Samedi 26 avril 2008

La cire d’abeille malgré des qualités exceptionnelles sur lesquelles nous reviendrons, n’est pas forcément l’alliée du producteur d'hydromel, tout au moins sur le plan de la vinification et du vieillissement.

Kirikino : Sécrétée par les glandes cirières ventrales des abeilles qui la façonnent ensuite avec leurs pattes et leurs mandibules, la cire est un corps chimiquement très stable dont les propriétés ne varient guère dans le temps.

Jean : Ses principales qualités : résistance à l’hydrolyse, à l’oxydation naturelle, insolubilité dans l’eau, expliquent son usage depuis l’Antiquité pour la conservation des vins (le vin était protégé de l’oxydation par une fine couche de cire à l’intérieur des amphores).

Kirikino : La cire d'abeille, de nature lipidique renferme des hydrocarbures saturés, des acides ou hydroxy-acides, des alcools, des pigments provenant surtout du pollen, et de la propolis, ainsi que d’autres substances provenant du couvain.

Jean : Lors de l’extraction du miel, des fines particules de cires provenant des opercules, des brèches, vont se retrouver en suspension dans le miel lors de l’extraction. Un des objectifs de la phase de maturation du miel suite à l’extraction, consiste à séparer le miel des ces impuretés (la cire plus légère remonte à la surface du miel).

Kirikino : Cependant les miels artisanaux, (enfin disons non filtrés industriellement) malgré le processus de maturation que tu viens de décrire, comportent toujours des fines brisures de cire. Ces impuretés sont-elles gênantes pour la production d’hydromel.

Jean : Les traces de cire ne comportent aucun danger pour la consommation humaine. La preuve est donnée par la consommation en l’état du miel, qui nous l’avons vu précédemment peut contenir un pourcentage infime de cire d’opercule.
En ce qui concerne la production d’hydromel, cette même cire en raison de sa composition, si elle n’est pas éliminée, peut engendrer des mauvais goûts voire être à l’origine de levures indésirables. Donc en termes de vinification, d’élevage et de vieillissement des vins de miel, la cire malgré ses nombreuses qualités en tant que matériau, ne constitue pas un ingrédient de la recette très souhaitable.
Je m’attache donc lors de la préparation du moût à éliminer cette présence de cire.
Pour cela il existe plusieurs techniques : soit par filtration du moût, soit par l’action du froid, les particules en suspensions étant par la suite « écrémées ».

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Mercredi 23 avril 2008

« Prendre de la bouteille », soit ! Mais le passage de l'amphore à la bouteille ne s’est pas fait en un jour. Notre bonne bouteille de verre demeure une invention somme toute récente.

Jean : On doit le développement de la bouteille aux Anglais au XVII° siècle, avec l’apparition des premiers fours à charbon.

Kirikino : La suprématie de Venise dans ce secteur, et ce depuis plus de 6 siècles, commence alors à s’étioler.

Jean : Les Anglais important les vins en tonneaux et les embouteillant sur place, il résultait, d’un mauvais contrôle des fermentations, une effervescence naturelle, responsable d’une casse importante.

Kirikino : Ceci explique le choix des Anglais, dès le départ, pour des bouteilles lourdes, solides et stables.

Jean : La France adopte la technique au XVIII° siècle. Les champenois créent leurs propres moules en 1735. Puis chaque région développera sa forme de bouteille (Bourgogne, Alsace, Provence…).

Kirikino : L’apparition de moules, à la base de bouteilles plus régulières, marque la fin du XVIII° siècle.

Jean : Il faut attendre 1918, pour que le soufflage pneumatique du verre soit découvert et adopté.
Notons que la taille de la bouteille influe sur l’évolution du vin. Il semble que le magnum (1,5 litres) soit la contenance la mieux adaptée.
En effet plus la contenance est importante et plus la maturation est longue. Mais la manutention est délicate.
.
Kirikino : Si le choix de la forme et du matériau reste libre en France, la législation contrôle et limite la capacité des flacons susceptibles d’être mis en marché.

