Kirikino Apiculture et abeilles Chasseurs-cueilleurs de miel Des chasseurs de miel aux chasseurs d’essaims

Des chasseurs de miel aux chasseurs d’essaims

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Bien vite l’homme va réaliser qu’il est plus commode de capturer des essaims que de pratiquer l’activité somme toute aléatoire de chasseur de miel. Il devient alors chasseur d’essaim et entreprend de « domestiquer » l’abeille sauvage

Kirikino : Peut-on affirmer que le processus de capture des essaims commence avec les débuts de la sédentarisation.

Jean : Le phénomène est sans aucun doute lié, mais l’approche n’est pas aussi définitive que tu le laisses entendre. Certaines populations nomades capturent des essaims et « transhument » avec leurs ruches.
Donc, à mon avis, la sédentarisation n’est pas le facteur déterminant susceptible d’expliquer le phénomène.
J’opterai plutôt pour un processus de rationalisation.
La chasse au miel suppose un repérage la colonie, puis une destruction partielle ou totale de celle-ci pour s’approprier son miel. Cela implique également l’année suivante, la surveillance de nouvelle zone, voire des déplacements plus importants pour une récolte somme toute hypothétique.

Kirikino : Donc très tôt l’homme a réalisé qu’il avait tout intérêt à s’approprier la colonie, ou tout au moins à la garder à ses côtés.

Jean : Très juste. Le plus simple est donc de capturer un essaim sauvage lors de l’essaimage et de le loger dans une ruche rudimentaire confectionnée de paille, torchis ou de poterie, ou encore aujourd’hui de l’implanter dans une ruche moderne à cadres.
En Europe, et jusqu’au Moyen Age, on se contentait de moyens encore plus radicaux. Une fois la colonie d’abeilles sauvages repérée dans la forêt, on envoyait une équipe de bûcherons (les bigres) chargés d’abattre l’arbre, de le débiter et de ramener une partie du tronc peuplé d’abeilles au village : les fameuses ruches-troncs composées le plus souvent d’une partie d’un tronc de chêne évidé.

Kirikino : Tu parles d’une aventure ! Imagine un peu : scier le tronc avec les outils dont ils disposaient, en convoyer une partie sur un char à bœuf jusqu’au village… L’exercice se devait d’être piquant…

Jean : Mais les gens de l’époque ne s’embarrassaient pas de détails. D’autant plus que les techniques apicoles étaient des plus rudimentaires. Une fois la ruche « grasse », c’est-à-dire pleine de miel, on asphyxiait mortellement la colonie, et l’on s’appropriait le butin de cire et de miel.

Kirikino : Ouais, mais c’est reculer pour mieux sauter. Si tu dois te décarcasser tous les ans pour ramener un tronc rempli d’abeilles au village, je ne vois pas ou se trouve l’intérêt.

Jean : En fait, il y a un ! La ruche vide sert à piéger les nouveaux essaims.

 

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