Kirikino : Salut.
Jean : Bonjour l’ami. Tu as l’air bien calme ce matin. Si nous reprenions notre conversation de la veille.
Kirikino : Hum…
Jean : Voyons voir ! ainsi tu pratiques le haiku ?
Kirikino : Hum
Jean : Dérides-toi, cesses de te hérisser de la sorte pour des broutilles et, tiens, expliques-nous de quoi il retourne exactement.
Kirikino : Le haiku, tu l’as dit est un court poème d’origine japonaise. Je l’entends comme une vision instantanée des petits riens de la vie de tous les jours, du monde qui nous entoure. Par contre les mots, ou plutôt les syllabes sont comptées : 17 syllabes sur trois lignes, réparties théoriquement de la façon suivante 5-7-5. La force d’un haiku repose sur sa précision, sa puissance de suggestion et d’évocation, notamment l’évocation de la nature…
Jean : Intéressant ! Mais ce mode d’expression doit répondre à des exigences et des codes bien précis, n’est-ce pas ?
Kirikino : Si l’on s’en tient au haiku traditionnel, sans aucun doute, mais ce n’est pas ce que je recherche. Nous ne partageons pas, les japonais et nous, les mêmes références culturelles, aussi je m’affranchis très volontiers de ces règles là. Par contre, je respecte les saisons : c’est une façon de reconnaître notre place toute relative dans l’univers.
Jean : Vaste programme !
Kirikino : Voilà que tu adoptes à nouveau un ton moqueur !
Jean : Non, non détrompes-toi ! Pourrais-tu nous donner un avant-goût de ton art ?
Kirikino : Ainsi à brûle pourpoint ?
Jean : Oui, lâches-toi ! Allez …
Kirikino : Entendu, en voilà un :
Le matin, le geai
Vole à tire d’aile,
Largue une fiente.
Jean : Ha, Ha… Je m’attendais au pire… Nos lecteurs apprécieront…Ha, Ha…
Kirikino : Triste, tu es même pitoyable : que connais-tu de la sensibilité d’un hérisson…
Jean : Pas grand-chose, sinon rien, je l’avoue… Eh, ne t’en vas pas ainsi…
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