Samedi 29 mars 2008


Les abeilles ont la faculté d’apprendre qu’une odeur donnée peut-être à l’origine d’une « punition », ou d’une « récompense ».

Kirikino : Nous avons déjà pu observer les étonnantes capacités d’apprentissage des abeilles, tant sur le plan olfactif, que sur le plan de reconnaissance de configurations simplifiées. Mais ces capacités étonnantes chez l’abeille, vont même au-delà. Odeurs, couleurs, les abeilles possèdent également la faculté de mémoriser des signaux répulsifs.

Jean : Au centre de recherches sur la cognition animale de Toulouse, l’équipe de Martin Giurfa, chercheur au CNRS, a pu observer que les abeilles apprennent à associer une odeur spécifique à un choc électrique. Une fois cette odeur répulsive mémorisée, confrontée à cette même odeur, elles étirent leur dard.
Par contre, dans le cas d’une odeur associée à une récompense sucrée, elles étirent leur trompe.

Kirikino :Comment cette capacité de mémorisation est-elle possible dans un aussi petit cerveau.

Jean : Les chercheurs ont mis en évidence l’action de deux amines différentes : l’octopamine dans le cas de l’appétence, et la dopamine dans le cas de la répulsion.

Kirikino : Cela ouvre des applications qui ne me plaisent guère. Imagine des abeilles qui seraient dressées pour l’attaque en fonction de certains stimuli.

Jean : Ecoute, je n’ai rien lu de tel dans les recherches en cours. Mais, connaissant l’homme, on peut tout imaginer…

Source:
CNRS Toulouse – Centre de recherches sur la cognition animale

par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Samedi 22 mars 2008

Saviez-vous que les capacités cognitives de reconnaissance des formes visuelles des abeilles domestiques sont  étonnamment similaires à celles des nôtres, les hommes ?

Kirikino : En 2004, Martin Giurfa, chercheur au CNRS Toulouse démontrait les extraordinaires capacités de reconnaissance d’une image complexe par les abeilles.

Jean : Pour mémoriser les objets, l’homme a recours à une stratégie de reconnaissance des images complexes à partir de configuration simplifiée.

Kirikino : Tu permets, cette présentation n’est pas très claire.

Jean : L’hypothèse, en neuroscience, repose sur le fait que notre cerveau, par souci d’économie cognitive, lorsqu’il veut mémoriser un objet, va s’épargner des détails. Il va résumer l’objet en question à des lignes ou encore des figures géométriques.
Dans cette représentation simplifiée, une maison par exemple devient ainsi un rectangle surmonté d’un triangle. Jusqu’à présent, on attribuait de telles capacités cognitives, aux hommes et aux primates.

Kirikino : Tu sous-entends par là, que les abeilles seraient capables de telles prouesses ?

Jean : Moi non ! Mais l’équipe du CNRS démontre bel et bien que les abeilles sont capables, une fois entraînées, de retenir une configuration simplifiée, et de la reconnaître dans des stimuli qu’elles n’ont jamais vus.

Kirikino : Capacité impressionnante pour un insecte qui possède 100 milliards de fois moins de neurones qu’un homme.

Jean : Attends. Selon les chercheurs : « Le fait qu’elles puissent intégrer différents éléments visuels pour construire une représentation simplifiée d’un objet pourrait impliquer qu’elles possèdent des concepts génériques tels que fleur, arbre, ou encore montagne… »

Bibliographie :
La lettre CNRS Midi-Pyrénées / Juillet –Août 2004 – N°90

 
par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Mercredi 5 mars 2008


De par le passé, l’homme eut recours à l’abeille, comme moyen de défense.
De nos jours, les chercheurs s’intéressent aux capacités olfactives de cet hyménoptère, pour des interventions dans un cadre militaire : déminage, détection d’explosifs..


Kirikino : Savais-tu que ces malheureuses abeilles étaient utilisées pour la défense des cités jusqu’au Moyen Age !

Jean : Hélas oui ! On retrouve de nombreux témoignages de villes assiégées, ayant dressé une barrière de colonies d’abeilles aux entrées des forteresses, pour en interdire l’accès.
Un moyen « piquant » en quelque sorte, pour dissuader l’envahisseur de pénétrer dans les lieux. L’agitation et l’odeur de sueur des chevaux, constitue un remède imparable si l’on désire rendre une colonie de « mouches à miel » agressives.

Kirikino : Moyen de défense sans doute, mais moyen d’attaque également : n’oublions pas les ruches catapultées par-delà les enceintes de la ville assiégée pour démoraliser les défenseurs…

Jean ; L’inventivité humaine en matière de conflit est malheureusement d’une infinie richesse et subtilité.
Sans doute aucun, notre espèce occupe la première place en matière d’agressivité…

Kirikino :Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’utiliser leurs dards et leurs venins, mais plutôt leur odorat exceptionnel.

