Kirikino Apiculture et abeilles Apiculture au Moyen Age Les bigres : agents forestiers du moyen age chargés de capturer les essaims d’abeilles sauvages

Les bigres : agents forestiers du moyen age chargés de capturer les essaims d’abeilles sauvages

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Miels et cire constituent au Moyen Age des ressources de grandes valeurs. Pour veiller sur ces ressources naturelles, les bigres se voient confié la surveillance et le suivi des abeilles sauvages.

Le terme bigre (du mot latin bigrus) trouve ses origines dans le latin « apiger » « qui gouverne les mouches » à miel ou encore « apicurus » « qui a soin des abeilles ».
Au moyen âge, nous le savons cire et miel correspondent à des ressources naturelles de grandes valeurs. La première pour la fabrication des cierges liturgiques et la seconde en raison du fait que le miel constitue pratiquement le seul édulcorant connu, et de plus, qu’il constitue la matière première indispensable à la fabrication des hydromels et bochets, breuvages forts appréciés…

Or l’apiculture telle qu’elle est pratiquée à cette époque est des plus rudimentaires. On se contente de surveiller les essaims sauvages, de débiter les troncs dans lesquels ceux-ci ont trouvé refuge et au moment de la récolte d’en piller le butin de cire et de miel par étouffage. L’essaim est alors condamné. Une pratique qui nous apparaît aujourd’hui criminelle, mais, dont les contemporains du Moyen Age n’avaient cure tant les nombreuses forêts abondaient d’abeilles sauvages.

A partir du XII° siècle, dans les chartes latines et françaises, on retrouve donc désignés sous le nom de « bigres », ces gardes chargés de la surveillance des abeilles sauvages (les « bigreries ») et de la récolte des miels et cires issus de ces mêmes essaims. Mais leur fonction la plus importante consiste en la récupération des essaims sauvages susceptibles de coloniser à nouveau les ruches troncs.

A cette fin, les bigres détenaient donc le droit de couper et d’abattre les arbres dans lesquels les essaims se trouvaient. Un droit dont ils firent un usage abusif car les ressources forestières de l’époque étant fortement sollicitées, ils s’abrogèrent le droit de s’attribuer tout le bois de chauffage nécessaire à leurs besoins personnels et même au-delà…
Des abus de pouvoir sûrement à l’origine de l’extension du mot bigre pour désigner « un homme rusé, subtil, adroit et méchant, qui sait se retirer des affaires les plus embrouillées… »

Sources et bibliographie :
Journal des pharmacies et des sciences accessoires – rédigé par MM Bouillon-Lagrange, Planche, Boullay, Boudet, Virey, Pelletier, Bussy, Soubeiran, Henry -Tome XII – Chez Louis Colas Fils – Paris – 1826

 

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