Nous devons l’usage du mot alcool aux alchimistes, qui désignaient ainsi le produit de la distillation.
Jean : Le mot « alcool » a pour origine le mot Arabe Al Koh’l qui désigne une poudre subtile, très fine à base de stibine : le sulfure d’antimoine.
Cette poudre noire, que les femmes déposent sur leurs paupières, est utilisée depuis des temps immémoriaux…
Kirikino : Si je ne me trompe pas, la bible y fait référence.
Jean : En effet, Jézabel, avant d’être précipitée du haut d’une tour de Jisréel sur ordre de Jehu, s’en était fardée les yeux. Mais elle n’était pas la seule à l’utiliser ; les élégantes
Grecques et Romaines avaient recours à l’antimoine pour se peindre les sourcils et se farder les yeux.
Kirikino : Comment est-on passé de la trousse à maquillage à la définition de l’alcool comme nous l’entendons de nos jours ?
Jean : Nous en devons l’usage aux alchimistes qui adoptèrent ce mot synonyme de finesse et de subtilité.
Dans leurs quêtes de la pierre philosophale, ils l’utilisèrent pour désigner des éléments impalpables issus d’une la sublimation ou encore des principes volatils issus de la distillation.
Aux yeux des alchimistes, l’alcool constituait la première étape vers la découverte de l’élixir de vie éternelle, d’où son nom d’eau de vie ou encore d’eau ardente.
Kirikino : L’alcool, à l’origine, est tout d'abord utilisé comme médiateur mystique, longtemps réservé aux prêtres.
Jean : Très juste, mais tu fais allusion dans ce cas aux boissons fermentées, donc alcoolisées. C’est le cas en effet de l’hydromel, mais également du vin…
Rapidement, la consommation de boissons alcoolisées diverses gagne toutes les couches de la société, jusqu’à être associée à la consommation d’un aliment.
Au cours de certaines occasions, des ingestions massives seront dénoncées, tant et si bien que certaines religions interdiront sa consommation.
Kirikino : L’alcool, produit issu de la distillation de ces mêmes boissons fermentées, va donc amplifier le phénomène.
Jean : En quelque sorte, oui.
Au début, ce nouvel ingrédient, paré de nombreuses vertus, comme celui de retenir les principes sapides et odorants des végétaux, va rapidement intégrer la pharmacopée traditionnelle.
Mais progressivement, les hommes vont lui trouver l’usage que nous lui connaissons aujourd’hui : liqueurs, eaux de vie…
Kirikino : La consommation d’alcool doit son développement au poids grandissant des échanges commerciaux, et au transport maritime.
Jean : En effet, la découverte du nouveau monde et le développement des cultures de cannes à sucre vont permettre la production de rhum. Comme l’homme possède une créativité
incommensurable en ce domaine, tout ce qui fermente va donner lieu à distillation : alcools de grains, de tubercules, de fruits…
Mais le développement de la distillation des boissons fermentées trouve également son origine dans des crises viticoles successives. Le recours à la distillation va permettre de résorber ces
excédents, et rend le transport des alcools ainsi obtenus plus commodes : moins de volumes à stocker, à transporter, des produits plus stables qui ne risquent pas la piqûre acétique car
contenant un degré alcoolique très élevé…
Retrouvez des articles complémentaires sur le même sujet dans notre dossier : alcool et
consommation modérée.
Bibliographie :
L'ALCOOL EN HISTOIRE Communication effectuée au Congrès Régional PACA 98 de « VIE LIBRE » par le Docteur Jacques ROYER
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