Kirikino Cire d'abeille Cire d’abeille et usages Du diptyque aux tablettes de cire médiévales : la cire, support de l’écrit

Du diptyque aux tablettes de cire médiévales : la cire, support de l’écrit

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Linos (inscription, à gauche) tenant un
rouleau de papyrus et Mousaios
(inscription, à droite) tient des tablettes
de cire pour écrire.
Médaillon d'une coupe attique
à figures rouges, 440-435 av. J.-C
Musée du Louvres
Image du domaine public
Source : Wikimedia Commons

Imperméabilisation des matériaux, calfatage des bateaux, peinture à l’encaustique, l’Antiquité fait grand usage de la cire. Mais ce matériau n’est pas seulement recherché à ces seules fins. Dés l’an 3000 avant J.C, la cire trouve une utilisation dans la correspondance, les écritures comptables…

Les tablettes de cire de l’Antiquité

De fines planchettes de bois (souvent de buis), creusées de cuvettes, reçoivent une couche de cire. Le support ainsi créé, il ne reste plus qu’à former les caractères à l’aide d’un stylet pour constituer une missive, ou encore un registre comptable… Et si par inadvertance le scribe commet une erreur de saisie, il lui suffit de lisser la cire à l’aide du bout rond du stylet et d’écrire à nouveau, proprement et sans rature, avec la partie pointue de ce même stylet.

Avec l’usage, on s’aperçoit rapidement que ces supports peuvent voyager facilement. Il suffit de relier deux tablettes de cire par les côtés, de les refermer et ainsi de protéger les écrits. Le diptyque vient de naître.
Pour s’assurer du caractère confidentiel du message, des fils de lin entourent le diptyque et sur leurs extrémités, on coule de la cire sur laquelle on applique un sceau.
En raison de sa simplicité et de sa commodité d’utilisation, le diptyque évolue rapidement, notamment sur le plan des matériaux : recours à des bois précieux, à l’ivoire (diptyques consulaires). Des artistes sont sollicités pour sculpter les parties extérieures à l’effigie du consul, et pour y reporter les insignes de sa dignité.
Petit à petit, ce support conquiert les grands dignitaires de l’église pour donner naissance à une nouvelle catégorie de diptyque : les diptyques ecclésiastiques ou « sacrés » constitués du double catalogue des vivants et des morts que l’on doit réciter durant le sacrifice…

Les tablettes de cire médiévale

Les tablettes de cire vont être d’un usage courant jusqu’au Moyen Age, dans tout l’occident médiéval.
Les moines copistes en font un grand usage et les utilisent à titre de brouillon.
La cire, selon des recettes héritées de l’Antiquité, n’est pas utilisée pure. Elle peut être mélangée à différents produits : de la poix notamment pour qu’elle reste malléable, où bien, d’autres substances en vue de la teinter.
Ces pages de bois et de cire reliées entre elles donnent naissances à de gros registres (cas des brouillons des comptes de l’hôtel du roi de France St Louis par exemple...)
A côté de ces gros registres figurent également des supports plus modestes appelés « carnets », objets précieux que l’on porte à la ceinture et qui servent à noter les faits quotidiens. Ce support est également décliné en fonction de la taille en « affiches » ou encore en « ardoises », supports permettant l’apprentissage de l’écriture aux enfants.
Ainsi, par ce biais, sous le couvert de documents scolaires, Héloïse pouvait ainsi échanger sur ces tablettes de cire, une correspondance intime avec Abélard, au nez et à la barbe de l’oncle Fulbert.

L’avènement du papier

A la fin du XIV° siècle, le papier devient courant et peu cher, et peu à peu détrône la cire. Seules quelques abbayes, jugeant la conservation du papier trop fragile, continuent d’avoir recours à ce support solide et d’utilisation aisée.

Source et bibliographie :
Élisabeth Lalou, « Les tablettes de cire médiévales : support, surface » [intervention du 7 mars 2002], dans Les matériaux du livre médiéval, séminaire de recherche de l’IRHT,
Élisabeth Lalou, « Le support de cire [annexe à la séance du 3 novembre 2005 consacrée aux Matériaux de l’écrit] », dans Le manuscrit dans tous ses états, cycle thématique 2005-2006 de l’IRHT, S. Fellous, C. Heid, M.-H. Jullien, T. Buquet, éds., Paris, IRHT, 2006 (Ædilis, Actes, 12)
Dictionnaire d’archéologie sacrée / Jean-Jacques Bourrassé Théophilus / Publié par J.P Migne / 1851

 

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