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Samedi 19 avril 2008

Entre la bouteille d’hydromel et l’amphore de l’antiquité, une transition qui a demandé beaucoup du temps, l’acquisition et la maîtrise de nouvelles techniques.

Kirikino : De nos jours, l’achat d’un hydromel, d’un vin, conditionné en bouteilles, constitue un acte des plus banals. Mais cela n’a pas toujours été le cas !

Jean : Auparavant, l’amphore assurait la conservation et le vieillissement des boissons alcoolisées. Cette invention Cananéenne, indroduite en Egypte vers –1500 av J.C fait l’objet de soins attentifs.
La terre cuite est imperméabilisée par une couche intérieure de cire (ou de poix ; n’oublions pas que l’argile cuite est un matériau poreux, d’où un risque d’altération du vin). Elle est ensuite bouchée au plâtre, ou au liége, et cachetée à la poix ou à la cire.

Kirikino : Ainsi, une telle protection garantissait au vin ou à l’hydromel, un long séjour à l’abri de l’air, sans dommages.

Jean :  L’apparition du tonneau révolutionne l’art fermentaire.et le transport des boissons fermentées.  Au départ, il est principalement conçu pour la bière.

Kirikino : N’oublions pas que nous devons son invention aux Gaulois.
Comment en arrive t’on à la bouteille de verre ?

Jean : La technique du verre soufflé  est originaire de Syrie au 1° siècle av J.C. Cette technique se répand rapidement à la même période, mais concerne essentiellement la fabrication de gobelets et de carafes pour l’élite de l’époque.

Kirikino : il faudra attendre de nombreux siècles pour que l’usage de la bouteille se généralise.

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Mercredi 16 avril 2008

L’invention de l’hydromel autorise le passage de la nature à la culture

Kirikino : Dans le mythe du Chaco rapporté par Claude Lévi-Strauss, nous constatons que cet un oiseau qui creusa le premier tambour.

Jean : Et ce tambour, nous devons l’envisager comme un instrument au double usage : un récipient pour la préparation de l’hydromel, et, un tambour pour la célébration des rituels et des festivités.

Kirikino : Ainsi , l’invention de l’auge-tambour entraîne la transformation d’un animal en humain…

Jean : Exact, si nous en croyons les propos de Lévi-Strauss : « (…) l’invention de l’hydromel opère un passage de la nature à la culture, comme cela ressortait déjà de notre analyse des mythes sur l’origine (de la fête) du miel  … »

Kirikino :Auquel cas être détenteur de miel sans eau, donc dans l’impossibilité de le transformer en hydromel, implique la transformation inverse.

Jean : Tout à fait. Lévi-Strauss s’appuie sur un mythe Botocudo qui « (…) impute à l’Irara, maître du miel sans eau (anhydromel par conséquent), la responsabilité de la transformation inverse : des humains en animaux ».
Elément que vient confirmer un autre mythe Matako  « (…)qui mange trop de miel sans boire s’étouffe et risque de périr ».
Enfin poursuit Lévi-Strauss « (…) le miel et l’eau s’impliquent mutuellement, on donne l’un en échange de l’autre ».

Bibliographie :
Claude Lévi-Strauss - Mythologiques  - « Du miel aux cendres » -Editions Plon /1966

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Samedi 12 avril 2008

On peut facilement imaginer l’invention de l’hydromel ainsi que nous la décrit le mythe des origines de l’hydromel des indigènes du Chaco, rapporté par Claude Lévi-Strauss.

Kirikino : Le Chaco ! Nous changeons de continent pour nous intéresser à l’Amérique du Sud.

Jean : Et le voyage n’est pas déplaisant ! Le Chaco : cette immense plaine, au pied de la cordillère des Andes, s’étend entre l’Amazonie au nord et la Pampa au sud.

Kirikino : Bolivie, Argentine et Paraguay se partagent cet immense territoire, aride et peu peuplé.

