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Cire d’abeille et calfatage des bateaux durant l’Antiquité

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La cire, matériau résistant à l’humidité, malléable et d’application aisée est utilisée dés l’Antiquité pour le calfatage des bateaux.

 

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Dionysos dans une embarcation,
naviguant parmi les dauphins.
Kylix attique à figures noires,
v. 530 av. J.-C. Provenance : Vulci.
Signature potier : Exékias /
Staatliche Antikensammlungen, Munich, Germany


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Sur l’ensemble du pourtour Méditerranéen, les navires marchands des habiles marins et commerçants Crétois, Phéniciens, Etrusques, Assyriens, Carthaginois… pratiquent le cabotage.
Bâtiments de commerce ou vaisseaux de guerre, certaines embarcations se sont sûrement aventurées au-delà des colonnes d’hercule pour affronter les rigueurs de l’océan Atlantique…

Daremberg et Saglio dans le Dictionnaire des Antiquités grecques et Romaines apportent une foule de précisions fort intéressantes sur la construction navale de l’époque, notamment sur les matériaux et en particulier l’usage de la cire comme matériau de calfatage :

« … Le Bois destiné aux bateaux n’était jamais séché complètement, car alors il serait devenu trop dur à courber dans les formes requises. Mais ordinairement on le laissait sécher quelque temps après l’avoir abattu ; on le laissait aussi se tasser après qu’il avait servi à la construction, car autrement les joints se seraient considérablement dilatés et auraient laissés passer l’eau.
On calfatait les joints en les bouchant avec de la filasse ou quelque autre matière d’emballage et en fixant le tout avec de la cire ou du goudron végétal ; la totalité du revêtement extérieur était protégée par une couche de goudron ou de cire ou par un mélange des deux. On faisait fondre la cire au feu jusqu’à ce qu’elle fût assez molle pour être étendue avec un pinceau ; le plus souvent on y ajoutait une couleur quelconque, de façon que le bateau recevait une couche de peinture à l’encaustique. »

Si le tonnage embarqué par les bâtiments de guerre s’avérait relativement peu important (environ 75 T), le fret transporté par les navires marchands s’élevait à des tonnages conséquents de 250 à 300 T. Certains bâtiments embarquaient des cargaisons encore plus importantes.

Selon Daremberg et Saglio, Pline rapporte la construction d’un navire en 40 après J.C destiné au transport jusqu’en Italie de l’obélisque du Vatican et de son piédestal : « Les deux fardeaux pesaient ensemble 500 tonnes et Pline dit que 800 tonnes environ de lentilles furent mises à bord comme ballast »
Ce bateau aurait donc transporté 1300 tonnes, soit 5 fois la cargaison des plus gros navires marchands de l’époque…

Les travaux récemment menés par le CNRS, mettent en évidence ces techniques décrites dans les méthodes de calfatage des bateaux Assyriens et Phéniciens. Ceux-ci utilisaient des compositions à base de térébenthine (du nom du pistachier résineux appelé térébinthe), de cire d’abeille, de goudron de charbon de bois et de bitume qui assurait un excellent comportement à l’humidité.

Si la description de ces différentes techniques séduit sur le plan de l’inventivité humaine, on a par contre du mal, à s’imaginer les quantités prodigieuses de cires d’abeilles qui auront été nécessaires pour les besoins des chantiers navals de l’époque…

Source et bibliographie
Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines / Charles Daremberg et Etienne Saglio / Librairie Hachette et Cie / 1877
« Le collage: un moyen ancestral, moderne et durable pour assembler. »
Article rédigé par Michel Barquins (Directeur de recherche au CNRS, laboratoire de physique et mécanique des milieux hétérogènes, ESPCI, Paris)

 

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