Mercredi 28 novembre 2007

 
Vous pouvez maintenant lire le conte dans sa totalité en cliquant ici.

lettrine-L3.jpgLa fréquentation des femmes : pauvre Unaï …
Non pas qu’il soit vilain garçon, bien au contraire. Bien bâti et joliment charpenté, un sourire aux dents saines illuminait un visage… terne, il faut bien le dire, terne, bien terne.
Enfin terne, noiraud voire sale… Que veux-tu que je te dise : on ne manipule pas du charbon comme de la farine.
L’intensité des efforts à fournir, la surveillance du foyer, contraignaient Unaï à  travailler le plus souvent torse nu. Aux morsures du soleil, il fallait ajouter la poussière du charbon de bois qui, mêlée à la sueur, s’incrustait profondément dans la peau.
Bien qu’il fut d’un naturel propre et qu’il se lavât dans les cours d’eau une fois sa journée de labeur achevée, il avait beau se frotter à se meurtrir la peau, son teint ne retrouverait jamais celui d’origine. C’était comme cela, il lui fallait vivre avec…

Je vois à ton expression, que tu l’imagines en pleine misère sexuelle…
Détrompes-toi, cela ne se passait pas trop mal pour lui.
Lorsqu’il se rendait au village, il se trouvait toujours quelque rustaude, qui préférait sa peau fanée à l’odeur d’étable ou de poisson que dégageaient d’éventuels soupirants.
Son problème résidait davantage dans son cadre de vie. Aucune des pauvrettes auxquelles il proposait l’aventure, même parmi les plus hardies, n’était disposée à partager sa vie dans la solitude des bois et des bêtes sauvages.
Voilà, c’est tout simple comme explication.
On s’aventurait en lisière des futaies, pour ramasser du bois mort pour une flambée, des baies ou quelques champignons, mais jamais, on ne s’enfonçait au cœur de la forêt : un monde peuplé de mauvais esprits, de sylvains, de créatures fantastiques et autres billevesées.
La vie était tellement simple dans la vallée : on cultivait quelques arpents de céréales, on élevait un peu de bétail qui servait de monnaie d’échange avec les villages voisins, et surtout, on vivait de la pêche du saumon qui remontait en abondance les cours d’eau des environs.
Une vie simple, tranquille sans aléas majeurs. Monotone et saisonnière sans doute, car elle dépendait de la fraie des saumons, mais qui plaisait au plus grand nombre.
Au plus grand nombre, sauf à Unaï, qui se complaisait dans la quiétude des bois, dans le chant des montagnes escarpées…
Mais, l’indépendance se paie au prix fort. Unaï en savait quelque chose. Et cette question d’âme sœur, même si il ne se la posait pas en des termes aussi poétiques, lui taraudait l’esprit, à défaut d’autre chose.

Les années passaient, la communauté prospérait.
À défaut d’emplacements vacants dans la vallée, de nouveaux foyers voyaient le jour sur les contreforts de la montagne. L’air embaumait le copeau de hêtre, et cette odeur si caractéristique des fumoirs à poissons.

Unai, quant à lui, menait toujours la même vie solitaire. La demande en charbon de bois augmentait, et les cours progressaient de pair, ce qui eut pu améliorer ses conditions de vie.
On pouvait d’ailleurs juger de son aisance à son équipage de mules et chevaux de bâts. Des bêtes magnifiques, bien entretenues, aux harnachements chamarrés, aux clarines tintinnabulant joyeusement tandis qu’il effectuait ses livraisons de charbon, deux fois l’an, comme à l’accoutumé.
Mais Unai devenait de plus en plus terne, de moins en moins loquace. Son magnifique sourire, qui jadis brillait comme un phare dans la nuit, il le réservait maintenant à ses poulains et aux animaux sauvages.
Certes, on lui achetait volontiers son charbon, mais la communauté le considérait comme un marginal, certains le qualifiaient même de sorcier.
Quel homme digne de ce nom pouvait ainsi vivre isolé comme une bête sauvage.



