Dans la mythologie grecque, Circé, grande magicienne, est versée dans l’art des empoisonnements et autres filtres à l’origine de métamorphoses. Pourtant Ulysse, suite aux conseils d’Hermes, saura déjouer ses plans et s’en faire une allièe .
La déesse Circé « aux beaux cheveux »*, est fille du soleil : Hélios et de l’océanide Perseis. Elle habite une île des Colchides : Eéa, dont le nom vous rappellera sans doute la Toison d’or, mais ceci est une autre histoire.
Nous retrouvons Circé dans le chant 10 de l’Odyssée tandis qu’Ulysse aborde les rivages de son île.
Ulysse dans ses errances maritimes ne sait ou se diriger. Il confie donc à une partie de ses hommes conduits par Euryloque de se rendre au palais de Circé dont il a aperçu la fumée du haut de la montagne qu’il vient de gravir.
La petite troupe trouve la déesse Circé (« aux longs cheveux »), dans son palais de pierres polies, entouré de lions et de loups apprivoisés, tissant une toile ambrosienne et chantant d’une belle voix.
Celle-ci leur ouvre ses portes et leur offre un cycéon composé de vin de Pramnios, de fromage, de farine et de miel doux, et mêle au pain un poison. Les hommes d’Ulysse une fois restaurés, Circé les frappe d’une baguette et les change en pourceaux.
Euryloque qui n’a pas souhaité pénétrer dans l’enceinte du palais retourne auprès d’Ulysse lui narrer la magie à laquelle il vient d’assister.
Ulysse, désireux de ne point abandonner ses compagnons à leur triste sort décide de se rendre au palais de Circé. En chemin il rencontre Hermès qui lui confie certaines recommandations ainsi qu’un remède afin que le charme de Circé n’ait point de prise sur lui.
Ulysse obtient ainsi de la belle déesse que celle-ci libère ses compagnons mais également de l’aide pour la suite de son voyage, notamment des conseils pour échapper aux sirènes.
Dans ce chant d’Homère, nous succombons au charme de la narration. Aux images fortes et violentes des combats de l’Odyssée, succèdent des descriptions imprégnées de douceur, évoquant le calme et la beauté, comme ainsi chez Circé :
« Et les servantes s'agitaient dans la demeure ; et elles étaient quatre, et elles prenaient soin de toute chose. Et elles étaient nées des sources des forêts et des fleuves sacrés qui coulent à la mer. L'une d'elles jeta sur les trônes de belles couvertures pourprées, et, pardessus, de légères toiles de lin. Une autre dressa devant les trônes des tables d'argent sur lesquelles elle posa des corbeilles d'or. Une troisième mêla le vin doux et mielleux dans un cratère d'argent et distribua des coupes d'or. La quatrième apporta de l'eau et alluma un grand feu sous un grand trépied, et l'eau chauffa. Et quand l'eau eut chauffé dans l'airain brillant, elle me mit au bain, et elle me lava la tête et les épaules avec l'eau doucement versée du grand trépied. Et quand elle m'eut lavé et parfumé d'huile grasse, elle me revêtit d'une tunique et d'un beau manteau. Puis elle me fit asseoir sur un trône d'argent bien travaillé, et j'avais un escabeau sous mes pieds. Une servante versa, d'une belle aiguière d'or dans un bassin d'argent, de l'eau pour les mains, et dressa devant moi une table polie. Et la vénérable Intendante, bienveillante pour tous, apporta du pain qu'elle plaça sur la table ainsi que beaucoup de mets. Et Kirkè m'invita à manger, mais cela ne plut point à mon âme. »*
Source et bibliographie :
*Homère – Odyssée – Chant X – Traduction de Leconte de Lisle
Photo : Circé offrant du cycéon à Ulysse – Musée National Archéologique d’Athènes
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