Ou comment la musique diffusée dans les lieux publics peut induire certains comportements, notamment en matière de consommation de vins…
Kirikino : Avant de décrire comment la musique interfère dans nos sensations de dégustation du vin, le docteur North nous rappelle les résultats d’études antérieures fort intéressantes.
Jean : North fait état d’études réalisées en 1997 et 1993.
En 1997, dans un super marché, il est diffusé de la musique d’ambiance « Française » et de la musique d’ambiance « Allemande », sans que les clients soient au fait de l’expérimentation en cours.
Kirikino : Qu’entendent nos amis écossais par de la musique « Française »
Jean : Des airs d’accordéon, ambiance guinguette, tu vois un peu le truc…
Kirikino : Génial ! Et pour la musique « Allemande » ?
Jean : De la musique « Oompah », genre musique bavaroise…
Kirikino : Ouais ! Et quelles sont les implications de l’écoute de telles musiques sur les clients de l’établissement ?
Jean : Le phénomène « d’amorçage » va se traduire sur les achats de vins. Dans les faits, lorsque les gens entendent de la musique d’ambiance « Française », les achats de vins portent davantage sur des vins français que sur des vins allemands (un rapport de 5 pour 1). Dans le cas de musique d’ambiance « Allemande », le rapport est moins flagrant (2 pour 1) en faveur de l’achat de vins allemands vis-à-vis des vins Français, mais le marqueur musical demeure déterminant.
Kirikino : La musique aurait donc amorcé certaines pensées, conduisant les gens à agir en conséquence !
Jean : C’est bien ce dont témoigne l’étude. « Etonnant, n’est-il pas ? »
Mais les résultats d’une étude antérieure d’Areni et Kim (1993) sont encore plus surprenants.
Dans le cadre d’une étude similaire dans une cave à vin, il est joué de la musique classique et de la musique du top 40.
Le stéréotype de la musique classique détenu par les gens, fait qu'ils « amorcent » les pensées suivantes : sophistication et richesse.
Par conséquent, il n'est pas surprenant que la musique classique ait conduit les clients à acheter des vins plus cher que des vins dont l’amorçage se serait produit à l’écoute des morceaux du top 40.
Kirikino : Nous sommes donc si peu de chose…
La musique a ainsi de telles répercussions sur notre comportement. Reste à savoir maintenant l’influence qu’elle détiendrait sur nos capacités à goûter un vin…
Jean : Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire avant de faire vos courses en supermarché : au choix se munir de boules de protection auditives ou bien le port d’un casque anti-bruit…
Vous voici prévenus ! A défaut d’équipement adéquat, ne vous étonnez pas, si après avoir entendu les chœurs de l’armée rouge ou bien de la salsa, vous trouviez dans votre caddie soit une bouteille de vodka soit une flasque de rhum…
Source et bibiographie :
Wine and Song : The effect of background music on the taste of wine / Dr Adrian C. North - Professor of Psychology - School of Life Sciences-Heriot Watt University – Edinburgh – U.K
Areni, C. S. and Kim, D. (1993). The influence of background music on shopping behavior: classical versus top-forty music in a wine store. Advances in Consumer Research, 20, 336-340.
North, A. C., Hargreaves, D. J., and McKendrick, J. (1997). In-store music affects product choice. Nature, 390, 132.
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