Jean : Partager, le mot est faible. Cette vaste plaine à fait l’objet dans les années 1930 de violentes disputes et se trouve à l’origine d’un conflit sanglant entre la Bolivie et le Paraguay : plus de 100.000 soldats (pour la plupart indigènes) morts dans les tranchées du Grand Chaco.

Kirikino : Un conflit alimenté et encouragé par les compagnies pétrolières en raison des ressources pétrolifères de la zone, n’est-ce pas ?

Jean : Un de plus sur une longue liste pour la conquête de l’or noir.
Mais revenons à notre quête initiale : elle présente la couleur de l’or, et permet aux hommes de conclure des alliances …

Kirikino : Comment le mythe des indigènes du Chaco décrit-il l’origine de l’hydromel ?

Jean : Claude Lévi-Strauss, citant Métraux, le rapporte de la façon suivante :

« Du temps qu’on ne connaissait pas encore l’hydromel, un vieillard eut l’idée de diluer du miel avec de l’eau et de laisser le liquide fermenter toute la nuit. Le jour venu, il en but un peu et le trouva délicieux, mais personne d’autre ne voulut y goûter, craignant que ce ne fût un poison. Le vieillard dit qu’il ferait l’expérience car, à son âge, la mort serait de peu d’importance. Il but et s’écroula comme s’il était mort. Mais pendant la nuit, il revint à lui et expliqua à tous que ce n’était pas du poison. Les hommes creusèrent une plus grande auge dans un tronc d’arbre, et burent autant d’hydromel qu’ils purent préparer. C’est un oiseau qui creusa le premier tambour, il le battit toute la nuit et, le lendemain, il se changea en  homme »

Kirikino : Il est fort probable que cela se soit produit ainsi partout sur notre planète aux âges les plus reculés…

Jean : Sans doute ! Mais ce mythe du Chaco introduit également une dimension d’importance. L’invention de l’hydromel permet le passage de la nature à la culture.

Bibliographie :
Claude Lévi-Strauss - Mythologiques  - « Du miel aux cendres » -Editions Plon /1966

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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Mercredi 9 avril 2008

Selon les médecins spécialistes, une consommation modérée d’alcool correspond à la consommation moyenne de 14 unités d’alcool par semaine pour une femme, 21 unités par semaine pour un homme, toutes boissons alcoolisées confondues

Kirikino : Nous avons appris comment évaluer la consommation d’alcool en « unités d’alcool » en fonction du volume et du titre alcoolométrique.

Jean : Rappelons au passage que l’on entend par unité d’alcool l’équivalent de 10 g d’alcool pur.

Kirikino : Qu’est ce que les spécialistes de la santé entendent par consommation raisonnée.

Jean : On entend par consommation raisonnée d’alcool, une consommation de 20 grammes d’alcool pur par jour.
Dans les faits, pour un consommateur régulier, cela se traduit pour une femme par la consommation de deux unités d’alcool par jour, trois unités pour les hommes.

Kirikino : Nous savons que dans la majorité des cas, toutes boissons confondues, une unité d’alcool équivaut à un verre, auquel cas la consommation hebdomadaire ne dépassera pas 14 verres par semaine pour une femme et 21 verres pour un homme, dans le cadre d’une consommation modérée.
Les spécialistes ont-ils prévus quelques petits écarts ?

Jean : A vrai dire non ! En ce qui concerne les « consommateurs occasionnels » qui selon les études successives, représentent dorénavant, les consommateurs les plus représentatifs de notre société, il est recommandé dans le cadre d’une consommation modérée de limiter leurs consommations à quatre unités d’alcool par « occasion ».

Kirikino : Et bien sûr, on n’omettra pas que dans certains cas, c’est consommation zéro.

Jean : Tout à fait ! Pas de consommation d’alcool durant la grossesse, durant toute la période de l’enfance, dans le cas d’absorption de certains médicaments ou de maladies chroniques ou aigues…

Kirikino : Ni durant le travail, cela découle du bon sens…

Bibliographie :
Guide pratique pour faire le point sur votre consommation d’alcool – INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé).


L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

par Kirikino publié dans : L'Hydromel de A à Z
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