Kirikino : Après avoir envisagé plusieurs éventualités pour cette hydromellerie (construction, association…), ta recherche de local aboutit enfin. Peux-tu nous dire à quelle occasion ?
Jean : Comme bien souvent, la solution de nos préoccupations se trouve à portée de main, mais la prétendue logique de nos démarches nous rend sourd aux messages que nous pouvons entendre ici et là. Je t’ai expliqué qu’à un moment j’envisageais la construction de l’hydromellerie, n’est-ce pas ?
Kirikino : En effet !
Jean : Donc avec mon beau-frère Jean-Luc (encore un bel exemple de solidarité, car il abandonne un moment ces activités pour se consacrer à l’étude de mon bâtiment), nous réalisons des relevés topographiques, et Jean-Luc dessine le plan de mon futur bâtiment.
Puis vient la consultation des artisans, maçons, charpentiers… Je présente donc mon projet de bâtiment à Gilbert : un charpentier du village. Et tandis que nous devisons, au cours de la conversation, il m’indique que son frère qui occupe le bâtiment voisin, déplace prochainement son atelier, sur la commune voisine ou il vient de faire construire.
Bien sûr cela fait tilt et je lui pose la question : « Que compte-tu faire de ce local ? » et Gilbert de me répondre qu’il envisage de le conserver pour stocker du matériel agricole (car en plus de son activité de charpentier, c’est un passionné d’agriculture…)
Kirikino : La parenthèse à peine ouverte se referme aussitôt !
Jean : Oui en effet, mais tu vas voir, les faits sont têtus. Comme je te l’ai expliqué, l’étude hydrogéologique que j’ai commandée me contraint à abandonner le projet de construction du local. Et comme j’ai apprécié la rapidité avec laquelle Gilbert a étudié mon devis (ainsi que son travail, car c’est vraiment un bon artisan), je vais le voir et je lui explique que je ne donnerai pas suite à son devis.
Nous voilà attablé devant un café, et comme il est d’un naturel curieux, je lui explique la fabrication de l’hydromel. À tout hasard, je lui reparle du local occupé par son frère. Et de fil en aiguille, nous convenons d’un loyer, et je deviens le locataire potentiel de son atelier.
Voilà, pas d’écrits entre nous : nous vivons dans un pays où donner sa parole signifie toujours quelque chose.
Kirikino : Et du jour au lendemain, tu te retrouves locataire d’un local, tu peux donc démarrer.
Jean : Du jour au lendemain : non ! Patrick, le frère de Gilbert, doit terminer l’aménagement de son local, et il est hors de question, de précipiter les choses. Je dois donc attendre encore, mais cette fois, j’ai enfin la certitude de pouvoir enfin démarrer mon activité.
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