Samedi 5 avril 2008

Nous devons aux travaux de Louis Pasteur (1822-1895), la compréhension des processus fermentaires.

Kirikino : Avant Pasteur et ses travaux, les processus fermentaires sont connus et utilisés depuis l’Antiquité, pour produire des boissons ou des aliments (pensons au pain par exemple) énergétiques et au goût fort agréable. Si ces pratiques sont quotidiennes dans la plupart des sociétés humaines, l’interprétation du processus fermentaire est le plus souvent expliqué par des forces mystérieuses.

Jean : Des scientifiques comme Lavoisier, Gay-Lussac, Thénard, ou Dumas en étudiant la transformation du sucre de canne en alcool, permettent de progresser dans la compréhension du phénomène, sans toutefois mettre en évidence le rôle des levures, bien que ces dernières soient déjà identifiées.

Kirikino : Les travaux de Pasteur autorisent la compréhension du phénomène et sont ainsi, à l’origine d’une révolution sans précédent dans le domaine de l’industrie agroalimentaire ayant recours à ces processus (vinaigrerie, boulangerie, laiteries, vins et spiritueux…).

Jean : Pour la première fois, deux modes de vie des ferments sont identifiés : l’aérobiose (développement en présence d’oxygène) et l’anaérobiose (en l’absence d’oxygène). Chaque ferment possède une forme de résistance : la spore.

Kirikino : Il démontre également que le déroulement d’une fermentation alcoolique peut-être contrarié par le développement d’un micro-organisme à l’origine d’une fermentation lactique.

Jean : En effet ! À partir de ce moment, la condition pour conduire une bonne fermentation nécessite la pureté de ce même ferment.

Kirikino : Pasteur démontre également que l’équation de Gay-Lussac est incomplète.

Jean : Selon Gay-Lussac, une molécule de sucre donne deux molécules d’alcool éthylique et deux molécules de gaz carbonique. Or cette réaction n’est valable que pour 95% du sucre transformé. Il se forme également des produits secondaires comme le glycérol, l’acide lactique, l’acide succinique, etc…

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Mercredi 2 avril 2008

Quelles que soient les boissons alcoolisées consommées, la quantité d’alcool pur ingurgitée se mesure par ce que l’on définit sous le terme d’unités d’alcool.

Kirikino : Lorsque vous pénétrez dans un bar et que vous commandez une boisson alcoolisée, la quantité d’alcool pur quelle que soit la boisson que vous consommez, est sensiblement égale.

Jean : Dans un bar s’entend bien, car dans les verres que vous servez à la maison, les doses sont « plus généreuses » que les doses consommées au bar. En fait la taille et les formes traditionnelles des verres sont adaptées à la densité en alcool du breuvage.
Dans tous les cas, lorsque vous ingurgitez un verre, vous consommez l’équivalent d’une « unité d’alcool ».

Kirikino : Une « unité d’alcool » ? Tu peux préciser ce que l’on entend par unité d’alcool.

Jean : Pour connaître de façon précise le nombre d’unités d’alcool contenues dans une bouteille de boissons alcoolisées, il suffit de multiplier le volume en centilitres par le degré d’alcool et par 8 puis de diviser par 1000.

Kirikino : Tu parles d’un calcul ! Pourquoi pas l’âge du capitaine ?
Prenons plutôt le cas d’une bouteille de vin de miel Kirikino !

Jean : Une bouteille d’hydromel Kirikino Ilargian doux par exemple contient 50 cl et titre 11 degrés.
Le nombre d’unités d’alcool par bouteille de vin de miel sera le suivant :
50 cl x 11degrés x 8 / 1000 = 4,4 unités d’alcool par bouteille.

Kirikino : Soit ramené au verre d’hydromel.

Jean : On considère qu’une bouteille de nos vins de miel contient l’équivalent de 7 à 8 verres. L’intensité aromatique du produit fait que l’on en sert moins qu’un verre de vin par exemple.
Donc pour un verre d’hydromel contenant environ 7 cl, on consommera l’équivalent de 0,6 unités d’alcool.

Kirikino : Alors qu’un verre de vin contient une unité d’alcool par verre.

