Lundi 17 décembre 2007

Vous pouvez maintenant lire le conte dans sa totalité en cliquant ici.
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Parvenue aux abords de la vasque, la famille se gava de framboises et de myrtilles.
Puis Piarre, l’aîné des enfants entraîna ses frères et sœurs pour un bain délicieux dans l’eau turquoise.
La nuit tombait et la pleine lune prenait le relais. Les enfants avertis par je ne sais quel sens prémonitoire sortirent de l’eau et rejoignirent leurs parents.
Il régnait aux abords de la vasque une ambiance digne de celle des contes de fées qu’Unai contait à la famille, le soir, lorsque le feu crépitait. La description de cette luminosité particulière, le murmure de l’eau, le doux bourdonnement des insectes, le ballet des vers luisants…
La petite assistance comprit alors qu’entre le conte et la réalité, seule une frontière ténue séparait ces deux mondes. La famille s’installa alors dans une attente silencieuse.

Déjà, des cercles concentriques agitaient la vasque.
Unaî réveilla doucement Maïder qui somnolait. Le rituel se mettait en place : l’imposant saumon remontait à la surface sous les yeux ébahis des enfants. Le poisson fit un bond fantastique, déposa le peigne sur la roche plate, et se fendit d’un plongeon impeccable à faire pâmer d’envie un champion olympique.
Les enfants se retournaient vers Unaï excités, prêts aux commentaires, lorsque la musique retentit.
Comme par enchantement, Belle des Bois apparut alors, entourée de cinq autres jeunes femmes toutes aussi belles qu’elle. Belle des Bois se saisit du peigne et entreprit de se peigner. Les jeunes femmes sautèrent d’un bond léger sur les rochers avoisinants et entamèrent des chants polyphoniques d’une beauté à donner la chair de poule.

Unai en fut lui-même surpris. Tant et si bien, qu’il ne perçut pas de prime abord, le murmure du hérisson. Il s’apprêtait à saluer ce dernier, quand il se rendit compte que le hérisson ne s’adressait pas à lui, mais à Naïa, sa plus jeune fille. Une vague de bonheur, comme un flux d’or le traversa de la tête aux pieds. Sa famille « voyait avec le cœur », il n’en doutait pas, mais le hérisson avait élu Naïa.
 Naïa seule assurerait la continuité, c’était ainsi…

Sur le chemin du retour, les enfants commentèrent ce qu’ils avaient vu. Mais comme chacun avait une vision très personnelle, très rapidement l’échange s’enlisa, et chacun se sût détenteur d’une vérité unique, personnelle, qui guiderait son parcours de vie.
À dater de ce jour, il se nommèrent entre eux « Izokinenak », « ceux du saumon ». Ce qui faisait sourire les habitants de la vallée, car c’était bien la seule famille, à ne point vivre de la pêche du saumon, ni même à en consommer…
Et ce nom leur resta. Sans doute connais-tu parmi ton entourage, une personne qui répond à ce nom. Saches alors, qu’il est un des nombreux descendants des enfants d’Unaï.



 
par Kirikino publié dans : Conte Lunaire de Kirikino
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