Jeudi 6 décembre 2007

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 Il est notoire que les charbonniers reviennent parmi les hommes pour les solstices…
Le solstice d’été approchait. Unai évalua rapidement tout ce qui lui restait à faire : s’occuper de cette meule en cours qu’il avait passablement délaissé ces jours derniers, étudier un accès à la vasque par les berges du torrent…
Il s’attela consciencieusement à l’ensemble de ces tâches, comme à son habitude. Mais, dorénavant, il ressentait dans l’accomplissement de ses gestes quelque chose de différent, comme une joie indicible. Une joie qui magnifiait le moindre de ses mouvements, une allégresse qui donnait un sens nouveau à ce qu’il accomplissait.

Comme il était d’esprit pratique, il réalisa après quelques jours de reconnaissance que l’accès à la vasque par les berges s’avèrerait bien moins périlleux que la voie qu’il empruntait jusqu’alors. Il lui suffisait d’aménager des lignes de vie aux passages les plus critiques, et d’imaginer un système qui lui permettrait sans prendre trop de risques de descendre par le point le plus bas des falaises basaltiques. Quant à l’ascension au retour, il calcula qu’elle serait possible grâce à un rudimentaire appareillage de cordes et de poulies reliées à un contrepoids.
L’esprit léger il prépara son équipage pour des livraisons de charbon de bois.

Certains dirent, tandis qu’il entrait au village, qu’il chantonnait des mélopées inconnues, que les cloches de ses bêtes de somme rythmaient harmonieusement. Ce qui, convenons-en, pour un homme réputé taciturne, ne manqua pas d’étonner.
Vous savez, les ragots…
Mais ce qui stupéfia la totalité des gens qui le croisèrent ce jour-là, ce fut son regard extatique qui lui conférait une autre stature.
Il fut même des jeunes femmes qui le trouvèrent beau…

Unai flottait sur un petit nuage de félicité. Il ne remarqua rien de tout cela : la façon dont les villageois l’examinaient, les propos qu’ils échangeaient çà et là sur son passage.

Il se dépêcha de conclure ses petites affaires, échangea son charbon contre un équipement dont on ne lui connaissait pas l’usage, et repartit sans plus tarder en direction de la forêt.


  
par Kirikino publié dans : Conte Lunaire de Kirikino
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