La montée en puissance de la religion chrétienne exige que l’on fasse table rase du passé.
Kirikino : La consommation d‘hydromel, réservée à l’origine, à la célébration des cérémonies religieuses « païennes », s’étend rapidement aux hauts dignitaires puis gagne le reste de
la population. Mais sa consommation demeure longtemps, le marqueur social d’une certaine élite.
Jean : Bien que la consommation du vin en Europe soit antérieure au phénomène d’évangélisation, l’implantation du Christianisme, notamment par la célébration de l’eucharistie
bouleverse la donne. Le vin ne constitue-t’il pas le dogme de la transsubstantiation ?
Kirikino : Les premières invasions barbares, suivies de la chute de l’empire Romain au V° siècle, signent le déclin d’une viticulture en pleine expansion. Notons au passage que les
Romains désignaient de « Barbares », des peuples qui ne partageaient ni leur langue ni leur modèle de civilisation. Les invasions Barbares instaurent un clivage différent. Le terme « Barbare
» sert dorénavant à différencier les chrétiens des non chrétiens.
Jean : Au cours de cette période agitée, l’empereur Julien tente au cours d’un règne fort court de revivifier le paganisme, mais, quelques années plus tard, l’empereur Théodose en 380,
décrète que le christianisme devient la seule religion d’Etat. Puis, en 392, il interdit tout culte païen.
De persécutés, les Chrétiens deviennent persécuteurs et tentent d’éliminer (avec la bénédiction de l’état), les hérétiques et les traditions païennes (temples détruits, bois sacrés rasés…)
Nous le voyons, l’église se trouve donc à l’épicentre du cyclone. Ebranlée par les coups de boutoir des « barbares » , elle engage un processus de résistance, et tente de pérenniser la
culture du vin.
Plus que le vin, le « sang de la vigne » matérialise symboliquement le sang du christ. C’est cette affirmation et la communion des fidèles qui en découle, qui impose le vin comme
indispensable au culte. N’oublions pas qu’à cette époque, la célébration de l’eucharistie se fait sous ses deux formes : pain et vin.
Kirikino : On le comprend aisément, la christianisation s’accompagne d’un formidable essor du vignoble. Moines et évêques participent à l’implantation de la vigne, à l’amélioration des
techniques de vinification. Non seulement le vin entre dans la composition alimentaire de la ration du moine, mais il participe également au devoir d’hospitalité…
Et ce même phénomène se reproduira lors de la conquête du Nouveau Monde…
Jean : En effet, les vignobles du Nouveau Monde sont pour la plupart issus des besoins des missions pour la célébration de l’eucharistie.
Kirikino : En Europe, l‘hydromel, associé au paganisme, va donc en faire les frais.
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