Le miel pour les pygmées Aka constitue un produit d’échange bien plus valorisé que la viande de chasse.
Kirikino : Les pygmées entretiennent avec les « grands noirs » de nombreux échanges : gibier, plantes… Mais le miel occupe une place privilégiée.
Jean : Oui car le plus souvent, les populations Bantous qui vivent également en forêt rechignent à collecter du miel en hauteur. Il faut dire que pour ces populations, contrairement aux pygmées, la forêt constitue un monde hostile.
Kirikino : Avec la sédentarisation partielle des populations pygmées le long des pistes forestières, ces échanges revêtent de plus en plus d’importance pour ces derniers. Les ressources en gibier s’amenuisent, et le miel constitue de plus en plus la principale monnaie d’échange valorisée avec les populations voisines.
Jean : Ainsi la communauté peut appliquer des sanctions contre les vols de miel, dans le cas ou les colonies d’abeilles repérées auraient été marquées.
Kirikino : Par contre, si la quantité collectée est suffisante, le miel est l’une des rares ressources forestières obligatoirement redistribuée entre tous les foyers et les visiteurs présents au campement. Cette fonction revient à l’épouse du récolteur. Lorsque la boîte à miel est vide, elle la remplit d’eau pour confectionner un sirop, qu’elle distribue à l’ensemble des personnes présentes.
Jean : C’est dire l’importance du miel dans la cohésion sociale du groupe.
Le miel en tant qu’activité de collecte, constitue le seul cas pour lequel la récolte du premier miel se traduit par des rituels collectifs.
Source et bibliographie :
Encyclopédie des pygmées Aka / Volume II, Dictionnaire Ethnographique AKA-Français -De Simha Arom, Jacqueline M C Thomas, Serge Bahuchet, Alain Epelboin et Susanne Furnis -Collection Etudes africaines, 206 pages. Editions l'Harmattan (Octobre 2004) - -Publié 2005 -Peeters Publishers
Les chasseurs-cueilleurs de RCA et du Cameroun - Serge BAHUCHET avec la collaboration de Daou JOIRIS – Rapport APFT -1995
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