Tandis que le sabi tire sa connotation de la solitude du haïkiste, le Shiori semble tirer la solitude de la structure même du haïku. Le premier est lié à la philosophie de l’auteur, le second à sa technique poétique.
Etymologiquement, « Shiori » découle du verbe : « shioru », qui signifie «plier» ou «être flexible». À l'origine, donc, le Shiori décrit un haïku « flexible », au niveau des sens, et sur le plan de son interprétation ; soit un poème suffisamment ambigu pour autoriser plusieurs interprétations différentes.
Mais rapidement une confusion s’installe. Il existe un autre verbe : « shioru », écrit et décliné différemment, mais prononcé de la même façon et signifiant : « se faner ». « laisser tomber » ou encore « se flétrir ». Cette acception semble avoir trouvé son chemin dans les autres significations du Shiori. Ainsi, quand les poètes de l'école de Bashô l’utilisaient, le Shiori semblait faire référence à un haïku contenant plusieurs niveaux de sens et d’interprétations différents faisant référence à la solitude du sens premier, l’ensemble conjugué à l’atmosphère qui pourrait émaner de l'image d'une fleur qui se fane.
Le Shiori a donc évolué pour devenir une forme de sympathie mêlée d’ambigüité utilisée dans des vers délicats pour produire une image presque pathétique.
Les concepts de Sabi et Shiori expliquent deux des techniques particulières au haïku : le kireji, et le kigo.
Source et bibliographie :
Japanese aesthetics and culture – A reader - / Nancy G. Hume / University of New York Press / Albany / 1995
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