Inscrire le haïku dans le temps, ne signifie pas pour autant mentionner le nom de la saison : printemps, automne…
Non, car la saison dont il est question est évoquée, parfois de façon vague ou bien très précise au moyen d’un kigo ou mot de saison, ces mots de saisons étant regroupés dans un saïjiki (ou almanach poètique).
C’est la mention du mot de saison qui permettra au haïku de s’ancrer dans le monde, la difficulté pour l’auteur consistant à mettre en évidence les événements, à témoigner de l’atmosphère, de la spécificité du moment présent au sein d’une saison clairement identifiée par tous et chacun.
Naissance au XX° siècle d’un haïku « hors saison » :
Dans le haïku traditionnel Japonais, la référence au mot de saison est obligatoire au même titre que le recours au kireji (« mot coupe » ou césure). Cependant, les règles étant faites pour être contournées, une nouvelle tendance apparait au début du XX° siècle, avec pour objectif de réformer ces anciennes règles. Pour les poètes de cette nouvelle tendance, il n’est plus obligatoire de respecter la métrique 5/7/5, ni même de faire référence à un mot de saison. Cette forme de haïku sans kigo est appelée « muki-haïku ».






