Avec l’évangélisation massive et rapide de l’Europe, la consommation d’hydromel sort définitivement du domaine du sacré.
Kirikino : Avec l'implantation de la religion chrétienne, devenue religion d’Etat au IV° siècle, chasse est faite aux rites païens.
Qu’advient-il alors de l’hydromel ? La religion chrétienne condamne t’elle cette boisson ?
Jean : Condamner non ! Mais disons que la boisson entre en désuétude.
Tout d’abord, car la nouvelle religion s’attache à récupérer puis à transformer les célébrations païennes.
Ainsi les moines copistes s’efforceront de substituer au mot hydromel, le vocable vin.
Kirikino : L’hydromel renvoie donc au syncrétisme. Sa consommation est l’affaire des « gentils », des païens, des possédés du démon.
Jean : Mais dans le même temps, le miel et les techniques de vinification de l’hydromel participent de l’amélioration des techniques œnologiques de l’époque.
Les premières chaptalisations (enrichissement du moût en sucres fermentescibles) sont réalisées à partir de miel, ne l’oublions pas…
Et, les moines n’abandonnent pas la production d’hydromel pour autant. Ils vont même perpétuer la tradition.
La conduite de ruchers pour les besoins du culte (bougies de cire) est courante au Moyen Age dans les abbayes et monastères. Et la consommation de l’hydromel produit à partir du miel de ces
mêmes ruches est réservée aux seuls jours de fête. Les moines désignent de « potus dulcissimus » la liqueur ainsi obtenue, en raison de sa douceur et de son goût suave sans équivalent.
Kirikino : Monde cruel ! Ainsi, ces mêmes institutions, qui s’emploient à gommer toutes références à cette boisson, s’ingénient également à ce qu’elle ne tombe pas dans l’oubli.
Paradoxe, nostalgie ou gourmandise ?
Jean : Nous ne le saurons jamais !
Quoi qu’il en soit, excepté pour quelques adeptes du néo-druidisme, voilà désormais l’hydromel débarrassé de tout carcan religieux ou rituel, tout au moins en Europe.
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