Jean : En effet, les abeilles possèdent des capacités olfactives merveilleuses.
Chez l’abeille, les antennes font office de nez et de doigts....

Kirikino : D’où la fameuse expression : « réussir les doigts dans le nez »…

Jean : C’est cela ouiii…
Tu n’aurais pas besoin d’un peu de  repos, d’une petite période d’hivernation.
Revenons à nos abeilles. Donc, leurs antennes remplissent un rôle tactile mais également olfactif, et lui permettent de se renseigner sur la nature, la forme, la rugosité, la température…

Kirikino : Tu parles d’une prouesse quand tu disposes de 60000 récepteurs sensoriels répartis sur la surface de chacune des deux antennes.

Jean : Envieux, va !
En plus de cela, les abeilles bénéficient d’un odorat exceptionnel, plus sensible encore que celui des chiens par exemple, et d’une capacité à mémoriser les odeurs sans précédent.

Kirikino : Un « nez » de parfumeur en quelque sorte !

Jean : Oui et même au-delà, bien que l’analogie soit intéressante, car la capacité olfactive de l’abeille comme le « nez » du parfumeur demande un apprentissage.
Dans le cas de l’abeille, l’apprentissage envisagé par les chercheurs est mené sur la base du « réflexe de Pavlov »  par une méthode « action/récompense ».
On propose donc à l’abeille une odeur, suivie aussitôt après, d’une mise à disposition d’eau sucrée.
On lui présente à nouveau la même odeur, et, on constate que celle-ci tire la langue.
Le conditionnement du réflexe ne prend pas plus de 10 secondes.

Kirikino : Sacrément rapide l’abeille pour l’acquisition des connaissances…

Jean : Oui, en effet ! Et, tiens-toi bien, en plus de se souvenir des effluves, elle est capable de transmettre ce « nouveau savoir » à l’ensemble de la colonie.

Kirikino : God ! Une capacité à faire se pâmer d’envie l’éducation nationale…

Jean : Décidément, ce n’est guère facile en ta présence aujourd’hui…
Ces fameuses capacités constituent donc la base des chercheurs des laboratoires américains et anglais, qui dressent les abeilles à la reconnaissance du T.N.T.
Et cela marche ! Les abeilles seraient même capables de déceler des mines au T.N.T, enterrées, les vapeurs des explosifs se diffusant dans la flore mellifère.

Kirikino : Le hic, c’est que le champ de bataille, bien dévasté, n’est pas forcément très mellifère.

Jean : Tu as sans doute raison !
Mais le champ d’investigation s’élargit : certains chercheurs travaillent également sur la prévention d’attaques biochimiques avec d’autres hyménoptères comme les guêpes par exemple…

Kirikino : Je me pose des questions sur l’utilité de ces recherches, mais, si dans un premier temps, les résultats permettaient d’en finir avec les mines antipersonnel, ce serait vraiment une bonne chose…

Jean : En effet selon le site : droitdesenfants.com,  500 personnes sont chaque jour victimes de ces mines, les plus exposés étant les enfants…

Sources :
« Le scandale des mines antipersonnel »: http://www.droitsenfant.com/mines.htm
« Quand des abeilles dressées détecteront les explosifs » / LE MONDE / Article publié le 17 Décembre 2006
« Des chercheurs entraînent des abeilles à renifler des explosifs » : http://www.armees.com/Des-chercheurs-entrainent-des-abeilles-a-renifler-des-explosifs,11606.html
« En Croatie, l’abeille va butiner le TNT »: http://www.liberation.fr/actualite/monde/281302.FR.php?rss=true
« Les abeilles policières »: http://www.algerie-dz.com/article958.html


 
par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Samedi 1 mars 2008

Le miel pour les pygmées Aka constitue un produit d’échange bien plus valorisé que la viande de chasse.

Kirikino  : Les pygmées entretiennent avec les « grands noirs » de nombreux échanges : gibier, plantes… Mais le miel occupe une place privilégiée.

Jean : Oui car le plus souvent, les populations Bantous qui vivent également en forêt rechignent à collecter du miel en hauteur. Il faut dire que pour ces populations, contrairement aux pygmées, la forêt constitue un monde hostile.

Kirikino : Avec la sédentarisation partielle des populations pygmées le long des pistes forestières, ces échanges revêtent de plus en plus d’importance pour ces derniers. Les ressources en gibier s’amenuisent, et le miel constitue de plus en plus la principale monnaie d’échange valorisée avec les populations voisines.

Jean : Ainsi la communauté peut appliquer des sanctions contre les vols de miel, dans le cas ou les colonies d’abeilles repérées auraient été marquées.

Kirikino : Par contre, si la quantité collectée est suffisante, le miel est l’une des rares ressources forestières obligatoirement redistribuée entre tous les foyers et les visiteurs présents au campement. Cette fonction revient à l’épouse du récolteur. Lorsque la boîte à miel est vide, elle la remplit d’eau pour confectionner un sirop, qu’elle distribue à l’ensemble des personnes présentes.

