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| Pour agrandir, cliquer sur l'image Henri de Toulouse-Lautrec "Le baiser" Image du domaine public Wikimedia Commons |
Côte à côte, assis en tailleur sur ce vieux ponton en bois.
Immobiles, nous respirons à l’unisson l’odeur des eaux saumâtres et du goémon. Parfois, quelque goéland intrigué, d’un cri, s’inquiète de notre présence. L’oiseau nous survole de prés puis poursuit son vol au dessus des flots, à l’endroit même ou le flux fait sa percée.
Les eaux bleues - vertes de l’océan pénètrent le fleuve dans une progression lancéolée avant de prendre le dessus sur les eaux boueuses.
Plongeons en piqué
Des goélands tapageurs
Festoient de fretin
Le temps brusquement vient de changer. Un air marin s’engouffre le long du couloir fluvial, nous fait frissonner.
Le ciel s’emplit de nuages lourds et gris qui ne demandent qu’à crever. Depuis l’ouest, le rideau de pluie remonte le fleuve à la vitesse d’un cheval au galop.
Vite, se mettre à l’abri. L’averse nous surprend avant que nous en ayons eu le temps.
Trempés, nous sommes trempés…
A chaque pas – Flotch
Enfermée dans nos baskets
L’eau de pluie se plaint
L’ondée finit par s’arrêter.
J’essuie la goutte d’eau qui dégouline le long de son nez.
Serait-ce la pluie, ou bien quelque chose en elle qui me fait penser à cette chanson de Bob Dylan. Je griffonne quelques mots sur mon petit carnet.
Par dessus mon épaule, curieuse, elle lit à voix haute :
« Debouts sous la pluie
Visage absent de tout fard
Just like a woman
Echanger un long baiser
Salé, du goût des embruns »
« Hum, hum » poursuit – elle « J’ai bien envie de vérifier».
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