Que les abeilles viennent à partir et l’Etxe serait privée de cire.
Les « ezkoak », cires de deuil proviennent du rucher familial. Si à la récolte du miel, une petite quantité est gardée pour encaustiquer les meubles, la majeure partie de la cire d’abeille obtenue après extraction du miel est réservée à la confection des rouleaux de cire filée : les « ezkoak ».
A ce titre et en raison de l’importance des « ezkoak » au sein des rites funéraires Basques, les abeilles font l’objet de nombreux égards. Ainsi à chaque décès d’un membre de la famille, on s’approche du rucher pour prononcer les paroles rituelles : « Abeilles nous vous faisons savoir qu’un tel est mort ».
On annonce également aux abeilles l’arrivée de la jeune épouse, future « maîtresse des cires de deuil », une fonction que cette dernière aurait du mal à remplir si par malheur les abeilles ne l’acceptaient pas…
L’ezkoa : emblème de la vie éternelle
Le peuple basque, « peuple solaire », dès ses origines voue un culte au soleil : stèles discoïdales, « lauburu » (croix basque), les différents jeux de pelote Basque…
Il n’est donc pas étonnant que la lumière de l’ezkoa, ce cierge en cire d'abeille, béni à l’occasion de la chandeleur, symbolise l’âme du défunt. Pour un peuple obsédé par ses relations avec l’au-delà, la cire filée, en raison de la lumière que dégage sa combustion ainsi que par son infinie longueur, est emblème de vie éternelle. Son usage est donc réservé aux cérémonies religieuses liées aux défunts, tout simplement pour affirmer la vie.
On comprend que son utilisation soit confiée à la femme qui donne la vie, entretient et cultive le souvenir du disparu au moment du grand passage…
Photo : Ezkoa (cire rituelle de deuil) - Jean Irubetagoyena
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