Kirikino : Jean, reconnais avec moi que le lancement d’une hydromellerie en Pays Basque passe à bien des égards, pour une aventure insolite, voire pour certains, pour une lubie ?Jean : Sûr ! D’ailleurs, certaines personnes me le dirent clairement, et m’encouragèrent vivement à abandonner l’idée. Je tins compte de ces observations, bien entendu.
Mais il en faut plus pour me décourager : j’ai vécu des situations identiques de par le passé. Par exemple, lorsque je quittai l’association pour laquelle je travaillai au sein de la CCI de Bayonne, le directeur adjoint de l’époque, rencontré au hasard d’un couloir, me fit clairement comprendre que mon projet de création d’entreprise de prestation de service relevait de la pure inconscience. Ne valait-il pas mieux rester sagement dans les locaux, et attendre sagement que les choses se fassent (sans moi) ?
Il est évident que dans de telles situations, le doute t’envahit, mais s’il ne te paralyse pas, s’offre alors à toi l’opportunité de valider ton idée sous un autre angle.
Je ne regrette pas aujourd’hui mon départ de la CCI : les débuts furent certes difficiles, mais je connus par la suite une évolution de carrière tant sur le plan matériel, que sur le plan professionnel à laquelle je n’aurais jamais pu prétendre si j’étais resté dans la place.
Quoique, il est idiot de ma part de préjuger de l’évolution possible d’une situation dont je serais à la fois le protagoniste, et à laquelle je n’aurais pas participé. Oublions cela, veux-tu ?
Kirikino : Entendu, mais nous sommes loin de ce projet d’hydromellerie. Quels éléments vont confirmer cette détermination, cette motivation ?
Jean : A mon tour Kirikino de te poser quelques questions ? As-tu connaissance d’une véritable hydromellerie en Pays Basque, voire en Aquitaine, au sens ou je l’entends et non point trois barriques abandonnées au fond de la grange d’un apiculteur, même si j’ai beaucoup d’estime pour les artisans à l’origine de ces produits ? As-tu déjà eu l’opportunité de consommer un bon hydromel ? Saurais-tu ou t’en procurer un de la sorte ?
Kirikino : A vrai dire : non. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il existe un marché pour ces produits.
Jean : Touché mais pas coulé. Ces questions, ces interrogations, je me les suis posées et même davantage.
Kirikino : Auquel cas tu nous les exposes lors de notre prochain rendez-vous !
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