Vendredi 6 juillet 2007

Kirikino : Avant que nous n’examinions ensemble la méthode que tu as utilisée afin de valider ton idée, j’aimerais que tu nous commentes rapidement ton parcours. Tu as parlé d’une entreprise de service que tu avais créée de par le passé. Tu possèdes donc une expérience en ce domaine ?

Jean : Tout à fait, bien que le lancement d’une activité de prestation de service soit moins complexe que celui d’un atelier de fabrication, fut-il artisanal.

Kirikino : Je reviens à ton parcours : pourrais-tu nous le décrire brièvement ?

Jean : Au cours de ces entretiens, il me semble avoir fait allusion à certaines périodes de ce parcours comme tu le désignes. Au risque de me répéter, je vais donc l’aborder du point de vue chronologique. À la fin de mon cycle d’études agricoles, je débutais ma première expérience professionnelle en Afrique, en tant que Volontaire du Progrès (association non gouvernementale qui existe toujours, soit dit en passant). Dans un premier temps, je fus affecté à un projet financé par le Fond Européen de Développement en Guinée-Équatoriale, et notamment à la direction d’une station expérimentale. Puis en raison de problèmes politiques internes à la Guinée-Équatoriale, nous fûmes rapatriés, mes compagnons et moi, au Cameroun, ou l’association nous confia (à Stéphane et à moi) différentes missions en tant que chargés d’études, qui nous permirent de sillonner ce merveilleux pays.

Kirikino : Cette expérience Africaine semble t’avoir marqué, au point tu nous l’as dit, avoir souhaité renouveler l’expérience, en famille cette fois. Pourrais-tu nous en toucher un mot ?

Jean : Les anthropologues envisagent l’Afrique comme étant le berceau de l’humanité, et dans cette hypothèse, il ne me surprendrait pas que nous ayons tous gardé une espèce d’empreinte indélébile, qui ne demande qu’à s’extérioriser une fois le contact avec ce continent établi. Resituons le contexte : tu sors frais émoulu de ta formation, pour participer à un programme humanitaire, et tu as envie de donner, de participer à cette espèce d’élan de générosité qui vit en chacun de nous. En fait, à la fin de ton séjour, tu réalises, quel que soit le don de toi-même dont tu as pu faire preuve (ou pas ?), tu réalises que tu as reçu au centuple. Je crois que le contact et l’échange avec ces gens fascinants que sont les Africains font, qu’à notre retour de ce continent, nous revenions en quelque sorte « grandis ».

Kirikino : Je vois… Tu termines cette expérience africaine, et te voilà de retour en France…

Jean : Oui, et au départ, je suis partagé entre cette envie de repartir (on me propose de nouvelles missions), et ce désir de rester. Et la balance penche finalement vers le second point. Que veux-tu le cœur…

Kirikino : …À ses raisons que la raison ignore… Je vois ce dont tu parles : amour quand tu nous tiens…

Jean : Donc je recherche du travail, et me voici embauché dans le cadre d’une association financée par le Conseil Régional d’Aquitaine : l’ARDEPI. Nous sommes à la veille de l’entrée de l’Espagne et du Portugal dans la Communauté Européenne, et je me vois confié la réalisation d’études sectorielles. Ce travail une fois terminé, le directeur, me propose une formation au commerce international (inutile de rappeler que jusqu’à ce jour, je n’ai aucune expérience en la matière).

Kirikino : C’est donc à la fin de cette formation que tu intègres définitivement ce service, à la chambre de commerce de Bayonne.

Jean : Définitivement, non, car quelques années plus tard, je quitte le service pour m’installer à mon compte.

Kirikino : La fameuse société de prestation de services à l’exportation dont tu nous as parlé dernièrement.

Jean : En effet. Dans le cadre d’une communauté Européenne nouvellement élargie, je vais proposer mes services aux entreprises agricoles et agroalimentaires de la région : étude de marché, de débouchés, mise en relation… Et enfin, sur les instances de mes clients, je complète la panoplie avec de la gestion commerciale : prospect, démarchage, suivi commercial… Bref, le pain quotidien d’une activité de gestion commerciale à l’exportation.

Kirikino : Et durant toute cette période tu continues à te former, n’est-ce pas ? Si j’ai bon souvenir dans le développement durable ?

Jean : Tu brûles, mais il manque des éléments à la chronologie. En fait durant mes activités de prestataire de service, j’ai déjà la certitude que je n’exercerai pas cette activité toute ma vie durant. Je complète ma formation agricole, et ma récente formation commerciale, par une maîtrise d’aménagement du territoire. Ce n’est qu’une fois prise la décision d’arrêter l’activité de prestataire de service, que je compléterai cette formation, en toute logique selon moi, car le sujet me tient à cœur, par ce troisième cycle de développement durable auquel tu fais allusion.

Kirikino : Un curieux parcours, qui sommes toutes te sera bien utile dans ta nouvelle activité, notamment pour la réalisation de ton étude de marché, car j’imagine que pour toi, cela n’a pas été un point de détail.

Jean : En quelque sorte, oui.

Kirikino : Qu’en penses-tu ? Débattons de cela au cours d’un prochain entretien !

par Kirikino publié dans : Création entreprise Kirikino Ilargian
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