La peinture à l’encaustique constitue une technique très ancienne et très fiable en raison de la qualité, de la simplicité et de la résistance des matériaux (pigment et cire d’abeille) mis en œuvre
A une époque où les solvants en peinture ne sont pas encore connus, la cire offre l’avantage d’un matériau solide à température ambiante mais liquide dès qu’on le chauffe un peu. L’adjonction de pigments de différentes origines et couleurs permettent dés l’Antiquité la peinture sur panneaux. La technique améliorée par les Egyptiens, les Grecs, puis les Romains, permet d’aboutir à une grande maîtrise du modelé ainsi qu’en atteste le portrait du Fayoum exposé au Louvre.
De la cire pour peindre les bateaux
Mais à l’origine la peinture à l’encaustique se développe en raison de son excellente résistance en milieu humide, notamment pour la peinture des bateaux. Daremberg et Saglio rapportent à ce sujet, les propos de Pline :
« …Pline dit que sept sortes de couleurs étaient employées de cette manière : un pourpre, un violet, un bleu , deux blancs, un jaune et un vert. Il y avait aussi une teinte couleur de mer dont usaient les avisos et les pirates pour se rendre invisibles. Mais l’encaustique avait aussi une autre destination que de donner simplement aux bateaux une couche de couleur : des dessins soignés étaient exécutés sur les côtés, avec de grands groupes de figures aux extrémités, principalement à la poupe. Les plus anciens vaisseaux grecs, cependant, avaient seulement des touches de couleur à la proue, bleu, pourpre ou vermillon, le reste de la coque était noirci au goudron… »
Des bateaux, la technique s’étend à la peinture des statues, puis à celle des panneaux
A partir du V° siècle avant J.C, la peinture à l’encaustique gagne les statues pour protéger le marbre des attaques du temps, autorisant du même fait, des parures de couleurs vives.
Les artistes, dont c’est la spécialité : « les encaustes », s’enhardissent et la technique se développe pour la réalisation de fresques et de panneaux. Des panneaux aux icônes chrétiennes, il n’y a qu’un pas… La technique trouvera donc une extension dans les monastères des Balkans sous l’influence de Constantin.
Au IX° siècle, la technique de peinture de « tempéra à l’œuf » beaucoup plus simple dans sa mise en œuvre, permet de s’affranchir de la chauffe pour appliquer la peinture. La peinture à l’encaustique tombe alors en désuétude jusqu’au XIX° siècle. Au XX° siècle un artiste comme Victor Brauner, contraint durant la guerre d’utiliser des matériaux de fortune, dont la cire, lui redonnera ces lettres de noblesse*.
Source et bibliographie
Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines / Charles Daremberg et Etienne Saglio / Librairie Hachette et Cie / 1877
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