géant (Vespa Mandarinia Japonica), cinq fois plus grand et trente fois plus lourd que l’abeille.Kirikino : Une attaque d’un petit nombre de ses individus réduit une ruche entière à un cimetière d’abeilles en quelques heures.
Jean : Il suffit d’une trentaine de frelons pour massacrer en trois heures une colonie de 30000 abeilles européennes.
Le scénario se déroule de la façon suivante : un frelon éclaireur repère la ruche ou la colonie « cible ». À l’aide de ses phéromones, une substance chimique odorante émise à dose infime, il va marquer le territoire. Ce qui permettra à la petite troupe de frelons envahisseurs de revenir sans hésiter sur lieux.
Pendant ce temps, les abeilles Européennes vaquent à leurs activités. Après tout, ce n’est qu’un simple frelon.Kirikino : Mais de retour au nid, le frelon communique l’information à ses congénères.
Jean : Et aussitôt, une petite troupe monte une expédition vers la proie identifiée.
Les abeilles Européennes constatent l’arrivée des attaquants, tentent d’interdire l’accès aux frelons, mais, la cuticule des frelons est bien trop épaisse pour permettre un quelconque effet de leurs dards.Kirikino : Et les frelons entament alors leur travail de destruction.
Jean : De leurs mandibules puissantes, ils sectionnent l’abdomen de milliers d’abeilles, et peu à peu, s’emparent des lieux.
Ils font alors une razzia sur les larves d’abeilles qui nourriront leurs propres larves.
En moins de trois heures, la colonie entière d’abeilles est décimée, pillée.Kirikino : Par contre les abeilles locales Japonaises ont développé une autre stratégie
Jean : L’abeille Japonaise (Apis Cerana Japonica) par contre développe une méthode dé défense adaptée à ce prédateur.
Dès que le frelon éclaireur se présente, des abeilles vigiles identifient l’intrus. Une partie de la colonie se mobilise alors pour inciter le frelon géant à pénétrer dans la ruche.
Occupé à déposer ses phéromones, le frelon ne se doute point des manœuvres dont il fait l’objet. Une fois le frelon introduit dans la place forte, une masse d’abeilles se jette sur le visiteur et l’enveloppe.
La grappe d’abeilles autour du frelon géant ne le pique pas, elle se contente de produire par vibrations une élévation de chaleur (« thermo-balling ») qui sera fatale au frelon. En effet, la température létale du frelon géant est de 45°C alors que celle de l’abeille Japonaise est de 48°C.
La survie de l’essaim d’abeilles se joue donc sur une différence de température de 3°C.
Au bout de quelques minutes, le frelon éclaireur meurt. La colonie d’abeilles n’est donc pas identifiée comme proie potentielle par les autres frelons et l’essaim peut donc continuer à vivre tranquillement jusqu’à la visite d’un nouveau frelon éclaireur.Kirikino : Pour illustrer cela, tu nous as sélectionné une petite vidéo sur You Tube.
Jean : Il existe de nombreuses vidéos sur le sujet. La vidéo « Japanese Bees Swarm Tactic » n’est pas la meilleure, mais en six minutes vous aurez une présentation globale du sujet.
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