Mercredi 5 décembre 2007

Fin novembre, la nuit est bien installée.  Je roule doucement sur ces petits chemins étroits. Dans le coffre, le vélo d’Antton brinquebale, cogne les vitres par à coups.
Antton est le plus jeune de mes fils. Vous le connaissez sûrement au travers de ses contributions photographiques, qui paraissent lors de la publication des haïkus solidaires de Kirikino.
Installé à mes côtés nous devisons, tranquilles, pas forcément pressés de rentrer. Lui, parce qu’il vient d’évacuer son trop plein d’énergie après avoir enchaîné entraînement de pelote et de foot, moi, car du travail m’attend encore au bureau…

Nous parvenons presque à la maison, quand, un hérisson traverse la route.
« Arrêtes-toi » me demande Antton.
J’obtempère, mal garé sur le bas-côté de cet étroit chemin.
Antton reprend : « C’est encore un signe ! »
« Quel signe ? »
« Kirikino, le jour de la pleine lune, Kirikino Ilargian, cela ne peut que marcher ! »

Antton, je ne demande qu’à te croire, et en ce moment, j’en ai bien besoin…

A propos de pleine lune, nous renouvelons l’opération « dégustation gratuite »  les 24 et 25 décembre prochains.
Nous invitons ceux qui ne les connaissent pas encore à découvrir les modalités de participation.
Nous vous demanderons simplement d’attendre que soit publiée l’annonce de l’invitation à la dégustation gratuite le 24 décembre 2007 au matin, avant de nous faire parvenir vos mails.


L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
par Kirikino publié dans : Dégustation vin de miel
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Mercredi 5 décembre 2007

Vous pouvez maintenant lire le conte dans sa totalité en cliquant ici.

 lettrine-U2.jpg
Unaï répéta ce manège plusieurs jours d’affilée.
Il en oubliait presque de manger. Amaigri, efflanqué et fatigué, il aurait fait peine à voir si son regard n’avait exprimé autre chose qu’une profonde quête, quelque chose qui ressemblait au bonheur.

Au septième jour, tandis qu’il surveillait la vasque, il entendit du fond de son fourré de myrtilles un chuchotement dans l’obscurité.
Il tendit l’oreille. À portée de sa main, un hérisson mâchouillait un escargot. On entendait distinctement la coquille se briser entre les dents pointues du petit animal. Unai se concentra à nouveau sur la vasque, quand le chuchotement reprit, plus distinct cette fois, toujours en provenance du hérisson.
La petite voix disait : « N’as-tu point encore compris qu’il te faut attendre la prochaine pleine lune ».
Unai se retourna disposé à en entendre davantage, mais le hérisson poursuivait son errance à la recherche de menus insectes.
« N’as-tu point encore compris qu’il te faut attendre la prochaine lune, la prochaine pleine lune ».
Cela semblait si évident.
Ne dit-on pas qu’il faut toujours écouter les propos du hérisson, qui est la voix de la sagesse…

Lorsque Unai regagna son campement au petit matin, il savait ce qu’il lui restait à entreprendre d’ici la prochaine pleine lune.



par Kirikino publié dans : Conte Lunaire de Kirikino
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Mardi 4 décembre 2007
IMG-0699.JPG
De blanc mouchetés
Les étourneaux sansonnets
Mangent nos kakis










Titre de la photo : Kaki entamé par un étourneau  / Pays Basque
Photo :J. Irubetagoyena                    
Haïku : Kirikino
par Kirikino publié dans : Haiku solidaire
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Mardi 4 décembre 2007


Vous pouvez maintenant lire le conte dans sa totalité en cliquant ici.

lettrine-L5.jpg
Le courant tumultueux le déposa dans la vasque aux eaux turquoises. Comme la veille, une grande sérénité envahit Unaï.
Il fit le tour de la vasque scrutant les profondeurs, mais rien ne trahissait la présence du merveilleux saumon.
Un banc de vairons nageait tranquillement en zig zag  à une vingtaine de centimètres de la surface. Unai retint sa respiration : voilà qui constituait une proie facile pour l’énorme poisson. Les innocents vairons poursuivaient leur sarabande aquatique. La surface des eaux demeurait calme : Il fallait se rendre à l’évidence, ce saumon-là s’était tant empiffré la veille, qu‘il lui faudrait pas mal de temps avant de ressentir les effets de la faim.

