Kirikino Apiculture et abeilles Rome antique et miel Les échanges de vœux et d’étrennes du nouvel an : toute la douceur du miel

Les échanges de vœux et d’étrennes du nouvel an : toute la douceur du miel

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janus
"Le Dieu Romain Janus assis"
Source: The Delphian Society
The World's Progress, Part III

(Hammond: W. B. Conkey Company, 1913)

Florida's Educational Technology Clearinghouse

A l’occasion de la fin de l’année, chacun d’entre nous se prépare à sacrifier au rituel du Nouvel An : échange de vœux et d’étrennes ; une pratique de notre monde occidental, héritée du modèle Romain.

Nous sommes les passagers impassibles du temps qui passe. Impuissant face au constat de cette fuite irréversible du temps, nous cherchons par tous les moyens à avoir une emprise sur celui-ci, à organiser ce temps afin qu’il serve notre épanouissement, notre bonheur.

Le passage du nouvel an constitue donc le passage d’un « temps usé » à un « temps neuf ».

Pour les Romains de l’Antiquité, ce premier jour des Kalendes de Janvier, constitue le concentré de toutes les actions possibles offertes par l’année à venir. De ce jour encore vierge de toute action humaine, il faut capter l’énergie. Le Romain s’adresse auquel cas au dieu Janus par la prière suivante : que l’année soit bonne heureuse et profitable (« quod bonum felix faunstumque sit »).
Curieux, ne pensez-vous pas ?.
Voilà une formule qui s’apparente fort aux vœux que vous vous apprêtez à transmettre à vos amis, le jour du nouvel an…

Si aujourd’hui nous sacrifions à ce même rituel, temps obligent, nous avons délaissé certaines pratiques en cours de route. Pour le Romain de l’Antiquité, ce jour n’était pas chômé, mais bien actif puisqu’il s’agissait d’accomplir une sorte de résumé de ses actions annuelles afin que celles-ci se développent au mieux.
Par contre nous avons conservé les rites sociaux qui vont avec : visites, fraternisation, embrassades, échanges de vœux et même des étrennes.

Les Romains s’offraient des présents issus de la nature et  porteurs de symbolisme.

Les étrennes ou « strenae » Romaines, obtenues de la nature environnante, se manifestaient par des branches de laurier dont on ornait l’entrée de la demeure, mais également, des présents. On offrait alors des dattes, des figues sèches, du miel…autant d’aliments chargés de valeurs symboliques.
Ne sont-ils pas porteurs de cette douceur que l’on souhaite à ses parents et à ses amis pour toute la durée de l’année ?

Citons à ce propos Ovide (Fastes – I) s’adressant au dieu Janus (une offrande à Janus, « le portier », rendait tous les dieux accessibles aux vœux échangés) :

« Que signifient ces fruits de palmier, ou ces dattes qu’on t’offre en ce jour ? Ces figues sèches et ce miel renfermé dans un vase blanc tout neuf ? Ces douceurs servent à tirer de bons présages pour le reste de l’année, afin qu’elle s’écoule et s’achève comme elle a commencé. » *

Des Romains à nos jours, la survivance d’un rite de passage.

Les « strenae » évolueront par la suite : les présents naturels ou alimentaires seront délaissés au profit de l’or ou de la monnaie. Avec la Romanisation,  cette pratique des étrennes s’étendra également aux peuples Barbares voisins. Nos étrennes contemporaines ne sont ni plus ni moins que la survivance de ces anciens rites.

Sources et Bibliographie :
L’homme Romain – Des origines au I° siècle de notre ère -  Michel Meslin – Editions Complexe
* Antiquités d'Herculanum; ou, Les plus belles peintures antiques, et les marbres, bronzes, meubles, etc. etc trouvés dans les excavations d'Herculanum, Stabia et Pompeïa /Sylvain Maréchal / Volume 9 / F.A David / Paris  / 1780

 

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