Mercredi 19 mars 2008
Parmi les nombreux vocables régionaux pouvant désigner l’hydromel, on trouve en Haute Bretagne le mot « chamillard »
Kirikino : Pour ma part, je ne qualifierai pas le « chamillard » d’hydromel, tout au moins si l’on se réfère aux informations que tu as pu glaner ça et là.
Jean : Le « chamillard » désigne une boisson à base de miel produite en Haute Bretagne. Rassemble-t’il les qualités des hydromels produits de nos jours ? Il faut croire que non.
M.E Marzelle, dans sa contribution au rapport sur les hydromels pour l’exposition universelle de Paris en 1889, nous en fait une description effrayante.
« L’hydromel commun de Bretagne , plus connu sous le nom de chamillard est par lui-même une piètre boisson. Sa valeur est de 10 à 20 francs la barrique selon que le cidre est plus ou moins recherché. On les obtient de deux façons et de deux couleurs différentes, qui tiennent au mode de lavage dont sont traités les rayons servant à les obtenir. Dans le premier cas, ils proviennent du résidu des eaux froides qui ont servi à laver les miels et les tourteaux de cire ; dans le second cas, ils sont extraits des eaux chaudes dont on se sert pour fondre les cires grasses. C’est ce qui explique pourquoi les premiers ont une couleur ambrée, analogue à celles de nos cidres, tandis que les seconds ont un aspect noirâtre. Les marchands de Bretagne, qui achètent les ruches aux cultivateurs, sont presque tous en même temps, fabricants de miels et de cires, et par conséquent produisent des hydromels (….) On admet généralement que 500 kg de miel trituré dans les fabriques produisent 300 litres d’hydromel commun (…) »
Kirikino : Brr ! Cette description me fait frémir. Quand on connaît les soins jaloux avec lesquels tu produis des vins de miel…
Heureusement que ces pratiques ne sont plus d’usage, car elles ont contribué à la mauvaise image, et au déclin d’une boisson qui ne méritait pas cela.
Jean : Ne généralisons tout de même pas car le narrateur poursuit :
« (…) Il n’en est pas tout à fait ainsi dans les contrées du centre de Bretagne non-productrices de pommes (…) et dans presque toutes les autres régions. C’est là qu’on fabrique de véritables hydromels purs, à raison d’un demi-kilo de miel par litre d’eau (…) »
.
Bibliographie :
Exposition universelle internationale de 1889 à Paris. Rapports du jury international / Groupe VII. - Produits alimentaires (2e partie) Classe 73 (2e partie) / Rapport sur les hydromels
par Kirikino
publié dans :
L'Hydromel de A à Z
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