Il s’enquit alors des traces du passage de la belle et de sa petite troupe. Mais point d’herbe foulée, de branchette cassée, rien qui permette de vérifier qu’il n’avait pas vécu un songe.
Dépité mais point découragé, il entreprit alors de découvrir une faille, un gouffre ou un quelconque passage qui permettrait à Belle des Bois et compagnie de disparaître aussi rapidement.

Cette fois encore sa recherche fut vaine. Néanmoins, ainsi équipé de sa hachette, il se fraya de discrets cheminements qui lui permirent de prendre connaissance de la géographie des lieux.

Il fallait se rendre à l’évidence : le torrent seul autorisait un accès naturel, ô combien difficile…
Il regagna la petite plage de graviers et s’accorda un petit somme réparateur.
Lorsqu’il se réveilla quelques heures plus tard, la nuit tombait. La lune décroissante éclairait de sa belle lumière la végétation, quoique plus faiblement que la veille.
Pour tromper son attente, Unai entreprit de se gaver de myrtilles et de framboises.
Le jour se leva. Unai observait toujours la surface de la vasque, point de remous, point de saumon, point de Belle des Bois, point de fifres et de tambourins…

Il emprunta la même voie de sortie, mais cette fois manqua de se noyer.
Malheureux, éreinté, il retrouva son campement par le chemin des crêtes, après de nombreux arrêts dus à des petits soucis digestifs, provoqués par une ingestion importante de myrtilles et d’eau froide.



  
par Kirikino publié dans : Conte Lunaire de Kirikino
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Lundi 3 décembre 2007
IMG-0488.JPG
Un tapis de feuilles
Jaunes, au pied de l’arbre
Pour mieux les compter ?











Titre de la photo : Feuilles de tulipier de virginie à l’automne  / Pays Basque
Photo :J. Irubetagoyena                    
Haïku : Kirikino

par Kirikino publié dans : Haiku solidaire
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Lundi 3 décembre 2007

Vous pouvez maintenant lire le conte dans sa totalité en cliquant ici.

lettrine-U5.jpgUnaï dût faire un long détour par les crêtes escarpées de la forêt. Il crut même à plusieurs reprises s’être perdu. Enfin, il retrouva ses mules et ses chevaux qui paissaient, tranquilles, dans la clairière où il avait établi son campement de fortune.
Il s’accorda une petite collation, dans un état de surexcitation qui lui était inhabituel.

Unaî ne savait pas encore qu’il tombait en amour : ce trouble temporaire, si particulier chez vous les hommes, susceptible de vous procurer les plus grandes joies, comme de vous apporter les plus grands tourments…

Il passa ses mules et ses chevaux en revue. Un grand sourire imbécile lui fendait la bouche, découvrant ses belles dents blanches, bien alignées, qui contrastaient avec son teint terne, si terne.
Il se saisit de ses haches qu’il entreprit d’affûter sur une meule de pierre. Mais aujourd’hui, il n’avait pas le cœur à l’ouvrage. Ces pensées le ramenaient sans cesse à la vasque, à la belle… la « Belle des bois ».
C’est ainsi qu’il la nomma.

Remarques au passage la banalité du nom : « Belle des Bois ». Notes également que j’ajoute des B majuscules histoire d’y donner un peu de relief. Que veux-tu, il aurait pu se fendre de prénoms plus délicats comme : Ondine, Ureder Anderea, que sais-je encore ! Mais je m’égare, nous ne sommes pas là pour en juger… Reprenons plutôt le fil de ce récit .

(…) Ces pensées le ramenaient sans cesse à la vasque, à la Belle des Bois.
La meule de bois, terminée la veille, attendait sagement qu’il y mît le feu.
En temps normal, Unai aurait démarré sa journée par ce geste, de peur qu’une pluie ne vienne endommager la couche de terre qui la recouvrait.
Mais la Belle des Bois occupait tout l’écran de son monde intérieur.
Il choisit parmi le fatras de son outillage une hachette bien équilibrée et bien affûtée. Il la recouvrit d’un étui en cuir, se l’attacha à la ceinture. Puis tout guilleret, il courut en direction du torrent qui grondait toujours, en contrebas.
Il entra dans les eaux fraîches et se laissa porter par le courant…

 
par Kirikino publié dans : Conte Lunaire de Kirikino
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