Mercredi 12 décembre 2007
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Unai terminait son immense composition.
Les arbres, aux branches dégarnies, ajoutaient encore au relief pictural. L’ensemble exprimait une grande force et se voyait de loin.
Dans la vallée, des bergers rapportaient des propos étranges.
On racontait que le soleil jouait avec des couleurs vives peintes sur les arbres dans une petite clairière. Selon le tempérament de l’observateur ou l’heure du jour, le spectacle pouvait être une ode à la joie ou alors, une invite à la mélancolie.
Mais vous le savez bien les goûts et les couleurs font rarement l’unanimité.
Les gens colportaient des tas d’histoires mais il ne se trouva personne pour vérifier les propos tenus.
Unai fit son apparition avec le solstice d’hiver. Il était rayonnant, métamorphosé, comme si les évènements glissaient sur lui.
Les commentaires reprirent de plus belle. Certains commençaient à jalouser sa bonne fortune, son attelage magnifique, la grâce de ses mouvements.
Les filles à marier après l’avoir longtemps dédaigné, ignoré, commençaient à le considérer comme un bon parti…
Unai fut l’objet d’attentions qu’il ne remarqua même pas.
L’acquisition d’un matériel de plus en plus insolite, pour qui connaissait le métier de charbonnier, l’accaparait.
Néanmoins, il dispensait des propos agréables à chacun, plaisantait avec les pêcheurs, conversait avec un berger au détour d’un sentier…
Il prit ainsi connaissance des commentaires que les gens échafaudaient au sujet de curieuses peintures dans les arbres, en pleine forêt. Unai ne tarda pas à réaliser que son travail attirerait tôt ou tard la curiosité de ses contemporains. Il finirait par les guider involontairement jusqu’à la vasque, et là, qui pouvait deviner ce qui se produirait…
Ces premières réflexions l’alarmèrent car il lui serait désormais difficile de se passer de cette forme d’expression. Devait-il abandonner son art ou bien tout simplement le pratiquer en des lieux situés à l’opposé de celui qu’il cherchait à protéger.
Oui, bien sûr !
Là se trouvait la solution !
Il lui suffirait de changer de versant ou même de se rapprocher des habitations les plus isolées. Il pourrait ainsi poursuivre à loisir l’ensemble de ses activités
Sa décision prenait corps. Il décida alors d’écourter son séjour parmi les hommes.
Unai demeura deux jours au village, puis reprit le chemin de la forêt. Il marchait d’un pas vif que rythmaient les sonnailles de ses mules et de ses chevaux.
par Kirikino
publié dans :
Conte Lunaire de Kirikino
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