Curieusement ces magnifiques volatiles migrateurs au vol puissant, sont à l’origine de nombreuses expressions qui ne les mettent guère en valeur.
Les oies sauvages dans les haïku et tanka, une fiche du projet « mot de saison – Pays Basque ».
Saison : Milieu à fin de l’automne
Classement du mot de saison : Animaux
Basque : Antzara hankagorrizta
Espagnol : Ansar común
Anglais : Grey lag goose
Nom Latin : Anser anser (L.).
Description :
« A la Saint Hubert, les oies sauvages fuient l’hiver » dit le dicton. Parmi les nombreuses espèces de ces oiseaux de la famille des anatidés, l’oie cendrée, ancêtre de notre oie domestique, figure parmi l’espèce d’oies sauvages que l’on peut observer le plus fréquemment au cours de sa migration. Plus élégant et moins massif que la souche domestique, l’oie cendrée est un palmipède au plumage gris brun avec des reflets blancs sur le dessus et gris clair tacheté de noir sur le dessous. La queue courte est blanche et grise, le bec orange et les pattes palmées rosées. Non il ne s’agit pas d’une tenue de carnaval…
Lors de ses déplacements migratoires l’oie ne passe pas inaperçue : vol en V caractéristique accompagné d’un cri nasal fort et aigu.
Bien qu’excellente nageuse, l’oie passe de longs moments à terre pour brouter. Sa démarche peu élégante est à l’origine de l’expression « marcher comme une oie ». De même on dira d’une personne qu’elle est «bête comme une oie », on qualifiera une jeune fille ayant reçue une éducation pudibonde « d’oie blanche » ou encore on dira de telle autre mangeant de façon excessive qu’elle « s’empiffre ou se gave comme une oie ». Ah, que d’expressions peu flatteuses pour cet animal. Heureusement, il existe un revers à la médaille. Cet oiseau n’a t’il pas donné son nom au fameux jeu de l’oie, ou encore à ces « Contes de ma mère l’oie » que l’on aura pas manqué de vous lire enfant…
Oies sauvages et poésie :
La lecture de ce poème de Guy de Maupassant (1850-1893) vous confirmera si besoin était, que la migration des oies est un phénomène qui ne manque pas de se faire remarquer.
Les oies sauvages
Tout est muet, l'oiseau ne jette plus ses cris.
La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.
Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,
Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.
Voilà qu'à l'horizon s'élève une clameur ;
Elle approche, elle vient, c'est la tribu des oies.
Ainsi qu'un trait lancé, toutes, le cou tendu,
Allant toujours plus vite, en leur vol éperdu,
Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.
Le guide qui conduit ces pèlerins des airs
Delà les océans, les bois et les déserts,
Comme pour exciter leur allure trop lente,
De moment en moment jette son cri perçant.
Comme un double ruban la caravane ondoie,
Bruit étrangement, et par le ciel déploie
Son grand triangle ailé qui va s'élargissant.
Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,
Engourdis par le froid, cheminent gravement.
Un enfant en haillons en sifflant les promène,
Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.
Ils entendent le cri de la tribu qui passe,
Ils érigent leur tête ; et regardant s'enfuir
Les libres voyageurs au travers de l'espace,
Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.
Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,
Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,
A cet appel errant se lever grandissantes
La liberté première au fond du cœur dormant,
La fièvre de l'espace et des tièdes rivages.
Dans les champs pleins de neige ils courent effarés,
Et jetant par le ciel des cris désespérés
Ils répondent longtemps à leurs frères sauvages.
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Haïku :
Tanka
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