Le kireji en langue Japonaise est un « mot coupure » qui autorise dans le haïku un effet de transition.
Le recours au kireji, au même titre que le kigo (ou mot de saison), est obligatoire dans l’écriture d’un haïku traditionnel Japonais. Il consiste en un mot ou un suffixe qui marque une pause et permet ainsi de diviser le haïku.
Il permet lorsqu’il est placé en fin de ligne de conclure le verset. Il renvoie de ce fait le lecteur au début du poème, et joue en quelque sorte le rôle d’une occurrence circulaire. Un cas classique est le recours à un mot ou à un suffixe exclamatif.
Utilisé au milieu d’un vers, il va couper brièvement le courant de la pensée, en introduisant une pause et en intensifiant l’effet émotionnel des éléments antérieurs de la composition. Il participe de ce fait à l’effet des deux images associées (soit par juxtaposition, ou bien par opposition, association…)
Le kireji n’a pas d’équivalent en Français. On peut avoir recours à des pratiques de substitution comme les effets autorisés par la ponctuation ou bien le recours à un tiret placé en fin ou en milieu de vers, mais le plus souvent il se pratique sans « marquage ».
La finalité du kireji dans le haïku Japonais « traditionnel »
Le kireji est un mot utilisé dans les haïkus afin de diviser leurs structures en deux parties. Il peut ou non avoir sa propre signification, mais, sa fonction principale est de montrer que le flux du sens se trouve interrompu.
Il suit souvent le sujet de la phrase, en interrompant la phrase à un moment précis, et en laissant de côté les prédicats du verbe. Le résultat produit bien sûr de l'ambiguïté : le lecteur devant suppléer le verbe dans sa propre imagination.
Ce climat d’ambigüité particulier est censé transformer une émotion personnelle spécifique en un climat imprégné d’une atmosphère impersonnelle et vague.
Il trouve ses origines dans les concepts de « Sabi » et « Shiori ».
Emploi du kireji
La règle en usage dans l’écriture des haïkus veut qu’il ne soit fait qu’une seule fois recours au kireji. Vu sa brièveté, et en raison du petit nombre de syllabes imposé, la présence de deux « mots coupures » risquerait d’en brouiller le message et la portée.`







