Dés que fin octobre pointe le nez, on s’agite du côté des céréaliculteurs.
Le semis du blé et les semailles d’automne à paille dans les haïku et tanka, une fiche du projet « mot de saison – Pays Basque ».
Saison : Milieu de l’automne
Classement du mot de saison : Activités humaines
Basque : Udazkenako ereinaldi
Espagnol : Siembra de otoño
Anglais : Autumn seeding ; Weat seeding
Description :
Les premières pluies d’automne marquent pour les cultivateurs le démarrage d’une période de travaux des champs intense. Il est temps de penser au semis des céréales d’hiver : blé, orge… En Pays Basque, cette effervescence s’enregistre dans le sud du pays ; le nord ayant une vocation maïsicole, les semis sont réalisés au printemps. Labourage, hersage, préparation du lit de semence, il faut se hâter car le rendement de la céréale dépend de la date du semis.
En effet, la date du semis n’est pas du folklore, bien que certains dictons puissent le laisser croire. Les instituts de recherche agronomique ont ainsi pu prouver, études à l’appui, que celle-ci influençait la densité de semis (par exemple, l’indice de densité de 100 au 20 octobre, devient 115 au 30 octobre, 130 au 10 novembre…), mais également le tonnage produit (entre un semis réalisé au 20 octobre et un semis réalisé au 10 novembre, le céréaliculteur ayant semé en novembre récoltera environ 20 quintaux de moins à l’hectare que celui ayant semé en octobre). L’agriculteur est non seulement tributaire des conditions météorologiques mais aussi de l’écoulement inexorable du temps. Les allées et venues incessantes des tracteurs dans les plaines céréalières peuvent être le fait de nombreuses heures, voire se poursuivre à la nuit tombée quand les conditions météo sont au rendez-vous.
Semailles et poésie :
Ces semailles d’antan que nous décrit Victor Hugo (1802-1885) dans ce poème, les attelages de mules, de bœufs, le geste auguste du semeur, comme tout cela nous semblent dater…
Saison des semailles. Le soir
C'est le moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure du travail.
Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D'un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.
Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
A la fuite utile des jours.
Il marche dans la plaine immense,
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,
Pendant que, déployant ses voiles,
L'ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles
Le geste auguste du semeur.
Le temps d’un clic, retrouver ce mot de saison dans les haïku et tanka de kirikino
Haïku :
Tanka
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