Jean : Oui, mais tout dépendra nous l’avons vu des quantités versées dans le verre en rapport avec le degré alcoolométrique de la boisson.

Bibliographie :
Guide pratique pour faire le point sur votre consommation d’alcool – INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé).

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Mercredi 26 mars 2008

On ne saurait dire exactement quand l’homme découvre pour la première fois les boissons fermentées. Mais les découvertes archéologiques rapportent qu’il en produit depuis plus de 10 000 ans. Dix mille ans pour que l’homme prenne conscience des effets sur son organisme, d’une alcoolisation massive.

Kirikino : Nous devons le mot alcool aux alchimiste, mais le terme d’alcoolisme, demeure un mot de notre vocabulaire somme toute récent.

Jean : Nous le devons à Magnus Huss, qui en 1848 introduit ce terme pour désigner l’ensemble des troubles engendrés par l’abus d’éthanol.
Fouquet en 1966, présentera une approche radicalement différente, en définissant l’alcoolisme comme une perte de liberté envers l’alcool.

Kirikino : A partir de cette date, les nouvelles définitions de l’alcoolisme prennent compte des troubles des comportements, des manifestations organiques et des complications médico-psycho-sociales de l’alcoolisation.

Jean : On considère donc maintenant, l’alcoolisme comme un état pathologique caractérisé par une alcoolodépendance et/ou une alcoolopathie.

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Mercredi 19 mars 2008

Parmi les nombreux vocables régionaux pouvant désigner l’hydromel, on trouve en Haute Bretagne le mot « chamillard »

Kirikino : Pour ma part, je ne qualifierai pas le « chamillard » d’hydromel, tout au moins si l’on se réfère aux informations que tu as pu glaner ça et là.

Jean : Le « chamillard » désigne une boisson à base de miel produite en Haute Bretagne. Rassemble-t’il les qualités des hydromels produits de nos jours ? Il faut croire que non.
M.E Marzelle, dans sa contribution au rapport sur les hydromels pour l’exposition universelle de Paris en 1889, nous en fait une description effrayante.
« L’hydromel commun de Bretagne , plus connu sous le nom de chamillard est par lui-même une piètre boisson. Sa valeur est de 10 à 20 francs la barrique selon que le cidre est plus ou moins recherché. On les obtient de deux façons et de deux couleurs différentes, qui tiennent au mode de lavage dont sont traités les rayons servant à les obtenir. Dans le premier cas, ils proviennent du résidu des eaux froides qui ont servi à laver les miels et les tourteaux de cire ; dans le second cas, ils sont extraits des eaux chaudes dont on se sert pour fondre les cires grasses. C’est ce qui explique pourquoi les premiers ont une couleur ambrée, analogue à celles de nos cidres, tandis que les seconds ont un aspect noirâtre. Les marchands de Bretagne, qui achètent les ruches aux cultivateurs, sont presque tous en même temps, fabricants de miels et de cires, et par conséquent produisent des hydromels (….) On admet généralement que 500 kg de miel trituré dans les fabriques produisent 300 litres d’hydromel commun (…) »

Kirikino : Brr ! Cette description me fait frémir. Quand on connaît les soins jaloux avec lesquels tu produis des vins de miel…
Heureusement que ces pratiques ne sont plus d’usage, car elles ont contribué à la mauvaise image, et au déclin d’une boisson qui ne méritait pas cela.

Jean : Ne généralisons tout de même pas car le narrateur poursuit :
« (…) Il n’en est pas tout à fait ainsi dans les contrées du centre de Bretagne non-productrices de pommes (…) et dans presque toutes les autres régions. C’est là qu’on fabrique de véritables hydromels purs, à raison d’un demi-kilo de miel par litre d’eau (…) »
.
Bibliographie :
Exposition universelle internationale de 1889 à Paris. Rapports du jury international / Groupe VII. - Produits alimentaires (2e partie) Classe 73 (2e partie) / Rapport sur les hydromels

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Samedi 15 mars 2008

X° siècle, l’ambassadeur du calife de Bagdad assiste aux funérailles d’un chef Viking. Après nous avoir décrit les préparatifs, il nous  relate maintenant la cérémonie d’incinération.

