Kirikino : Jean, je l’avoue, au cours de notre dernier entretien, je t’ai gentiment chambré. J’espère que tu ne m’en veux pas ?
Jean : Non, du tout. En fait, je te livre les événements comme je les vis, avec la passion et les interrogations qui m’animent. Ne vas pas y voir autre chose.
Kirikino : Rassures-toi Jean, je l’ai bien compris. J’aimerais à mon tour rebondir sur cette ouverture d’esprit nécessaire selon toi à la détection des opportunités.
Jean : Selon moi, non, car je ne suis pas l’inventeur de la méthode. Il me semble que cela tombe sous le sens voilà tout. Je ne suis tout compte fait qu’un expérimentateur et qui parle d’expérimentation intègre par la force des choses, la possibilité d’une erreur, l’éventualité d’un échec. À toi de mettre en place un processus, une méthode qui laisse le moins de place possible aux phénomènes aléatoires. Tu as tout bonnement intérêt à le faire si tu ne veux pas hypothéquer, dès le départ, tes chances de réussite, aussi modestes soit-elles. Mais il faut que tu saches que tu n’es jamais à l’abri.
Kirikino : Cela sous-entend que dès le départ, tu as intégré l’éventualité d’un échec ?
Jean : Oui, en partie. Je pense que toutes les aventures humaines découlent de ce constat. Tant que tu n’as pas expérimenté la chose, tu ne peux savoir si celle-ci est réalisable ou non. Dans la mesure où tu franchis le pas, tu dois t’entourer d’un maximum de précaution, au même titre qu’un marin lorsqu’il prend la mer vérifie la qualité de son gilet de sauvetage.
En fait, il faut intégrer la possibilité de l’échec (et dans ce cas, ce sera le tien et uniquement le tien, car personne ne t’a imposé de le faire), car l’échec est autant formateur que la réussite, à condition bien sûr que tu en tires les enseignements, et que tu ne répètes pas les mêmes erreurs une nouvelle fois. Il est vrai que c’est relativement facile à dire tant qu’on ne l’a pas expérimenté.
Mais, c‘est une cruelle réalité : 50 % des jeunes entreprises mettent la clé sous la porte avant la cinquième année. Il faut donc avoir à l’esprit, dès le départ, de travailler avec un filet : si tu tombes, tu ne dois pas y laisser trop de plumes sinon tu ne pourras pas t’envoler à nouveau, et là ce serait désastreux. À toi de tisser ce filet de façon à ce qu’il amortisse la chute si jamais celle-ci se produisait, la meilleure des solutions consistant, convenons-en à l’éviter.
Autre chose, ce qui pour toi peut avoir le goût de l’échec aura pour ton voisin la couleur d’une semi réussite et vice-versa. Tout dépend donc, de comment tu situes le curseur, et à quel niveau.
Enfin, une fois que tu as accepté ces éléments, tu te lances à corps perdu dans l’aventure, car ce qui t’anime maintenant, ce sont tes visions de réussite, à la mesure de tes ambitions, encore une fois, aussi modeste soit-elles.
Voilà, je te livre mes pensées à l’état brut, mais cela résume l’état d’esprit dans lequel j’évolue en ce moment, tout au moins en ce qui concerne ce projet.
Kirikino : Brut et pétillant. Passionnant même ! Mais nous nous sommes écartés du sujet : l’ouverture d’esprit nécessaire à la détection des opportunités. Nous y reviendrons si tu le veux bien.
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