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Oui ! Je sais ! Tu t’impatientes ! Je suis quelque peu longuet avec mes propos. Il te tarde de connaître la suite, voire peut-être, des détails sur la vasque, ne serait-ce que pour la
localiser.
Patience !
L’histoire de Laîda et Unaï est des plus banales. Ils se rencontrent, s’aiment et ont de nombreux enfants.
Enfin nombreux ! La belle n’est plus toute jeune ; ils se contentent de cinq marmots.
Non, l’histoire ne se termine pas là. Comment font-ils connaissance ?
Petits curieux, cela ne vous regarde pas, c’est du ressort de la sphère privée comme l’on dit.
Vous insistez !
Dans ce cas, disons que les peintures d’Unaï agirent comme un aimant. Laïda perçut cela comme la plus belle déclaration d’amour au monde. Quant à Unai, il fut séduit par ses gestes empreints de
douceur, par sa candeur.
Outre leur progéniture, de leur rencontre naquit un phénomène artistique. Laîda eut l’idée de tremper son fil dans les couleurs de Unai. Tous deux conçurent alors un projet de métier à tisser.
Unai le construisit de ses mains, démontable vous l’imaginez, car il était hors de question d’abandonner cette vie semi-nomade. Laida tissa enfin des pièces de toiles aux motifs étranges et
colorés que Unai suspendait au faîte des arbres.
Aux taches de couleurs s’ajoutaient les pièces de tissus. L’ambiance était féerique.
Ces lieux acquirent très vite une réputation insoupçonnée.
Certains disaient, que ces clairières ainsi décorées avaient des pouvoirs thérapeutiques, d’autres que ces endroits étaient protégés par les esprits de la forêt…
Rapidement, et au fur et à mesure que Unai et Laida déplaçaient leurs campements, à chaque solstice, ces lieux voyaient l’arrivée de nouveaux occupants. Des bergers s’installaient, et comme par
magie, leurs troupeaux prospéraient.
Quant à Belle des Bois ? Unai lui fut toujours fidèle et sa descendance également, nous le verrons.
Deux à trois jours par mois, il quittait le foyer pour se rendre jusqu’à la vasque en grand secret.
Laïda redoutait ces nuits de pleine lune, car Unaï ne lui donnait aucune indication quant à sa destination, ni quant au motif de son départ.
Il revenait chaque fois porteur d’une fabuleuse énergie créatrice fort communicative.
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