par Kirikino publié dans : Conte Lunaire de Kirikino
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Mardi 27 novembre 2007
IMG-0890.JPG
Surpris par le gel
Feuillage fait ses adieux
Pleure l’acacia










Titre de la photo : Feuilles mortes dans un ancien lavoir / Halsou / Pays Basque
Photo :J. Irubetagoyena                    
Haïku : Kirikino
par Kirikino publié dans : Haiku solidaire
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Mardi 27 novembre 2007
IMG-0442.JPG
Meurt sur la grève
La vague bouillonnante
Roule le gravier

Roulis de galets
Au creux de chaque marèe
Le chant des sirènes





Titre de la photo : Vague / Boucau / Pays Basque
Photo :J. Irubetagoyena                    
Haïku : Kirikino (Haïku N°1) , Jo (Haïku N°2),

par Kirikino publié dans : Haiku solidaire
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Mardi 27 novembre 2007

Jean : Désolé, Kirikino, mais il va te falloir assurer le suivi du blog en solo durant au moins trois semaines, un mois.

Kirikino : Un mois, mais c’est une éternité pour moi. Que se passe - t’il ?

Jean : Tout simplement une montagne de travail que j’ai du mal à traiter et le retard s’accumule, s’accumule…

Kirikino : Je vois ça d’ici, en effet ! Mais je suis incapable d’aborder un sujet tout seul, moi ! Souviens-toi que mon rôle, mineur, dans toute cette histoire, se résume tout simplement à entretenir ta flamme, à entretenir ta motivation par mes questions…

Jean : Justement, c’est bien ce que je te demande : entretiens la flamme !
Tu connais le dicton : « le hérisson, un piquant, une histoire ! »

Kirikino : Connais pas celui-là. Tu l’auras sûrement inventé pour les besoins de la cause…

Jean : Cesses donc de tergiverser. Alors, tu assures la continuité ou pas ?

Kirikino : Entendu je te propose un conte lunaire, sur une période de 28 jours. Cela te convient-il ?

Jean : Parfait ! Super ! Je te revaudrais cela Kirikino..

Kirikino : Bien je te le raconte à l’ancienne, genre « Il était une fois et ainsi de suite»…

Jean : Super, j’adore… Prends ton temps, installes-toi confortablement !
Vous pouvez maintenant lire le conte dans sa totalité en cliquant ici.


par Kirikino publié dans : Conte Lunaire de Kirikino
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Mardi 27 novembre 2007

lettrine-I2.jpgLe Conte lunaire de Kirikino

Il était une fois un bûcheron ou plutôt un charbonnier qui répondait au nom de Unaï. Il passait le plus clair de son temps dans la forêt à abattre des hêtres, qu’il débitait en bûchettes. Il érigeait par la suite ces pièces de bois en de grandes meules, sur une petite parcelle, préalablement défrichée et aplanie pour les besoins de l’usage, au cœur même de la forêt.
Une fois sa pile de bois terminée, il recouvrait l’ensemble de feuilles sèches puis de terre. Un travail harassant ainsi que tu peux l’imaginer, mais qui ne rebutait pas Unaï, un garçon un peu fruste certes, mais vaillant, vaillant et courageux…
Enfin, il boutait le feu à l’ensemble qui se consumait lentement pour donner un charbon de bois, qu’il livrait deux fois l’an à un marchand du village, en bas, dans la vallée.
Le commerce des hommes en ces lieux retirés était des plus rares : un jeune garçon conduisant quelques pourceaux pour glaner faînes et châtaignes, un voyageur égaré avec qui il partageait un repas frugal…
Quant au commerce des femmes…
 
 
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par Kirikino publié dans : Conte Lunaire de Kirikino
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Lundi 26 novembre 2007

Jaune et tentateur
Cloué sur la clôture
L’appel du chemin

IMG-0118.JPG
Titre de la photo : Chemin de compostelle / Larressore / Pays Basque
Photo : J. Irubetagoyena                    
Haïku : Kirikino
par Kirikino publié dans : Haiku solidaire
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