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| Pour agrandir cliquer sur l'image Achat de bougie en cire pour l'éclairage Tacuinum Sanitatis - XIV° siècle Image du domaine public Source : Wikimedia Commons |
De nos jours, une simple pression sur un interrupteur permet d’éclairer une pièce. La chandelle remisée dans un tiroir ou un placard de la cuisine, retrouve vie lors des pannes d’électricité. Un trait tiré sur un passé pas si lointain, ou la chandelle de cire demeurait réservée à une certaine élite.
Les chandelles de cire : nec le plus ultra jusqu’à la fin du Moyen Age
L’usage de la chandelle remonte à la plus haute Antiquité. Mais il y a chandelle et chandelle : la chandelle de suif, réservée au petit peuple et la chandelle de cire réservée aux maisons opulentes…
Question de symbolique (notamment en ce qui concerne les cierges liturgiques), mais également d’odeur et de commodité.
La cire d’abeille dégage en se consumant une odeur fort délicate, ce qui n’est guère le cas du suif, qui donne une flamme jaune et fumeuse…
La chandelle (bien que taxée) substitue la lampe à huile au Moyen Age en raison de sa simplicité d’utilisation (phénomène d’auto-alimentation) : pas de liquide à surveiller, de mèche qui charbonne à retailler, d’huile qui coule…
La chandelle de cire, beaucoup plus chère, affiche sa supériorité, car elle permet un éclairage de qualité sans se graisser les mains comme c’est le cas avec la chandelle de suif, dont la graisse dégouline lors de sa combustion.
La chandelle de cire d’abeille, privilège des élites
Jusqu’au Moyen Age, l’éclairage sommaire à l’aide de torches et flambeaux de cire demeure l’apanage des maisons de haut rang. Dans les maisons nobles, on laissait durant la nuit, brûler une chandelle de cire.
Philippe le Bel dans une de ces ordonnances alla même jusqu’à réserver le recours des chandelles et torches de cire à un petit nombre de personnes « élevées en dignité »… Dans une autre ordonnance, il précisa de même, l’interdiction de mélanger la cire au suif…
Cette distinction perdure longtemps encore, car Olivier de Serres indique, que de son temps (1600), « il existe des bougies de toutes les couleurs (…), ce type d’éclairage, ne convenant qu’aux grands seigneurs et aux princes, les autres devant se contenter de chandelles de suif.* »
De la chandelle à la bougie
Ce n’est qu’au XIV° siècle que l’on commence à désigner, les chandelles de cire sous le nom de bougies, du nom de la ville de Kabylie maritime : Bejaïa qui fournissait de grandes quantités de cire pour la fabrication des chandelles.
Les utilisations de la glycérine au XVIII° siècle, puis de la stéarine et de la paraffine, associées à la technique des mèches de coton tressées renvoient la chandelle aux oubliettes. La bougie affirme alors une suprématie, qui sera malgré tout éphémère, car à la même époque de nouvelles techniques permettent le recours à d’autres combustibles.
En effet, l’usage des huiles à brûler et de leurs lampes spécifiques va révolutionner l’éclairage (et dans le même temps amorcer l’exploitation abusive et éhontée des mammifères marins pour les besoins de leurs graisses animales…). Puis le gaz substituera peu à peu l’éclairage à l’huile pour être à son tour supplanté par la « fée Électricité ».
Source et bibliographie :
* Dictionnaire Historique des Institutions, Mœurs et Coutumes de la France / A . Chéruel / Librairie Hachette et Cie / Paris / 1855
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