Jean : Bientôt tout est prêt. On dépose sur l'embarcation, le lit sur lequel dormait le mort, matelas et coussins de brocart.
Une veille femme dénommée «l’ange de la mort » supervise tous ces préparatifs. Il lui reviendra également le rôle de tuer la jeune esclave.
Enfin, l’assistance se dirige vers la sépulture provisoire du mort. Ils déterrent le tout : le mort et la nourriture déposée dans la sépulture destinée à accompagner le défunt (hydromel, fruits…)

Kirikino : Le défunt est alors paré de ses riches habits mortuaires, installé sur le matelas, maintenu assis par des coussins. On dispose tout autour de lui, l’indispensable hydromel, des fruits des plantes odorantes, du pain, de la viande et des offrandes que l’on sacrifie pour l’occasion : un cheval que l’on aura fait galoper au préalable, une chien, une vache, un coq, une poule.

Jean : Les préparatifs vont bon train et durant cet intervalle, la jeune esclave qui doit accompagner le mort, visite tour à tour les différents chefs du camp, et partage leurs couches. Et ceux-ci de lui déclarer une fois la copulation finie : « Dis à ton maître que nous l’avons fait par amour pour lui ».

Kirikino : Ahmad Ibn Fadlan poursuit sa narration au sujet de la jeune esclave destinée à accompagner le mort, de la façon suivante :
« (…) Après, les hommes l’entourèrent  de leurs boucliers et de bâtons. Ils lui donnèrent une coupe d’hydromel qu’elle but d’un trait. Ensuite la jeune femme chanta quelques strophes d’adieu à ses amies. Ils lui remirent une autre coupe et bien d’autres encore, puis elle entra dans le lieu qu’occupait le cadavre de son maître (…).

Jean : La prêtresse poignarde la jeune femme en plein cœur, tandis que deux hommes l’étranglent à l’aide d’une cordelette pour épargner ses souffrances.
Alors le plus jeune des parents du mort, complètement nu, à l’aide d’une torche boute le feu au drakkar….

Kirikino : Cette description démontre l’importance de l’hydromel dans l’accomplissement des rites funéraires de ce peuple, élément que nous retrouvons dans la mythologie scandinave

Bibliographie :
"Intimidades de la Historia", de Carlos Fisas / Editorial Planeta

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Samedi 15 mars 2008

Au début du X° siècle, un ambassadeur Arabe rapporte le déroulement des funérailles Vikings. Si le défunt est un homme pauvre, on le place dans une barque rudimentaire et on l’incinére . Mais dans le cas d’un homme au statut social élevé, la cérémonie prend une tout autre dimension.

Kirikino : Au X° siècle, Ahmad Ibn Fadlan, ambassadeur du calife de Bagdad relate les rites funéraires célébrés par les Vikings, qui, au cours de leurs incursions, étaient parvenus jusqu’au Fleuve Volga.
«(…) S’il s’agissait d’un homme riche, »décrit-il, « on faisait de sa fortune trois parts : une pour sa famille, une autre pour les vêtements mortuaires, une autre pour préparer une boisson forte, appelée « nabih » (du nom de l’hydromel en arabe), que les redevables et amis du défunt buvaient sans relâche jusqu’au jour de l’incinération du cadavre(…) ».

Jean : Les chefs Vikings de l’époque étaient incinérés en compagnie d’esclaves « volontaires » (ou désignées). Il est donc demandé à l’assistance « Qui veut accompagner le défunt ». Si une personne dit « moi », elle ne pourra en aucun cas faire marche arrière.

Kirikino : La jeune esclave (car le plus souvent, ce sont les femmes qui s’offrent en sacrifice) est séparée de la famille et confiée à deux jeunes filles, qui vont prendre soin d’elle jusqu’au jour de la cérémonie.

Jean : La communauté se livre alors aux préparatifs de la cérémonie : confection des habits que devra porter le cadavre, édification du bûcher sur une barque échouée sur la plage et réservée à cet effet.

Kirikino :  Et, pendant tout le temps des préparatifs en vue de l'incinération, la jeune esclave boit de l’hydromel et chante.


Bibliographie :
"Intimidades de la Historia", de Carlos Fisas / Editorial Planeta

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