Ce miel précieux que nous transformons en hydromel, nous le devons au travail de l’abeille. Abeille qui es-tu donc ?
Kirikino : Nous évoquons souvent le miel, parlons d’hydromel, mais pour l’instant, nous avons omis de mettre sur le devant de la scène, le principal protagoniste de l’aventure : l’abeille.
Jean : Tu as raison ! Proposons-nous d’y remédier aujourd’hui même.
Les abeilles appartiennent à l'ordre des Hyménoptères (20000 espèces d'abeilles dans le monde, dont moins de 15% sont sociales).
L’ensemble de ces différentes espèces collectent nectar et pollen, s'en nourrissent et de ce fait, jouent, un rôle indispensable pour la pollinisation croisée des plantes et le maintien des équilibres naturels.
Kirikino : 20000 espèces différentes ? Quelle famille !
Les propos alarmistes, concernant la disparition de nombreuses colonies d’abeilles de par le monde, et l’incidence de leurs disparitions sur le maintien de la biodiversité sont peut-être exagérés, ne penses-tu pas ?
Jean : Je suis mal placé pour répondre à ta question.
Il faudrait pour cela consulter des entomologistes.
Il est certain que de nombreux insectes participent à la pollinisation des plantes (papillons, bourdons…).
Mais la communauté scientifique reconnaît une certaine suprématie à l’abeille en ce domaine.
Infatigable pollinisatrice, l’abeille assure un rôle écologique déterminant. Mais contribue également à la diversité de notre alimentation : nous devons indirectement aux abeilles, la présence dans nos assiettes de plus de 1000 fruits, légumes et autres plantes composant notre régime alimentaire quotidien.
Malheureusement, la pratique d’une agriculture intensive et industrielle a pour corollaire une fragilité accrue des colonies, voire dans certains cas un taux de mortalité très élevé
Mais là n’est pas notre sujet du jour.
Kirikino : Tu as raison recentrons nous sur cette dernière : l’abeille et sur son rôle en matière de production de miel.
Jean : De nos jours, en raison de son introduction par l’homme sur la quasi-totalité du globe, j’allais dire, seule l'abeille Européenne (Apis Mellifera) intéresse l’apiculteur. Elle est en effet garante de rendements en miel intéressants.
Mais nous verrons dans des articles ultérieurs, que cela n’est pas tout à fait le cas, et heureusement !
Kirikino : Tu fais allusion aux abeilles sans dard de l’espèce Mélipone.
Jean : Oui !
Décidément, tu as convenu aujourd’hui de me compliquer la tâche.
Nous aurons, bien entendu, l’occasion d’aborder la question des Mélipones chères à ton cœur.
Dans l’immédiat, si tu le veux bien, restons concentrés sur l’abeille mellifère.
La ruche constitue le creuset d’une société animale organisée, ou la survie de la colonie passe par une spécialisation de l’activité de l’individu en fonction de son âge. L’abeille est successivement nettoyeuse, nourrice, bâtisseuse, magasinière, gardienne et enfin butineuse.
La butineuse effectue entre 20 et 50 voyages par jour, d’une durée moyenne de 15 minutes. Le rayon d'action moyen se situe entre 500 mètres et 3 kilomètres autour de la ruche. Elle prélève sur les fleurs le nectar, ou le miellat, deux liquides sucrés à la base de la production de miel.
Kirikino : Et, avec la collecte de ces liquides sucrés démarre la production de miel
Jean : En effet.
Le changement de la solution sucrée en miel commence alors lors du voyage retour à la ruche.
Dans le tube digestif de la butineuse s’initie une longue transformation. Les enzymes agissent sur le nectar transformant le saccharose, sous l'action de l'invertase en glucose, fructose, maltose et autres sucres.
Parvenue à la ruche, la butineuse régurgite sa charge, la passe aux ouvrières, qui elles-mêmes, la communiquent à d'autres et ainsi de suite.
D'individu en individu, la teneur en eau s'abaisse en même temps que le liquide s'enrichit de sucs gastriques et de substances salivaires : invertase, diastase, et gluco-oxydase.
Apparaissent alors des sucres qui n’existaient pas au départ, dans une solution stockée bien à l’abri, entreposés dans une alvéole, qui sous l’action des nombreuses ouvrières (ventilation) et des conditions thermiques de la ruche ne cessera de se transformer par concentration et évaporation.
Kirikino : Ce fameux miel…
Jean : Les abeilles emmagasinent en effet, dans la ruche, une quantité de miel bien supérieure à leurs besoins, autorisant de ce fait une récolte généreuse pour l’homme, sans pour autant mettre en danger la survie de la colonie.
Kirikino : un prélèvement raisonné en quelque sorte…
Jean : Tout à fait.
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