Jean : C’est dire l’importance du miel dans la cohésion sociale du groupe.
Le miel en tant qu’activité de collecte, constitue le seul cas pour lequel la récolte du premier miel se traduit par des rituels collectifs.

Source et bibliographie :
Encyclopédie des pygmées Aka / Volume II, Dictionnaire Ethnographique AKA-Français -De Simha Arom, Jacqueline M C Thomas, Serge Bahuchet, Alain Epelboin et Susanne Furnis -Collection Etudes africaines, 206 pages. Editions l'Harmattan (Octobre 2004) - -Publié 2005  -Peeters Publishers

Les chasseurs-cueilleurs de RCA et du Cameroun - Serge BAHUCHET avec la collaboration de Daou JOIRIS – Rapport APFT -1995

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Samedi 23 février 2008

Le miel chez les Aka ne constitue en aucun cas un interdit alimentaire, cependant sa consommation fait l’objet d’interdits spécifiques dans des cas particuliers.

Kirikino : Contrairement à la viande de chasse interdite à son chasseur, le miel est accessible à tous les membres de la communauté sans distinction. En effet dans le cadre de la collecte de miel, le sang n’est pas versé, il n’y a pas de meurtre. Bien au contraire, ce qui coule est l’image positive de la vie.

Jean : C’est pour cette raison qu’au cours des cérémonies de deuil on consomme le miel, et on boit l’hydromel, non seulement pour perpétuer les alliances, mais également dans le but de faire triompher la vie sur la mort.

Kirikino : Mais lors de sa consommation, le pygmée doit rester vigilant.

Jean : En effet , si par mégarde, il croquait entre ses dents une larve d’abeille, il lui faudrait s’appliquer rapidement sur les oreilles les feuilles d’une acanthacée (Whitfieldia Elongata) chauffée aux braises du foyer.
Sinon, celui-ci perd la faculté de « clairaudition », devenu sourd, il n’entendra plus le vol des abeilles.

Kirikino : La consommation du miel est également interdite pendant les campagnes de piégeage.

Jean : Exact, et ce, au même titre que les relations sexuelles. C’est dire comment miel et symbolique sexuelle sont intimement imbriquées. Ainsi la viscosité du miel, pourrait faire s’échapper l’animal du piège.

Source et bibliographie :
Encyclopédie des pygmées Aka / Volume II, Dictionnaire Ethnographique AKA-Français -De Simha Arom, Jacqueline M C Thomas, Serge Bahuchet, Alain Epelboin et Susanne Furnis -Collection Etudes africaines, 206 pages. Editions l'Harmattan (Octobre 2004) - -Publié 2005  -Peeters Publishers

par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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Mercredi 13 février 2008

Pour les pygmées Aka, le miel représente un symbole sexuel. Il participe à la régénération périodique du Monde .

Kirikino : Nous avons abordé ce thème de « régénération périodique du monde » lors de la description du rite Mo.Bandi chez les Pygmées Aka.

Jean : Et nous abordons de ce fait la symbolique sexuelle.
Pour le peuple Aka, la récolte du miel est assimilée à la conquête de la femme. Le miel quant à lui représente l’abondance et la fertilité.

Kirikino : Voilà des propos qui me rappellent étrangement l’origine de l’expression lune de miel, telle que nous l’entendons en Europe.

Jean : Sans aucun doute. Nos mythes et croyances rejoignent également celles des Aka sur ce point précis.

Kirikino : Mais nous verrons que c’est également le cas de nombreux autres peuples. N’avons-nous pas présenté l’hydromel comme boisson fédératrice ?

Jean : Pour revenir à des représentations « très crues », l’arbre accueillant le nid d’abeilles représente pour les Aka, la femme en tant que « réceptacle », et en tant que « productrice de vie et de plaisir ». Le miel symbolise l’homme en tant que producteur de sperme.

Kirikino : Auquel cas, l’ascension de l’arbre et le percement du nid représenterait l’acte sexuel ?

Jean : Tout à fait !

Kirikino : Ils en ont des jeux aériens ces pygmées Aka.
L’hydromel qui découle de ce miel sauvage, va donc constituer la quintessence de la symbolique sexuelle.

Jean : En quelque sorte oui. Mais la récolte du miel présente également le gros avantage d’un produit accessible à tous, et pour lequel il n’y a pas d’interdits alimentaires.

Source et bibliographie :
Encyclopédie des pygmées Aka / Volume II, Dictionnaire Ethnographique AKA-Français -De Simha Arom, Jacqueline M C Thomas, Serge Bahuchet, Alain Epelboin et Susanne Furnis -Collection Etudes africaines, 206 pages. Editions l'Harmattan (Octobre 2004) - -Publié 2005  -Peeters Publishers

par Kirikino publié dans : Des abeilles et des hommes
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