Il est dans la magie de l’automne de nous dispenser de temps à autres une lumière aux tons des plus chauds.
La lumière dorée d’automne dans les haïku et tanka, une fiche du projet « mot de saison – Pays Basque ».
Saison : Automne
Classement du mot de saison : Phénomènes météorologiques
Basque : Udazkeneko argi urre-koloreko
Espagnol : Luz dorada de otoño
Anglais : Golden light of autumn
Description :
Bien sûr cette lumière dorée ne vous est pas étrangère. Elle se produit les soirs d’automne, particulièrement ceux de fin septembre ou du mois d’octobre, ou bien juste après la pluie.
Il est des jours ainsi, ou la lumière nous parvient avec une intensité particulière, rasante, ciselant le décor, donnant du relief au paysage le plus banal, colorant les façades des immeubles ou des bâtiments publics de tons chatoyants, dansant sur les eaux du lac, de la rivière, dans lesquelles se reflètent des feuillages aux couleurs de pourpre et d’or.
Lumière d’automne et poésie :
Cécile SAUVAGE (1883-1927) dans ce poème intitulé « Fuite d’automne » nous décrit le phénomène avec ce soleil qui « d’un long baiser roussit les étangs » ou bien cette « lumière en faisceau bruinant sur les bois »
Fuite d'automne
Sors de ta chrysalide, ô mon âme, voici
L'Automne. Un long baiser du soleil a roussi
Les étangs ; les lointains sont vermeils de feuillage,
Le flexible arc-en-ciel a retenu l'orage
Sur sa voûte où se fond la clarté d'un vitrail ;
La brume des terrains rôde autour du bétail
Et parfois le soleil que le brouillard efface
Est rond comme la lune aux marges de l'espace.
Mon âme, sors de l'ombre épaisse de ta chair
C'est le temps dans les prés où le silence est clair,
Où le vent, suspendant son aile de froidure,
Berce dans les rameaux un rêve d'aventure
Et fait choir en jouant avec ses doigts bourrus
La feuille jaune autour des peupliers pointus.
La libellule vole avec un cri d'automne
Dans ses réseaux cassants ; la brebis monotone
A l'enrouement fêlé des branches dans la voix ;
La lumière en faisceaux bruine sur les bois.
Mon âme en robe d'or faite de feuilles mortes
Se donne au tourbillon que la rafale apporte
Et chavire au soleil sur la pointe du pied
Plus vive qu'en avril le sauvage églantier ;
Cependant que de loin elle voit sur la porte,
Écoutant jusqu'au seuil rouler des feuilles mortes,
Mon pauvre corps courbé dans son châle d'hiver.
Et mon âme se sent étrangère à ma chair.
Pourtant, docilement, lorsque les vitres closes
Refléteront au soir la fleur des lampes roses,
Elle regagnera le masque familier,
Et, servante modeste avec un tablier,
Elle trottinera dans les chambres amères
En retenant des mains le sanglot des chimères.
Le temps d’un clic, retrouver ce mot de saison dans les haïku et tanka de kirikino.
Haïku :
Tanka :
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